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ENTRETIEN Thameur Mejri, un artiste pluriel «révolutionnaire » avant la révolution

thameur-mejri.Né le 13 mai 1982 à Tunis, Thameur Majri vit et travaille à Nabeul. Egalement enseignant chercheur à l'institut supérieur des beaux arts de Tunis, il est actif sur la scène artistique depuis 2005. Le jeune homme a  participé à plusieurs expositions collectives à Los Angeles, Montréal et  Tunis. En Janvier 2010, il réalise sa première exposition personnelle, intitulée ''mâle(Dieu)épouvantail'' à la galerie Artyshow de la Marsa. Aujourd’hui, il fait parti de cette fraicheur artistique tunisienne qui fait tant plaisir à voir et à découvrir


Depuis l'automne 2010 Thameur Mejrik fait parti des artistes de la Galerie El Marsa. Vidéaste, il réalise aussi du cinéma expérimental avec son frère aîné Kays. Leur premier travail intitulé ''the plague'' a était récompensé en 2007 comme meilleur court métrage expérimental au New York Independent International Film and Video. Les autres courts métrages, intitulés ''The Gift'', ''Silicon'' et ''Perlude'', ont aussi été  présentés dans plusieurs festivals et manifestations artistiques cinématographiques à Los Angeles, New York, Damas, en Sicile et à Tunis.


Lepetitjournal.com: Comment définissez-vous votre travail ?
Thameur Majrik: C'est difficile pour moi de définir mon propre travail, mais je peux dire que le corps et plus précisément le corps nu est ma principale préoccupation. Pour moi la peinture est un moyen de contestation et de provocation et comme le disait Picasso ''un tableau devrait être hérissé de lames de rasoir ''. J'essaie de traiter des sujets qui peuvent être considérés comme tabous dans un pays arabe et musulman tels que la sexualité, mais sans tomber dans le pornographique, la nudité, l'obscurantisme religieux...ect. Je donne plus d'importance au sens divulgué par l'oeuvre qu'à la technique et à la manière de faire. Mon travail questionne aussi l'option du doute et du soupçon envers la notion de l'Homme et remet en question la définition du corps par la religion. Je pense que c'est une sorte d'exorcisme de tout le mépris et la haine infligés au corps par le dogme religieux; souffrir et ensuite mourir pour rencontrer son créateur...Esthétiquement cela se traduit par la déstructuration visuelle du corps et la dégradation de son image. Déconstruire le corps pour détruire les dogmes. J'essaye de faire disparaître le corps réel au profit d'un être hybride, toujours en mutation.

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Quelles artistes ont inspiré votre démarche artistique ?
Quand j'étais étudiant aux beaux arts, découvrir les oeuvres de Francis Bacon, a été comme une sorte de révélation pour moi. Cela  m’a ouvert les portes sur tout un genre de figuration. J'aime bien aussi le travail de Vladimir Velickovic, surtout les dessins. Les crucifixions de Matthias Grünewald m'ont beaucoup influencé aussi et récemment je m'intéresse beaucoup à l'oeuvre du grand peintre français Gérard Garouste.


Dans vos toiles, vous avez un coup de crayon très fin qui fait penser à Leonard de Vinci. Êtes-vous sensibles à cette remarque ?


Oui, parce que je suis très sensible aux esquisses de De Vinci et ses analyses détaillées du corps. Avec le dessin il nous présente le corps, découpé, disséqué… et ce travail sur le corps par le dessin m'intéresse beaucoup. Je pense que si on empreinte cette démarche, on entre dans une logique de sécularisation du corps, on n’est plus dans « je pense donc je suis » de Descartes mais plutôt dans « on ne sait pas ce que peut le corps » de Spinoza.



On vous dit « révolutionnaire » avant la révolution dans votre travail. Comment expliquez-vous cette réputation ?


C'est peut être le sujet traité qui rend ma peinture très particulière. Le fait de représenter et d'exposer sous le titre ''mâle-Dieu-épouvantail'' sous une dictature et dans une société musulmane phallocrate, un corps masculin nu avec un sexe en pleine érection, peut être considéré par certains comme un acte audacieux. Mais le plus important pour moi c'est de pouvoir travailler quotidiennement et de pouvoir montrer ce que je fais afin de toucher plus de gens avec ma peinture.

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Comment voyez-vous l’évolution de l’Art en Tunisie, après cette belle page du 14 janvier ?
Il manque encore des institutions spécialisées et structurées et surtout des vrais critiques d'art, parce que la Tunisie ne manque pas de talents, surtout des artistes de ma génération. Et si on met en place un système politique démocratique laïc, alors je suis optimiste pour une évolution de la scène artistique tunisienne.



Vos prochains projets ?
En ce moment je prépare une exposition personnelle à la Galerie El Marsa et pendant l’été avec mon frère aîné nous allons tourner un nouveau court métrage expérimental qui mêlera amour, sexe, violence et cannibalisme. Ainsi qu’un documentaire sur les arts populaires en Tunisie avec la collaboration de notre ami et artiste américain Matt Peterson, et l'artiste et cinéaste franco-américaine, chevalier des Arts et des Lettres, Jakie Raynal. Les deux projets seront financés par la Doha Film Institute. J’espère, avec ce projet, un soutien de l’Institut Français de Coopération.
Yves Brunner (lepetitjournal.com) mardi 5 juillet 2011
Crédit photo : Thameur Mejri

 

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