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Home Sidi Bou Saïd Du Dimanche 16 Décembre au 15 Janvier 2013 - Exposition de Mohamed Chelbi - Cherif Fine Art, Sidi Bou Said

Du Dimanche 16 Décembre au 15 Janvier 2013 - Exposition de Mohamed Chelbi - Cherif Fine Art, Sidi Bou Said

mohamed-chelbi-eventCHERIF FINE ART vous invite à l'exposition de

Mohamed  Chelbi

Vernissage - Brunch
le Dimanche 16 Décembre 2012 de 11H à 16H, CHERIF FINE ART SIDI BOU SAÏD

 

Horaires d'ouverture : De 15H à 19H30 sauf le Lundi

CHERIF FINE ART SIDI BOU SAÏD

FB Event

mohamed-chelbi

Mohamed Chelbi
Figures de la métaphore

Je n’ai pas rencontré l’homme en premier mais l’œuvre, et la première impression fut proche de la stupeur. C’était une fièvre de têtes de singes, une profusion de figures mi humaines, mi animales qui envahissaient la toile.

Mohamed Chelbi a commencé à peindre vers l’âge de 13 ans et depuis, il n’a plus arrêté, cela fait des années que ça dure, il peint de jour comme de nuit. En peintre autodidacte, Mohamed Chelbi, qu’on appelle aussi Gattous, va se frotter à l’école de la vie, il se perfectionne à force de faire et de refaire, en apprenant de ses erreurs – comme l’aiment à le rappeler certains professeurs.

Aux Beaux Arts, ils font peu d’heures de dessin par semaine, quand, lui, en fait 30. « Les beaux Arts ne sont pas une référence. J’ai découvert des techniques tout seul. »Et c’est justement pour ça qu’on l’a appelé le Stakhanoviste de la peinture (dixit Hachemi Ghachem) Cette méthode de rendement soviétique qui reposait sur l’innovation technique et l’initiative des travailleurs. Pour Mohamed : « L’important c’est d’essayer d’aller plus loin à chaque fois. »

Son exposition actuelle : « Puits…et puis ? » souligne les sentiments, les impressions dont il est gorgé. Ses peintures représentent des visages qui sont davantage prétextes à la peinture qu’à la forme elle même.Il explique que la lumière est tamisée comme celle que l’on peut apercevoirau fond d’un puits. Elle ne vient souvent que d’un seul côté. La source de lumière est toujours orientée, elle balaie la toile de droite à gauche ou de gauche à droite. Ses clairs/obscurs pourraient nous faire penser tantôt aux peintures de Rembrandt tantôt à celles de Francis Bacon.

Ce n’est pas pour rien que le terme « figuratif » qui se sera imposé pour désigner une peinture qui représentait quelque chose, la ressemblance, aura tenté de trouver ses garanties du côté de la figure : la peinture figurative est d’abord celle qui s’aligne sur les exigences de représentation que la figure lui impose. Seule pourrait-on dire cette dernière intéresse Mohamed Chelbi, le visage et parfois le corps.

La tête émerge alors, vaguement inquiétante, soumise à l’expression et déjà travaillée par les déformations qui l’accablent, qui la minent de l’intérieur, l’abandonnent à elle-même. « Je suis humain…Les singes ont évolué » ajoute l’artiste.Quelque chose manifestement jaillit des yeux de ces visages, une ardeur impossible à concevoir, mais de nécessaire à appréhender.

La peinture de Mohamed Chelbi qui exhausse la figure ignore le lieu ; rien ne permet de la localiser : toujours strictement dressée face à nous elle se détache le plus souvent sur un fond coloré qui devient de plus en plus uniforme et foncé.D’une certaine manière, l’absence de lieu contraint la figure à l’immobilité, mais une immobilité qui n’interdit pas l’événement car, si la figure n’a pas de lieu, quelque chose en elle se passe.

Sans être systhématiquement camouflée, il est rare que la femme apparaisse, mais lorsqu’elle apparaît, et sauf exception, elle ressemble à un homme. C’est probablement là que le peintre frappe le plus fort car, de même qu’il n’avait pas de scrupules à enchevêtrer la différence homme /animal, il brouille ici la différence des sexes n’hésitant pas à rompre avec « la représentation anthropomorphique du sexe ». Il peint donc, comme on le disait encore au XIXème siècle, « des personnes du sexe », mais asexuées.« Je casse ma ligne donc ça donne forcément plus masculin » explique l’artiste.

Des clowns, des singes puis des hommes… « et puis… » seront-ils remplacés insidieusement par des rats ?

Mohamed peint « afin de nous faire connaître quelqu’un qui, par ‘’son’’ visage, refuserait de se laisser reconnaître » affirmait Yves Michaud.

On assiste au processus d’une peinture en train d’atteindre son plein développement, une profondeur sincère, une force intrinsèque ; en quelques mots : une peinture qu’on n’a pas envie de voir se sécher…

Nadia Zouari

mohamed-chelbi-portrait-par-Mach

Mohamed Chelbi à El Teatro (credit photo Mahmoud Chalbi)