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Plaidoyer pour une culture nationale moderne, démocratique et citoyenne - par Hocine Tlili

juillet2011/Plaidoyer-pour-la-creation-dun-musee-national-dart-moderne-par-Houcine-TliliL’enjeu culturel est stratégique dans notre pays, aujourd’hui

La culture est, aujourd’hui, en Tunisie, un enjeu énorme. Elle est au centre de notre dispositif « révolutionnaire », de notre avenir et au cœur de notre vision prospective du monde et de l’image que nous voulons développer de nous-mêmes, une image future d’un homme citoyen, moderne et libre capable d’affirmer son humanité et de refuser les visions rétrogrades et passéistes. L’enjeu est, donc, stratégique.

Pour atteindre ces buts, nous devons procéder d’abord à une rupture avec les pratiques du banditisme culturel, du vol de notre patrimoine, de nos biens archéologiques et de notre mémoire.

La rupture d’avec les pratiques du passé signifie également le rejet de toutes les formes de répression et l’affirmation absolue de la liberté de créer, le rejet de la censure et de la corruption qui ont souvent réduit au silence nos aspirations à dire le monde dans toute sa vérité et dans toute sa beauté.

Cette affirmation de la liberté et de la dignité et le rejet définitif de valeurs négatives anti-humanistes ainsi que notre attachement à accéder à la citoyenneté consciente et responsable nous permet d’esquisser d’une manière concrète la nouvelle culture à laquelle notre peuple aspire.

Les objectifs qui accompagnent la fondation d’un Etat national qui prendra en charge la culture et surtout l’émergence d’un homme nouveau et d’un citoyen conscient et cultivé sont les objectifs de l’étape actuelle de la création d’une République démocratique à laquelle nous rêvons.

L’intervention publique accrue dans l’élaboration d’une culture nouvelle est absolument nécessaire… Elle est, en outre urgente !

Le modèle tunisien de politique culturelle se caractérise depuis surtout le début des années soixante par une intervention publique importante dans la création de structures culturelles nouvelles, dans le fonctionnement, le soutien et le développement d’activités culturelles assez nombreuses et variées comme celles d u théâtre, de la musique, du cinéma et des arts plastiques et ceci malgré la fragilité des infrastructures qui les sous-tendent et la faiblesse de moyens et des ressources qui leur sont attribuées.

Les dimensions législatives et réglementaires, malgré leur modestie, furent élaborées et réussirent à encadrer et à protéger les biens culturels du pays et à courir certaines activités culturelles.

Des mesures d’encouragement et des lois positives furent promulguées (celle du 1%)… mais jamais appliquées, l’Etat, plus particulièrement, les institutions régionales et communales ont consacré un volume modeste, mais assez significatif de crédits pour maintenir, au moins, une activité culturelle à défaut de pouvoir développer de véritables et durables activités que la société exigeait de plus en plus pour répondre à des besoins nouveaux criants.

Les politiques culturelles des années 70, 80 et celles de la période Ben Ali n’ont pas été très généreuses pour la culture. Le budget attribué à la culture est bien passé de 0,8% à 1% environ mais il est resté très étriqué par rapport au budget national. La revendication d’un budget pour la culture plus consistant de trois à quatre pour cent du budget global de l’Etat nous permettra d’affirmer notre droit à la culture, le droit de tout un peuple d’accéder aux valeurs humanistes les plus belles et les plus émancipatrices et de satisfaire des besoins culturels de plus en plus nombreux et légitimes.

Au nouveau du budget, la première mesure à prendre immédiatement est d’inscrire dans notre constitution :

Le droit à la culture pour tous les Tunisiens :

L’Etat et la culture

Il incombe à l’Etat d’assumer au premier chef, à tous les Tunisiens la possibilité de participer à la vie culturelle. La culture doit être reconnue, en outre, comme une dimension à part entière du développement global et durable aussi bien économique et social de notre pays qui devra alors garantir l’accès égal à la culture pour tous les Tunisiens.

Les obstacles qui se dressent devant la réalisation de ces objectifs doivent être levés surtout ceux d’ordre social, économique, géographique ou régionaux.

Les investissements culturels en équipements régionaux sont prioritaires. Les créations de cités culturelles polyvalentes ou de centres artistiques d’animation ou de formation post universitaire sont nécessaires. L’élaboration de musées régionaux bien étudiés et bien entretenus devrait mettre en valeur les spécificités de telle ou telle région, de tels ou tels objets, spécialité ou période spécifique de notre histoire.

Les musées ethnologiques ou archéologiques du Sud, du Centre ou de Nord-Ouest peuvent être montés et leurs collections facilement constituées. A la Goulette on pourra restaurer la « Karraka » et l’ouvrir à l’animation et à l’instauration d’un musée privé de la céramique. Le Canal de la Goulette pourra être restitué ainsi que l’enceinte de Hammouda Pacha.

Les forts de Jerba, en mauvais état, pourront être restaurés et convertis à des activités culturelles et artistiques.

Des villages comme ceux de Ken, du côté de Bouficha pourront être reconvertis en centre de formation des métiers d’art de haut niveau…

Gafsa pourra enfin se voir dotée d’un musée de la préhistoire et plus particulièrement de la période capsienne. Un itinéraire autour des escargotières pourra être tracé.

Des équipements muséographiques concernant la géologie de la région et les techniques d’extraction historiques du phosphate pourront être montées à Metlaoui ou à Redayef

Des salles d’exposition d’art moderne et contemporain pourront être montées dans plusieurs régions de notre pays. Les milliers des tableaux d’art qui croupissent à Ksar-Saïd pourront être montrés dans les régions et animer la vie culturelle et même le tourisme culturel dans des villes qui manquent tant en art et en culture.

Les investissements dans les autres secteurs tels que dans le théâtre, la musique, sont également très urgent à identifier et à lancer. Notre pays regorge de possibilités culturelles à mettre en valeur ! Il est temps de les exploiter toutes. Tout investissement dans ce secteur ne peut être que rentable… immédiatement rentable… à tous les niveaux aussi bien culturels que sociaux et important que celui alloué aujourd’hui à la culture, pourra avec l’apport des ressources privées et internationales amorcer un développement énorme de notre culture sauvegarder notre patrimoine et appuyer sa mise en valeur L’immobilisme ne peut être, dans ce domaine, que négatif et destructeur. Un patrimoine non entretenu disparaît !

Le Budget de la Culture

Très longtemps, parent pauvre du budget national, le budget de la culture doit être revu en hausse, une hausse importante pour pallier les insuffisances et corriger les erreurs du passé et les inégalités constatées et lancer les pratiques artistiques et culturelles du plus grand nombre aussi bien dans les villes de la cote que dans les villes et régions de l’intérieur… La culture ne peut se développer réellement que si elle développe elle-même son public, son marché et surtout des citoyens capables d’apprécier les belles et merveilleuses créations humaines. L’ouverture sur les valeurs humanistes et démocratiques et une garantie de rejet des valeurs passéistes de régression culturelle et intellectuelle.

L’appropriation juste par le plus grand nombre de citoyens de notre patrimoine est une autre manière d’éviter de réduire sa richesse et ses multiples facettes à la seule et unique période arabo-musulmane.

C’est pour cela qu’il faudrait considérer que notre patrimoine archéologique, historique, culturel est un bien commun de notre peuple. Toutes ses composantes matérielles et immatérielles, sont les éléments de ce patrimoine et cela sans exclusive aucune…

Toutes les périodes préhistoriques aussi loin qu’on puisse les remonter les périodes phénico-puniques, romano-africaines vandales, byzantines, arabo-musulmanes, ou même celles coloniales et contemporaines sont toutes aussi importantes les unes que les autres et doivent être saisis et mises en valeur d’une manière égale.

Il est donc, tout aussi important de conserver le tapis de Kairouan ou de Gafsa ou de Ouedhref que de créer un musée d’art moderne et contemporain pour conserver les œuvres d’art de la période moderne et contemporaine.

La création artistique et cultuelle contemporaine doit être également protégée encouragée et diffusée. Les pouvoirs publics devraient rétablir leur mission de participer au niveau culturel, à la formation artistique de haut niveau incluant les métiers d’art, le design et les arts plastiques. Un programme régional de formation et de création dans le domaine du théâtre, de la musique pourra être lancé dans des centres d’art installés dans les grandes régions du pays surtout celles de l’intérieur.

Cette extension du système de formation artistique contribuera à permettre au plus grand nombre d’individus, d’accéder à la vie culturelle.

Le ministère de la Culture pourra alors se charger de la mise en œuvre de l’action culturelle dans tout le territoire national. D’autres ministères pourront également intervenir sur certains volets de la publique culturelle (tourisme, enseignement secondaire et supérieur, artisanat…) en concordance avec lui.

D’autres institutions nationales, régionales ou communales, les associations culturelles… pourront articuler avec le ministère de la culture leurs actions et entreprendre des initiatives communes. Cela suppose l’éveil de beaucoup de nos citoyens à l’action culturelle. L’appui important apporté à l’élaboration d’une culture nationale par l’Etat doit être relayée par le citoyen qui, de plus en plus impliqué dans la vie culturelle accèdera à la culture lui-même et pourra être ainsi capable de défendre et protéger ses acquis et affirmer sa liberté d’expression et de création.

Houcine TLILI


Tunis - Dimanche 21 août 2011

source: Le Temps édition électronique 

 

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