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Fête de la céramique : Pour admirer les traces de nos mains et de notre mémoire

juin2011/Fete-de-la-ceramiqueLa céramique artistique en Tunisie reprend du service après les bouleversements de ces derniers temps qui ont quelque peu perturbé toutes les activités artistiques dont les activités picturales et même celles de la céramique.

Le centre national de la céramique d’art (CNCA) de Sidi Kacem Jélizi a organisé dans le cadre de sa troisième journée de mai autour de la céramique, un atelier où il a accueilli du 21 au 27 mai, la première rencontre tunisio-espagnole de céramique.

Le 28 mai a été consacré à la célébration de la 3ème session de la « journée de la céramique ».

Une belle exposition d’œuvres artistiques d’artistes des deux pays a suivi le « workshop » ; les travaux de cette rencontre ont été très appréciés par le public venu nombreux, participer à la Zarda traditionnelle du saint Sidi Kacem Jélizi couronnée par la soulamya qui a clôturé la manifestation.

Ce genre de manifestation fait suite à une belle tradition instaurée depuis 1997, année de la consécration de Tunis capitale culturelle régionale.

La première tentative d’associer des artistes d’envergure internationale a été faite lors de la création de l’ACAM (atelier de céramique artistique méditerranéenne) qui a vu les céramistes tunisiens accueillir pour la première fois, des collègues venus de plusieurs pays de la Méditerranée occidentale et orientale.

La deuxième tentative de regrouper les artistes méditerranéens fut de nouveau tentée en 2000 et fut initiée par l’association néapolé-céram (créée par Houcine Tlili) et par le CNCA aidé en cela par la mairie et le gouvernorat de Nabeul.

Une exposition d’œuvres ramenées par les artistes fut organisée dans un hôtel de la ville.

Des activités scientifiques et culturelles accompagnent l’exposition historique sur la céramique de Raqqada à Kalléline. Un livre sur la même période fut édité par Néapolis Céram.

2003, La troisième grande manifestation de céramique fut organisée par Néapoli-Céram, le centre des arts du feu de Nabeul et le CNCA.

Cette rencontre grandiose est ainsi devenue une sorte de « triennale» de la céramique méditerranéenne. De par son importance, cette rencontre permit à des dizaines d’étudiants, de formateurs, de professionnels, d’ artisans et d’amateurs, de venir côtoyer des grands céramistes Belges, et Français. Des artistes japonais comme Haguiko ou allemands, grecs, turcs , italiens et syriens, se sont confrontés à des artistes tunisiens expérimentés comme Ben Slimane, Faouzi Chtioui, Hachicha, Houda Ghorbel, Zalila qui ont relevé le défi et sont encore actifs dans le domaine sauf évidemment Faouzi Chtioui qui a disparu prématurément et Ben Slimane qui délaisse la céramique pour se concentrer sur la peinture.

Nabeul , à travers cette manifestation, a connu la plus grande fête de la céramique de son histoire. Les rues de la ville se sont parées de toute sorte de symboles, d’objet rappelant l’activité de la céramique. La foire de Nabeul reçoit des milliers de visiteurs et d’amateurs de céramique, de potiers populaires…

« Nabeul Center » accueillit l’une des plus belles et les plus grandioses expositions de céramique de l’histoire de la Tunisie et peut être même de la méditerranée. La mairie de cette ville hérita de toute l’exposition. Nous espérons que cette collection de grande qualité est encore gardée intacte dans le local de la nouvelle mairie.

Nous serions heureux de savoir que ces œuvres significatives pour notre pays et pour notre patrimoine, sont conservées telles qu’elles pour qu’on puisse un jour, envisager de près un noyau d’un musée de la céramique artistique. Nabeul la ville qui a su garder nos traditions céramiques pourra s’enorgueillir d’abriter ce musée. Qui d’autre que Nabeul mérite cela !!!

Aujourd’hui en cette année 2011, et après un chaos que nous espérons « créateur », la céramique est de nouveau en fête. la rencontre entre céramistes espagnols et tunisiens relativement connus, devrait susciter un échange fructueux entre les artistes espagnols et tunisiens. Le but comme le dit le texte introductif de CNCA, est de donner à la céramique artistique tunisienne un peu d’air frais (je dirai beaucoup d’air frais), afin d’ouvrir de nouveaux horizons à une céramique qui n’a pas su exploiter cette confrontation avec celle de la méditerranée du nord. Il est temps que nos artistes apprennent les gestes créateurs et nous étonner enfin par la recherche formelle, l’exposition de savoir faire, de l’adresse manuelle et des connaissances des possibilités des décorations inhabituelles et même des potentialités de faire évoluer les œuvres minimales vers des œuvres monumentales.

certes, il reste difficile de suivre les trouvailles géniales de Xohan Viqiera lorsqu’il organsine le chaos d’une terre réticente à la figuration et à la forme et qu’il arrive a lui donner vie malgré tout.

Le travail de Fernando Malo tout en nuances fines, pourrait susciter des œuvres aussi équilibrées dans les formes que dans les couleurs.

Marta De Pablos nous invite à admirer dans une installation les traces de nos mains et de notre mémoire pour arriver à monter des œuvres d’une grande finesse formelle et polychromique remarquable.

Angeles Casas nous démontre qu’avec l’argile pauvre de Nabeul , nous pouvons obtenir des œuvres expressives puissantes parcourues de graphismes symboliques.

Les artistes tunisiens ne sont pas en reste et peuvent s’enorgueillir de pouvoir égaler au niveau expressif le meilleur des artistes espagnols. Tout ce que nous constatons chez Arwa Ben Smail ou chez Imen Chatwen comme traitement minutieux des détails est impressionnant.

Les pièces filiformes mouvementées de Sarra Ben Attia se dressent vers le haut dans une sorte de contorsion mouvementée.

Gmach, céramiste et plasticien, se lance dans une installation dynamique entre des vols de coucous au dessus de leurs nids.

Houda Ghorbel , prolifique en dimensions et en formes suggestives , se meut dans une ambiguïté érotique assez forte. Sa motte de terre qui reçoit des semences revient à sa première fonction qui est de faire pousser les plantes et les arbres de la vie.

Ghazi Zalila, Malek Ganui, Abdeslem Charfi s’essayent à la céramique plate fortement aménagée par leur décor et les ajouts qui donnent de l’expression à leurs œuvres. Certaines de leurs formes pourraient être réalisées en totems modernes et monumentaux pouvant agrémenter assez heureusement nos villes ,aujourd’hui , laides à l’extrême.

Claudine Rabaa cherche la simplicité des formes et se maintient dans une sorte de sobriété dans la forme comme dans les couleurs.

Yengui et Ben Slimane marquent leur présence en dressant des formes qui manifestent qu’ils sont encore en vie.

La céramique installation de Mohammed Hachicha mémorise l’événement de la rencontre en créant le lien entre l’Espagne et la Tunisie à travers la céramique, le lien symbolique devrait être maintenu et connaitre de nouvelles rencontres et de nouvelles découvertes entre deux peuples.

Au delà de ces rencontres, les céramistes tunisiens et espagnols devraient maintenir entre eux une relation continue et pas seulement occasionnelle. Les Espagnols pourraient recevoir beaucoup de nos céramistes afin de leur faire voir comment ils travaillent, comment ils créent et l’effort minutieux et continu qu’ils fournissent afin d’élaborer une pratique fondée sur la recherche opiniâtre et combien minutieuse et ardue pour arriver à dire le monde en créant la connivence requise entre nos gestes et la matière que nous malaxons.

L’exemplarité de la rencontre d’aujourd’hui, n’est pas du niveau seulement des œuvres créés mais dans l’échange réel entre les céramistes au niveau des démarches et de la discipline de suivre un seul but à la fois sans s’en détourner.

Le plus important pour les stagiaires et les artistes tunisiens c’est de découvrir la variété des techniques des amis espagnols et de saisir leur univers créateur afin de nous y insérer et peut être le comprendre et de l’adopter.

Dimanche 05 juin 2011

Hocine Tlili

source: Le Temps quotidien

 

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