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Les Arts plastiques en Tunisie, en 2011 : Grandeurs et vicissitudes

aout2011/Les-Arts-plastiques-en-TunisieL’effervescence plastique « post-révolutionnaire »- L’activité artistique de l’année 2011 a été courte mais intense et quelquefois prise de folie furieuse. Que dire de plus, sinon que sa trop grande concentration sur quelques mois (avril-juillet) était trop ramassée alors, qu’elle était traditionnellement étalée et mieux répartie sur toute une année.

Nul doute que les événements importants, les ruptures politiques d’envergure ont eu pour effet, de provoquer des changements majeurs qui n’ont pas manqué et ne manqueront pas dans l’avenir de susciter des transformations qualitatives de tout ordre dans la scène artistique en Tunisie, sur ses démarches artistiques et esthétiques mais aussi sur ses constitutions.


Des structures nouvelles d’accompagnement du mouvement artistique apparaissent déjà et participent au lancement, malgré beaucoup de difficultés, du printemps, des arts appuyé par les syndicalistes et les historiens et critiques d’art ;

Le printemps des arts qui est déjà devenu l’événement le plus important de la vie artistique en Tunisie, s’est déployé dans l’espace prestigieux du palais d’El Abdelliya à l’espace Sadika et dans sept autres galeries de la banlieue Nord. Deux cent dix artistes ont pendant quatre semaines montré leurs installations, leurs sculptures, leurs gravures et leurs peintures par centaines à un public venu très nombreux.

Des structures plus anciennes telle que celle de l’union ont continué malgré sa crédibilité entamée à organiser à Sfax et à Tunis, l’exposition annuelle où une centaine d’artistes ou plus ont proposé leurs œuvres au Palais Kheïreddine et où la « Révolution » était chantée par beaucoup de chantres et surtout par ceux qui n’y ont jamais cru étant entendu qu’ils ont déjà choisi leur camp depuis 2008 à travers des textes écrits et publiés dans la presse quotidienne.

Le secteur des arts plastiques s’est, malgré tout, enrichi de deux nouvelles galeries. La galerie Saladin de Sidi Bou Saïd et celle du cap de Gammarth ont ouvert leur porte. La récession artistique n’a pas eu raison des bonnes volontés.

Les galeries assez anciennes comme celles de la Médina ou celle de H.Blel ont évidemment rouvert leur porte.

Les centres culturels ont été également de la partie. Le Centre culturel international de Hammamet, ceux de Ibn Khaldoun, de Ali Guesmi, d’El Mourouj, ou de Sousse, ont tenu à fêter les arts plastiques pour marquer leur résurrection.

L’autre événement important est celui de la création du Centre d’art et des métiers d’art de B’chira Baâzizi, à Sidi Thabet.

Ce centre prestigieux et polyvalent ne manquera pas de jouer un grand rôle dans le développement des arts et des métiers dans notre pays, dans la région Nord de Tunis ou peut-être même en Méditerranée.

Une régionalisation de l’activité artistique semble être une option stratégique afin de dépasser la marginalisation culturelle de nos régions intérieures de la Tunisie centrale. Pour ce faire, il nous semble possible autour des instituts d’arts et des métiers d’art, de créer des galeries permanentes d’art pouvant recevoir quelques collections qui croupissent à Ksar Saïd ou qui subissent les insultes du temps ou sont l’objet de vols, par centaines ou milliers.

Il est temps de populariser les activités artistiques dans les régions de la Tunisie profonde et d’étendre cette effervescence plastique à tout notre pays, développer un tourisme culturel diversifié et riche.



Les prix des œuvres



L’observateur de la vie artistique et de la scène plastique dans ses rapports avec la vente et les achats d’œuvres, constate une augmentation des prix des œuvres connaissant ainsi un saut spectaculaire allant quelquefois du simple au quadruple… ou plus. Comment expliquer cette montée artificielle des prix. Qui détermine les prix ? Est-ce le peintre lui-même ou le galeriste ?

Sans sous-estimer le travail de l’artiste, ni celui du galeriste ou de l’agent commercial, sommes-nous endroit de proposer des prix sans commune mesure avec les prix pratiqués antérieurement à la « Révolution ». Sommes-nous entrain de vivre le même phénomène que celui qui se passe dans le commerce spéculatif des produits de la vie courante ?

Veut-on récupérer par cette hausse des prix, un manque à gagner provoqué par l’inactivité des mois de décembre 2010, janvier 2011 et février ?

Peut-être, voulait-on profiter d’une « libération » tardive du budget d’acquisition du ministère de la Culture pour se «ruer » d’une manière peu cavalière et prédatrice sur ce budget.

Comment réguler les prix de nos œuvres d’art afin de calmer le jeu d’un marché de l’art déjà fragile ?



La commission d’achat



La commission d’achat semble peu opérationnelle. Est-elle destinée à encourager les artistes par l’acquisition d’œuvres ou est-elle destinée à acquérir des œuvres pour le futur musée d’art moderne et contemporain ? Il semblerait que le temps est venu de réformer les statuts de la commission, surtout à la lumière de la création du musée national d’art moderne et contemporain.

Il serait plus judicieux de créer une commission spéciale d’acquisition d’œuvres pour le musée. Cette commission formée de spécialistes tunisiens devra établir des critères particuliers pour acquérir les œuvres importantes significatives par rapport à la démarche de l’artiste et par rapport à son environnement national et international.

La politique d’encouragement du ministère de la Culture sera renforcée par l’octroi aux artistes jeunes et vieux de bourses pouvant leur permettre d’approfondir leur recherche dans des centres spécialisés. Les candidats à cette bourse seront sélectionnés par les spécialistes sur dossier.

La régulation des prix et l’élimination de certaines pratiques ne pourront être réalisées sans la mise en œuvre du musée d’art, un musée national et fonctionnant grâce à des experts et spécialistes tunisiens. Pour le moment, il semble qu’il n’est pas pris en charge par les Tunisiens aussi bien au niveau de son inventaire qu’au niveau de la réalisation technique muséographique.

En tous les cas, le ministre de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine du gouvernement provisoire a de nouveau promis au cours du dernier séminaire de Hammamet d’impliquer les Tunisiens, plus que les étrangers dans la réalisation du musée d’art moderne et contemporain et ceci aussi bien au niveau de la phase préparatrice (inventaire général et sélection des collections musicales) qu’au niveau de la réalisation.

L’analyste le plus rigoureux n’arrive pas à débroussailler la réalité très touffue de la situation des arts plastiques dans notre pays. Les anciennes structures et pratiques continuent à dominer la scène. Les nouvelles, celles démocratiques et propres tardent à venir… alors que ce n’est pas le cas dans le domaine du théâtre ou du cinéma. Les laudateurs de la dictature continuent à contrôler par, amitié interposée, les achats officiels d’œuvres et à se vendre eux-mêmes à des prix très forts en organisant des expositions hommage à la Révolution, pauvre révolution !

Des trafiquants d’arts plastiques, connus pour leur action en faveur de l’export d’art, mais aussi très connus pour leur turpitude et leur implication dans tous les trafics vont jusqu’à vouloir porter plainte contre des fonctionnaires honnêtes qui refusent d’obtempérer à leurs ordres comme d’autres l’ont fait allégrement… il n’y a pas si longtemps… La main mise sur les arts plastiques en Tunisie est caduque.

Sur le plan purement stylistique… Rien de bien nouveau à l’horizon. Tout semble patauger dans la gadoue sauf peut être pour certains peintres et plasticiens mûrs comme Lamine Sassi, Nabil Saouabi, Mourad Harbaoui, Aïcha Filali qui sortent de la gadoue. De jeunes et de moins jeunes peintres comme Tnani Ali, Meriem Bouderbala, Daly Belkadhi, Sami Makhlouf et les agitateurs graphistes qui ont produit dernièrement de très belles affiches invitant au vote du 23 octobre font partie du nombre. Allons-nous attendre cette date pour amorcer un nouvel itinéraire dans les arts plastiques en Tunisie… Il faudrait l’espérer et le préparer !!!

Allons-nous réussir à asseoir un mouvement artistique profondément ancré dans une culture nationale moderne, libre et citoyenne ou allons-nous continuer celle marginale et élitiste ? L’acculturation pourrait également venir des forces de l’authenticité passéiste.

Il faudrait alors y faire face et payer le prix pour défendre nos acquis démocratiques. Ceci est notre tâche…

Nous sommes quant à nous, persuadés que le Ministre actuel de la Culture parce qu’il est un homme de progrès prendra les mesures « provisoires » pour renforcer le Mouvement pictural dans notre pays et rendre irréversibles celles qui confirment le statut juridique des artistes, les réformes des impôts frappant leurs activités et surtout la création du musée national d’art moderne et contemporain en ayant recours aux experts tunisiens.

Tunis - Jeudi 04 août 2011

Houcine TLILI

Source: Le Temps édition électronique

 

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