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Wra liblayek de Atef Maâtallah. Cet arrière-pays, qui est le mien!

No_mans_landTout compte fait, l’hyperréalisme du premier regard est enrichi par un surréalisme satirique, d’où la picturalité particulière de Atef Maâtallah, qui est pour les arts plastiques, ce qu’est l’art du tatouage pour les femmes berbères...
Originaire d’El Fahs et diplômé des Beaux-Arts de Tunis, Atef Maâtallah avec deux de ses amis plasticiens, Ibrahim Mattous et Khaled Abed Rabbah, ont fait l’unanimité en tant que découvertes de l’année 2012 à l’Aire libre d’El Teatro avec l’exposition de peinture Lokhrine (les autres).
Depuis, plusieurs galeries «commerçantes» se sont intéressées à ces jeunes talents; entre autres la galerie El Marsa où Atef Maâtallah expose actuellement et jusqu’au 10 février, une série de tableaux scéniques, avec des personnages imprégnés d’un noir mélancolique, d’une grisaille dépressive, balancés par des couleurs vivantes, primaires, de la vie quotidienne dans l’arrière-pays ou derrière les panneaux de signalisation (wra liblayek) et que l’artiste a intitulée «No man’s land».

Frêle et chétif de corps, costaud dans le travail et la créativité, Atef a le coup d’œil juste, la tête bourrée d’images, le cœur gros et grand, les entrailles nouées à cause de la bêtise humaine, ainsi qu’un imaginaire chimérique. Toujours émerveillé, le sourire aux lèvres, hyperémotif, hyperactif, affable, sans aucun recul, ni distanciation, par rapport à la réalité ou à la fiction, jusqu’à frôler la naïveté et l’innocence enfantine.

Au-delà des «clichés»

Dans son parcours de travail, de loisirs ou de retour au bercail, cet enfant prodige capture avec son appareil photo, des personnes connues ou inconnues, opprimées, réprimées, déprimées ou comprimées par le poids de la vie, par la mort et le rude climat, le besoin, la dépendance, le désespoir, la dérive, la maladie chronique lourde, la faim...
Désarmé, avec une envie de renverser ces situations, il réagit par une technique picturale insolite, qui consiste à utiliser l’envers de la toile. Il projette la photo, contourne, puis hachure au stylo en saccades, avec hargne et précision, des plages de couleur, des ombres, des lumières, des expressions et des attitudes.
Son apport personnel imagé est l’ajout d’un élément fabuleux, fictif ou «fantaisiste» qui peut être paradoxal, parodique, complémentaire ou explicite. La composition de l’œuvre est, souvent, en diptyque ou triptyque avec une plage vide, donnant libre cours à l’évasion en présence de l’objet parachuté, suspendu, ne tenant qu’à un fil pour imploser avec le rêve de changement pour une vie meilleure.
Ainsi, l’oiseau libre est libérateur dans bzaouech (approximatif : bambins), de la maman pensive et mélancolique, portant un foulard paradoxalement éclatant de couleurs vives.
Le papillon évocateur de beau temps, dans taâdhoudiat el amal (coopérative de l’espoir) et zneza (cortège funèbre) est annonciateur de joie printanière après une éprouvante traversée du désert.
La grenouille détourne l’attention et diminue la tension, face à une vieille mendiante qui coasse la charité dans jemâa essalem (mosquée de la paix).
La plume acquiert un poids et une valeur pour l’oiseau déplumé dans hchich ou rich (approximatif : en vrac). La chauve- souris vole la nuit au «marché noir», aux journées noires et aux fumées noires sans feu ! La théière et la cigarette génératrices du kif, deviennent affliction et dépendance dans hchicha. La cassette de Coran s’effiloche comme le deuil après les funérailles dans zneza. L’insecte parasite le sandwich de l’affamé dans les quartiers malfamés «sans titre» et sans commentaire! Le briquet charrie, taquine, le désir de s’immoler de nahrag rouhi.
Les «tarifs» hors-jeu, des dérivatifs hors la loi bleue, elle-même précédemment hors la loi mauve et qui se croit maintenant hors d’atteinte et hors de danger face aux rouges! La lampe suspendue par un fil d’espoir pour que des enfants puissent voir un jour le bout du tunnel obscur avec «pied à Tunis Marine». L’envol du corbeau avide et sans scrupules est loin du regard du vieux clown enfoulardé, fardé et inébranlable parce que protégé par la carapace du personnage d’«Ibrahim Mattous». Le saut du chat gris-noir devant le regard d’«apoplexie», masquée et méconnaissable parce que la nuit, tous les chats sont gris!
Tout compte fait, l’hyperréalisme du premier regard est enrichi par un surréalisme satirique, d’où la picturalité particulière de Atef Maâtallah, qui est pour les arts plastiques, ce qu’est l’art du tatouage pour les femmes berbères. Il s’incruste non sans douleur, d’une façon indélébile et insolite à la peau, avec un effet souverain et surnaturel !
A chaque femme, un tatouage particulier et aux plasticiens, un Atef Maâtallah singulier, puisque c’est à l’œuvre qu’on reconnaît l’artiste.
Le détour des amateurs et férus d’art est vivement conseillé, pour consacrer ce talent !

Auteur : Samia CHAOUCH (Critique d’art)  le 27-01-2013
source : lapresse.tn

No man's land - وراء لبلايك - Atef Maatallah ع. م - Galerie El Marsa, La Marsa, jusqu'au 10 Fevrier 2013.

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