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«314m3», exposition de Oussema Troudi et ses invités à l’espace d’art Mille Feuilles, La Marsa. Le tissé ensemble

le-tisse-ensembleLe «je» dédoublé, décuplé, se heurte à l’Autre, saisit ses cordes cosmiques... Ensemble à l’unisson, ils tissent un tourbillon de lumière qui résonne et chante l’ultime utopie...
Il a fallu réserver, depuis près d’un an, l’espace d’Art Mille Feuilles, pour organiser  cette  exposition intitulée «314m3» (trois cent quatorze mètres cubes), l’une des plus saisissantes et des plus intéressantes de l’année 2012. Signée par le plasticien tunisien et chercheur en arts plastiques  Oussema Troudi et ses trois artistes invités — Christopher Bong, D.V.S.C. Furer (Donovan Caridi) et Zanjabil Eightsus (Selsebil Oustad) —, cette exposition se présente comme une grande installation, impliquant, entre autres, comme matériaux: mesure, lumière, jeux de reflets et éclairage.
Poïétique ou making off

«314m3» s’inscrit dans la suite de trois expositions antérieures de l’artiste «Racine de U» (novembre 2009),  «Hymne à...» cosignée  avec Eraser Man (février 2011) et «Asymptotes» (mai 2011). A l’image de «Hymne à...» qui a eu lieu à la galerie Artyshow, trois semaines après le 14 janvier 2011, où le sol a été recouvert d’un film vert gazon avec un traçage blanc (comme pour reconstituer un terrain de football) avec «sur la touche» des personnages (policiers, infirmiers, soldat...) représentés en musiciens jouant au même orchestre, le sol de l’espace d’art Mille Feuilles a été recouvert d’un film noir avec toujours ce souci de la mesure qui revient ici tremblotant de lumières et renvoyant via le noir miroitant d’aveuglantes étincelles blanches.

Une histoire de rencontres

Le léger film noir sépare ou plutôt rapproche subtilement mesure et démesure et fait que les lignes s’éclaboussent pour éjaculer par-delà les bords de l’imposante toile-installation « Papillon» qui est cosignée par les 4 artistes. Elle se présente comme la somme d’enchevêtrements et d’entrelacements d’acrylique et d’encre UV, doublement visible et sur la toile et sur le sol et réfléchissant sa double lumière (noir et blanc) sur le sol pour répandre ses éclaboussures. L’image devient vision ou séquence cinématographique en suspens où l’on aurait saisi fortuitement le devenir de la matière-lumière  (ici acrylique) qui rencontre le sol... Pas qu’en suspens en réalité, peut-être même au ralenti car la vision change selon où que l’on se place,  selon l’éclairage (jour/nuit) et selon notre envie d’interaction et d’échange. Une vision que l’on aurait saisie après-coup et l’on se demande qui fut le premier, le reflet ou l’image...?  La figure de l’énorme papillon doublement visible n’est en réalité qu’à moitié vue, nous explique Oussema T., et d’ajouter: « Il ne s’envole pas et n’existe que par son reflet, il ne le quitte donc que pour disparaître.»
Le Papillon et toute l’exposition-installation sont aussi la rencontre de quatre sensibilités, celle de Oussema avec Christopher Bong, peintre, dessinateur, illustrateur d’origine camerounaise, qui est installé à Tunis pour ses études d’arts graphiques à l’ESAD et, paraît-il, très actif dans différents événements culturels à Tunis et même à l’intérieur du pays, l’Italo-Suisse  D.V.S.C. Furer qui vit en Tunisie depuis son plus jeune âge. Il suit actuellement une formation en arts graphiques et publicité à l’EAD, où il a rencontré le reste de l’équipe et enfin  Zanjabil Eightsus, dessinatrice en communication graphique d’origine berbéro-marocaine. Elle poursuit actuellement un cycle en art et décoration à l’EAD à Tunis,  après des études à l’école d’art parisienne Corviart. Mais il n’y a pas que ceux-là, il y a aussi l’apport de Sami Saddi, un technicien particulièrement polyvalent, nous apprend Oussema, qui a su, selon lui, «rappeler aux plasticiens qu’ils pensent avec leurs mains».

L’installation

Cette fructueuse rencontre a donné naissance à une installation collective d’un genre bien particulier dans le sens où elle est composée de trois œuvres distinctes et autonomes : une peinture fluo sur toile intitulée «Le Gun d’Eightsus» et réalisée par Selsebil. Le fluo lui venant de sa fascination pour les méduses phosphorescentes, par le fait surtout qu’elles sont productrices de leurs propres lumières.  Découvrant les matériaux Fluo et UV en peinture, elle explore cette technique en France avant de pouvoir l’exploiter à Tunis pour l’exposition. En face du pistolet fluorescent viennent se poser les trois «Portées» (tirages sur plexi montés sur des socles comme des sculptures) d’ Oussema. Elles nous renvoient à une autre toile exposée «R» (encre sur toile), emblématique de sa pratique de cette dernière année. Elle figure un ensemble de points où chacun est relié à tous les autres par une ligne droite, générant un trompe-l’œil où il nous semble voir des cercles alors qu’ils n’existent pas. «Les croisements des lignes reproduisent à l’intérieur la forme externe», explicite l’artiste. Une forme externe qui a  l’allure d’un cercle où l’on tourbillonne jusqu’à on ne sait où et quand...
Placées simultanément l’une en face de l’autre, les trois portées sur plexi semblent se chevaucher et s’emboîter dans un jeu de vide et de plein pour nous mener vers la 3e œuvre, une installation intitulée «La scène de crime», avec la trace d’une victime dessinée à même le sol par C. Bong. «Certains voient dans cette installation une critique de la mondialisation et une interprétation de la pensée complexe de Morin, ce qui n’est pas faux», explique encore ce dernier.
L’exposition se poursuit jusqu’au 10 janvier 2013. A voir et à vivre absolument.

Auteur : Meysem MARROUKI

Ajouté le : 08-01-2013 Source : lapresse.tn

 

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