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Tunisie: Riche patrimoine cherche mécènes

images/stories/HISTART/reflexions/dar-ben-abdallah_Sup-Comian-boy.jpgAvec plus d’un millier de monuments classés et des centaines de sites méconnus, le pays dispose d’un vaste gisement culturel dont le développement ne peut plus être financé par les seuls pouvoirs publics.
La Tunisie n’a pas beaucoup de pétrole. Mais elle a un patrimoine. Un vaste gisement culturel riche de plus d’un millier de monuments classés, vingt musées historiques archéologiques, dix musées des arts et traditions populaires, deux musées d’histoire contemporaine et des centaines, voire des milliers d’autres sites ignorés ou méconnus qui attendent d’être mis en valeur.

Mais le développement de ce patrimoine est tel que l’État ne peut plus financer seul certaines opérations de restauration, de maintenance et de mise en valeur. Le secteur privé est donc venu à la rescousse. Des chefs d’entreprise ont ainsi créé l’Association tunisienne pour la sauvegarde des musées et des sites archéologiques, baptisée Tourath Patrimoine, dont l’objectif est d’institutionnaliser le mécénat – une première en Tunisie – afin de soutenir l’État dans ses efforts de protection et de sauvegarde du patrimoine culturel. « C’est du gagnant-gagnant, car en agissant ainsi, l’entreprise valorise aussi son image de marque », a déclaré Rejeb Elloumi, président fondateur de Tourath, lors de son premier colloque international sur le mécénat culturel, les 28 et 29 octobre, au palais Ennejma Ezzahra (palais du baron d’Erlanger), à Sidi Bou Saïd, dans la banlieue nord de Tunis.

Tout a commencé en 2008, quand l’Institut du patrimoine était à la recherche d’un financement pour la réhabilitation du Dar Ben Abdallah, le musée de la médina de Tunis. La région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), à travers l’Agence pour le codéveloppement franco-tunisien (ACFT), présidée par le Français Jean-Pierre Mangiapan, consent à financer et à assister par un expert la création et le développement d’une École des métiers d’art pour former des maîtres artisans tunisiens (quarante-quatre jusqu’à présent), spécialistes de la restauration du patrimoine. Elloumi, qui est vice-président de l’ACFT, poursuit le processus et fonde Tourath à la fin de mai 2010 avec d’autres chefs d’entreprise tunisiens. Soutenu par l’ACFT, qui a coorganisé le colloque de Sidi Bou Saïd, Tourath peut aussi compter sur l’appui du patronat français, le Medef, dont la présidente pour l’Île-de-France, Marie-Christine Oghly, présente au colloque, a promis d’encourager les entreprises françaises opérant en Tunisie (elles sont 1?260) à s’engager dans le mécénat local.
Les patrons à la rescousse
En Tunisie, Tourath, qui bénéficie notamment du soutien des ministères de la Culture, du Tourisme et de l’Emploi, mise donc aussi sur le patronat tunisien, représenté en son sein par Ali Slama, membre de la direction de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica).
Elloumi estime que les conditions sont favorables pour le développement du mécénat culturel, qui s’est jusque-là limité à des opérations marginales. « Les entrepreneurs tunisiens ont atteint le stade de la maturité après une quarantaine d’années d’économie de marché, ils investissent beaucoup dans le marketing et même dans le sponsoring, explique-t-il. Ils devraient maintenant se tourner vers le mécénat culturel. Je suis confiant parce qu’il y a une volonté politique qui, je l’espère, se traduira par la mise en place d’un cadre juridique et fiscal pour le mécénat. Le président Zine el-Abidine Ben Ali a ainsi inscrit la question de la sauvegarde du patrimoine et de la préservation du tourisme culturel dans son programme électoral 2009-2014. Le mécénat va favoriser le tourisme dans les sites culturels. Les travaux de restauration et les aménagements commerciaux créeront des emplois, qui eux-mêmes généreront des recettes pour le budget de l’État. »

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