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Home Critik'Art & reflexions Interview de Robert Reyden, galeriste, collectionneur et marchand d’art

Interview de Robert Reyden, galeriste, collectionneur et marchand d’art

robert-reydel« Les artistes doivent vivre parmi les gens, s’adresser au peuple »

Le Temps : Présentez-vous d’abord à nos lecteurs?
Robert Reydel : je m’appelle Robert Reyden, je suis français, résidant à Hammamet, et ça fait 28 ans que je suis en Tunisie. Je suis collectionneur et je travaille comme marchand d’art.

En quoi consiste ce métier?
Le marchand d’art est comme un galeriste qui vend ses tableaux, sauf que le marchand d’art se renseigne, fait des recherches pour avoir des connaissances au niveau de la peinture, il suit le peintre ou l’artiste à travers ses œuvres avant de les acquérir et de les remettre en vente. Le marchand d’art dépend beaucoup plus de l’artiste que du galeriste. Je pense qu’à l’heure actuelle l’intérêt du galeriste est porté souvent sur le gain plutôt que sur l’art. Et c’est dommage !

Qui sont vos clients ?
J’ai une clientèle très vaste, dans le monde entier. Mes clients sont principalement tunisiens, mais j’ai aussi des Français, des Italiens et quelques Allemands. C’est moi qui vais chercher les clients, en fonction de ce que les artistes me proposent comme travaux, sachant que certains clients sont touchés par la qualité de la peinture de tel ou tel artiste. Je ne fais jamais d’exposition sans connaître au préalable le talent de l’artiste. Mon rôle n’est pas de convaincre le client de la valeur de tel ou tel tableau, mais je travaille sur les émotions, j’essaie de faire ressentir les émotions du peintre à travers son œuvre et de parler du message que le peintre ou le sculpteur veut transmettre.

Dans quelle mesure un marchand d’art peut-il contribuer à la promotion de l’art ?
Depuis que je suis arrivé en Tunisie, je suis toujours à la recherche de peintres, de sculpteurs, surtout ceux qui ne sont pas connus pour les faire connaître sur la scène artistique afin qu’ils aient une place au soleil. Ma démarche semble tout à fait différente de celle d’un galeriste qui cherche souvent des artistes célèbres pour pouvoir vendre. Par contre, moi je cherche parmi les moins connus qui sont devenus aujourd’hui des notoriétés, même hors de Tunisie.

Selon quels critères vous effectuez votre choix des œuvres ?
Moi, j’ai d’abord mes goûts personnels ; mais en tant que collectionneur également, je n’ai pas vraiment de critères de sélection, c’est qu’il y a toujours quelque chose qui passe entre l’artiste et moi ; si je suis convaincu de son style, de son approche, je peux travailler avec lui. Et puis, quand on aime l’art, ce n’est pas pour une raison ou une autre. On l’aime et c’est tout !

Que pensez-vous de la situation actuelle des arts plastiques en Tunisie ?
Je trouve qu’il y a une certaine évolution vers un art difficile à déterminer à l’heure actuelle, parce qu’on sent que les gens se cherchent encore. Durant ces 28 ans que j’ai passés en Tunisie, il y a eu pas mal d’artistes tunisiens qui m’ont marqué ; j’ai acquis leurs travaux que j’ai revendus à des collectionneurs en France. Aujourd’hui, il est impératif de créer une association qui regrouperait tous les peintres et tous les galeristes en Tunisie afin de faire connaître les artistes tunisiens à l’étranger. Il y a cependant en Tunisie un grand potentiel d’artistes et de collectionneurs.

Vous êtes souvent invité aux différents colloques organisés par les associations des arts plastiques, quelles sont vos attentes ici en l’occurence ?
J’attends de voir l’évolution des choses et de rencontrer surtout les nouvelles générations des peintres et des sculpteurs qui ont envie de s’investir dans l’art. Car je pense qu’il faut les encourager, les soutenir dans leurs projets. Cependant, je vois que le contenu de ces colloques est trop académique et ça ne profite qu’aux connaisseurs en la matière. Les artistes doivent vivre parmi les gens, s’adresser au peuple. J’aurais préféré que ces réunions soient à la portée de tous, même des néophytes et des gens peu initiés aux arts plastiques. J’aimerais que de tels colloques soient accompagnés d’une exposition artistique pour faire découvrir de nouveaux talents. ?a ne sert donc à rien de rester au stade académique !

Interview réalisée par Hechmi KHALLADI
Publié Jeudi 27 décembre 2012 Source : letemps.com.tn