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Home Critik'Art & reflexions Journée internationale des musées L’art moderne n’a-t-il pas droit à une mémoire ?

Journée internationale des musées L’art moderne n’a-t-il pas droit à une mémoire ?

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Le visiteur qui passe d’un espace à l’autre de ce 8e Printemps des arts plastiques de la Marsa, les palais Abdellia et Essaâda, l’espace Sadika et ses magnifiques jardins, les galeries Artishow, El Borj et le Cap ne peut que relever l’effervescence qui marque le paysage de l’art contemporain aujourd’hui en Tunisie. Un véritable feu d’artifice de créativité dans ses formes les plus diverses : peinture, gravures, photos, céramique, installations, vidéo,
performance…Toutes les générations d’artistes sont là dans un bel esprit de synergie et de dialogue. Cette manifestation, hymne au printemps et aux jeunes talents, ces jeunes bourgeons qui éclosent avec le renouvellement des cycles des saisons, donne la mesure de cet «Art qui rend la vie plus belle que l’art».
Alors que peut-on demander de plus ?
En fait, plus que jamais, toutes ces œuvres exposées (près de 250 en tout) actuellement et qui vont à partir du 11 juin reprendre le chemin des alcôves des ateliers d’artistes ou des secrètes réserves des collectionneurs, ont besoin d’un lieu d’exposition permanent. Un musée d’art moderne et contemporain qui raconte un cheminement, une histoire, des itinéraires particuliers, des styles nouveaux, des révolutions artistiques, des évolutions…Ceux de la peinture tunisienne qui a commencé à marquer sa présence dans le paysage culturel local depuis l’inauguration du Salon tunisien en mai 1894. Depuis, l’Etat ne cesse d’enrichir une collection publique qui compte plus de 10.000 œuvres.

Mais jusqu’où ce trésor national continuera-t-il à croupir, sans aucune protection, à l’ombre des caves du Palais Kasr Essaïd au Bardo ? Jusqu’où résistera-t-il à l’humidité et à l’avidité de tous ces mammifères rongeurs, rois des ténèbres ? Jusqu’où les étudiants des beaux-arts et les artistes en herbe poursuivront-ils leur formation dans un état d’amnésie totale, sans aucun repère historique ? D’autre part, le fait que la commission d’achat n’achète toujours pas vidéos et installations ne présage-t-il pas d’un musée qui sera déconnecté du mouvement de l’art contemporain ?

Toutes ces interrogations ont fait l’objet d’une table ronde, initiée par le Syndicat des métiers des arts plastiques, qui s’est déroulée au siège de l’Ugtt samedi dernier, et de deux expositions organisées jusqu’au 5 juin prochain à l’Espace El Teatro-Aire Libre et à Kanvas Art Gallery. En fait, la mobilisation pour ce musée a débuté il y a quelque temps déjà. La célébration de la Journée internationale des musées, le 18 mai dernier, a redonné l’occasion aux artistes de remettre cette revendication sur le tapis.

Les artistes qui exposent dans les deux espaces ont répondu à un cahier des charges qui leur demandait d’imaginer ce musée dans ses différentes dimensions, d’invoquer leurs œuvres dans ce lieu de mémoire et de vie, de réfléchir à la présence réservée aux générations précédentes…Par leurs idées, leur sens de l’anticipation et leur fantaisie, les créateurs deviennent ainsi partie prenante de ce projet et le moteur qui incite à esquisser le profil de ce lieu incontournable à l’organisation moderne de la vie artistique.

Mention spéciale pour les installations de Mohamed Ben Soltane, Mohamed Ben Slama, Rachida Amara, Nabil Souabni exposées à la galerie Kanvas et qui interpellent le spectateur par l’inquiétude de leur démarche esthétique.

Auteur : Olfa Belhassine
Ajouté le : 26-05-2010
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