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Exposition de Tarak Souissi et Khaled Abida, à Hammamet : Etat de la recherche en peinture

juillet2011/Etat-de-la-recherche-en-peintureTarek Souissi, le premier de ces deux artistes est connu à l’ISBA de Nabeul, comme un solide enseignant de dessin, un bon aquarelliste, un peintre discret mais pas comme calligraphe. Il déploie aujourd’hui pourtant, un talent vigoureux de calligraphe plasticien. Les travaux qu’il impose à Hammamet ne sont pas des manuscrits mais plutôt des tableaux de calligraphie peints à l’acrylique ou à l’aquerelle.

La démarche de T.Souissi est moderne ; Ce qui est mis en valeur par le peintre, c’est la richesse graphique de la calligraphie, de ses innombrables potentialités géométriques aussi que de ses contorsions cursives.

Le travail calligraphique de T.Souissi prend son envol dans le coufi maghrébin décrit généralement comme archaïque mais en fait très souple et riche géométriquement. T.Souissi exploite cette souplesse de la graphie pour lui faire subir toutes les contorsions et la conjuguer à toutes les palettes et même jusqu’à celle de l’or. La démarche du peintre est plastique et ne se préoccupe pas de sens ou de lecture du sens normalement « collé » à la graphie. Tout le jeu est un jeu de formes de dessins et de couleurs. L’autonomie du tableau par rapport au sens est affirmée sans aucune hésitation.


La combinaison des éléments des œuvres se présente d’une manière infinie et ses structures aussi variables que le peintre le souhaite. Tout est motif de changement et de variations sur le même thème et sur le même dessein. La couleur et la dorure font le reste.

L’enchevêtrement des formes et des couleurs font ressortir quelquefois des « figurations » étranges et imprévues.

La figure habite quelquefois le discours graphique sans aucune autre forme de procès sauf celui peut être de l’arbitraire, Tarek Souissi, pour son travail d’aujourd’hui, intègre la longue liste des peintres arabes et tunisiens qui se préoccupent de la refonctionnalisation du signe calligraphique dans des problématiques plastiqus contemporaines. Il rejoint ainsi Ali Trabelsi, Njah, Nja Mahdaou, Néjib Belkhodja.

Le deuxième peintre qui expose, en même temps, que Tarek Souissi, au Centre culturel international de Hammamet est Khaled Abid, enseignant lui aussi et lui aussi très versé dans l’art du signe.

Khaled Abida propose dans la maison Sébastien une exposition de tableaux très élaborés et cherchant à découvrir la structure parfaite et la figure matricielle centrée sur la répétition inlassable du même et son retour éternel sous forme de combinaisons géométriques animées de signes minutieusement répétés à l’infini.

Khaled semble vouloir, à travers la répétition, atteindre la figure idéale qui lui permet de s’arracher à l’opacité du monde et à son désordre.

Malgré la répétition des formes, des signes, des symboles et des motifs quelquefois proches parents des gestes calligraphiques, les structures se présentent toujours avec des variations, en se chevauchant mais en ne chahutant l’une l’autre.

La quête d’ordre de Khaled Abida est une volonté d’évacuer le « chaos » par la précision d’un graphisme et d’une couleur incantatoires et la création de formes identiques. La recherche du même, de soi semble être essentielle pour Khaled Abida.

Cette approche a été décrite par G.Deleuze et F.Gattary quand ils considèrent dans « qu’est-ce que la philosophie ? » que l’artiste, comme le philosophe ou le savant ne font que lutter avec le chaos en eux, autour d’eux et dans les phénomènes pour créer des œuvres, des concepts ou des découvertes ; Ils luttent avec le chaos pour l’amadouer et le rendre « sensible » et en élaborant comme le dit Joyce un « chaosmos » ou un cosmos composé de variables prises ou tirées d’un firmament de combinaisons préexistantes et cœxistant pêle-mêle et en désordre.

L’artiste puisera à travers une « fente » faite dans le chaos les éléments qui lui permettront de constituer autrement son propre ordre et son visible.

Le rôle de l’artiste a été de dévoiler ce qui était invisible, de « tirer un plan sur le chaos » de le rendre visible. La figure émerge ainsi de l’infigurable.

La mer, disait Heidegger, en se retirant, dévoile la plage. Abida semble suivre le même chemin que la mer qui se retire et qui dévoile, chaque fois de la même manière, les plages de sable… des plages de couleur et de rythmes.


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Tunis - Dimanche 24 juillet 2011
Houcine TLILI

Source: Le Temps édition électronique 

 

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