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Photos de presse — Rencontre A. Belaïd et M. El Hammi Révolution : le choc des images

 

revolution-le-choc-des-imagesLundi dernier, les passionnés de la photo de presse ont assisté au rendez-vous proposé par le Café Culture du club Tahar-Haddad qui consacre les séances du mois de février au thème de la photographie de presse en Tunisie. Abdelfattah Belaïd (La Presse et AFP) et Mohamed El Hammi (Reuter), deux têtes brûlées ne reculant devant aucun événement, ont présenté leurs témoignages sur un métier difficile qui nécessite, selon A. Belaïd, «présence d’esprit, réflexe, concentration et culture générale».

Déclencheurs de la révolution, leurs reportages photographiques ont été repris et diffusés sur le réseau Internet dès décembre 2010. Des photos-vérités largement diffusées à l’échelle mondiale, quasi-immédiatement, grâce aux deux agences Reuter et AFP. La charge de vérité, conjuguée à une certaine technicité leur ont permis de jouer un rôle déterminant dans le processus révolutionnaire.
Mohamed El Hammi a évoqué l’amitié et l’esprit de solidarité qui le lient à son confrère présent. Au lieu de travailler dans la rivalité, les deux reporters photographes ont choisi de mettre la main dans la main pour un meilleur rendement. Montrant une photo de l’avocate et militante Radhia Nasraoui, El Hammi explique les conditions de sa réalisation : «Abdelfattah et moi voulions une photo de Nasraoui devant le ministère de l’Intérieur où elle fut arrêtée et torturée à l’époque de Ben Ali. Nous nous sommes donné rendez-vous à 8 heures du matin, pendant que l’avenue était encore vide, pour réaliser le cliché».
 

El Hammi évoque d’autres souvenirs lointains ?: Senghor/Bourguiba, photo parue dans l’ex-revue Dialogue ou encore Bourguiba/Ben Ali,  devant le mausolée des martyrs, lors de la célébration de la fête de l’Evacuation de Bizerte le 15 octobre 1987, peu avant l’accession du général au pouvoir. Le magazine français Paris-Match a publié le cliché sur deux pages. «Il faut avoir le sens de l’observation et de la réflexion», a insisté Hammi.

Le prince des photographes

«Etre au bon moment et du bon côté», a ajouté A. Belaïd, qui rappelle que son compagnon de route et lui ont commencé à travailler sur la révolution, bien avant le 14 janvier. «La première photo a été prise à Sidi Bouzid par téléphone par un jeune inconnu du nom de Mohamed Fadhel. Je n’ai fait que la communiquer à l’agence. Ce jeune m’a également communiqué des photos de Menzel Bouzaïne», reconnaît-il et de continuer: «La qualité n’y était pas, mais je validais...».
 

C’est alors qu’il décide avec El Hammi de couvrir les événements de Sidi Bouzid, Kairouan, Le Kef. Parfois, il faut faire des subterfuges pour obtenir un cliché qui doit être le meilleur possible pour que son impact soit plus grand. Un moment inoubliable et risqué pour Belaïd fut la photo d’Amani brandissant un «Ben Ali dégage» qui a fait la Une du quotidien Libération. «J’ai eu peur pour elle, car elle a pris un grand risque, puisque Ben Ali n’avait pas encore quitté le pouvoir», dit-il.
Surnommé « le Prince ?», Abdelfattah Belaïd, dont les photos ont fait le tour du monde, indique que la photo de presse nécessite célérité et qualité. Deux exigences sur lesquelles les agences internationales ne cèdent pas. Il faut toujours être à l’affût et être informé sur tout. A l’image de «?médecins urgentistes », les reporters photographes se mettent parfois en danger et risquent même leur vie pour choisir le meilleur moment. Les images de la révolution reflètent la proximité extrême du photographe avec son sujet.
Un photographe peut-il tout montrer au risque de porter préjudice à son sujet ?? «C’est une question de principe et d’éthique. J’ai eu à photographier le leader palestinien Yasser Arafat, qui avait toute confiance en El Hammi et en moi, au moment où il trébuchait. Je me suis défendu de la publier parce que j’ai de l’estime pour l’homme et le montrer ainsi pouvait avoir des conséquences fâcheuses pour la cause palestinienne dont je suis un fervent défenseur», confie-t-il.
En Tunisie, quelle place pour la photo de presse ? Indignation des deux photographes : «Télévisions et journaux nous piquent nos photos en toute impunité, sans que nous puissions faire quoi que ce soit».

Les prochains rendez-vous

Le secteur est marginalisé et livré à toutes sortes de dérives. Et le piratage a encore, hélas, de beaux jours devant lui.
Ce cycle est organisé dans la continuité de l’exposition de photos de Néjib Chouk qu’accueille le club culturel Tahar-Haddad et dans le prolongement de l’événement   «World Press Photo» organisé à Tunis et à Djerba  par Cherif Fine Art, en partenariat  avec l’ambassade des Pays-Bas en Tunisie.
Trois autres séances du Café Culture se poursuivront les lundis prochains. Le 13 février, nous aurons droit à la première qui aura pour thème : «Les photographes de la révolution» (deuxième partie), avec la participation de photographes professionnels et amateurs. Cette seconde rencontre du cycle permettra de présenter de nombreuses initiatives artistiques nées pendant et après la révolution tunisienne et dont plusieurs expositions récentes ont témoigné. Parmi ces initiatives, citons celles de Hamideddine Bouali, Néjib Chouk ou celles des jeunes photographes du Laboratoire  artistique de la révolution.

La séance du  lundi 20 février focalisera sur le sujet : «Retour sur image» avec la participation de photographes professionnels et amateurs. Quels sont les photographes de presse qui ont développé ce genre en Tunisie ? Quel est l’héritage d’Albert Samama Chikly, premier reporter tunisien? Cette troisième rencontre du cycle tentera de répondre à ces questions et permettra également de découvrir l’œuvre documentaire de Osman, Kahia, Bouchoucha, Olivier, Zili et Ben Aïssa. Seront aussi évoqués les apports des frères Hmima et de Mouldi Chaïrat, entre autres, dans le domaine de la photographie de presse.

La séance du lundi 27 février à 15 heures  sera consacrée à «L’expérience World Press Photo en Tunisie», avec la participation de photographes professionnels et amateurs. Elle portera sur son impact et, notamment, sur les progrès connus par le photo-reportage depuis l’institution de ce rendez-vous annuel.

Organisée par l’ambassade des Pays-Bas et différents  partenaires (Aire Libre, Mad’Art et maintenant Cherif Fine Art), World Press Photo est une exposition annuelle présentant les meilleures photos de presse à travers le monde. L’édition actuelle de WPP se déroule  jusqu’au 24 février au centre culturel international de Djerba. Vue par deux millions de visiteurs à travers 45 pays, cette exposition est l’un des plus importants événements photographiques dans le monde. World Press Photo est présentée en Tunisie depuis l’année 2007. Elle a entraîné un véritable changement de paradigme dans la pratique de la photographie.

Les quatre rencontres du cycle sur la photo de presse en Tunisie sont dédiées à trois photographes disparus durant l’année écoulée. Il s’agit de Mabrouk Dolega (de l’agence European  Press Photo), blessé mortellement, alors qu’il couvrait la révolution tunisienne et de deux photographes tunisiens des plus appréciés, tous deux  morts en 2011, Mounir Mabkhout et Ridha Zili.


Auteur : Neïla GHARBIAjouté le : 09-02-2012

Source : La Presse

 

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