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L’art islamique en exil...Pr Charbel Dagher à Beït al-Hikma.

 

Tapis-qui-chante portraitL’écriture de l’histoire de l’art islamique est une mission qui incombe à tous les chercheurs arabes et c’est à la communauté scientifique de se pencher sérieusement sur la question.
«L’art islamique entre l’approche archéologique et l’approche historique», tel était l’intitulé de la conférence scientifique présentée mercredi dernier par le grand écrivain, poète et universitaire libanais Charbel Dagher, à l’Académie des Lettres, des sciences et des arts (Beit al Hikma), en présence du Pr Hichem Djaït et d’un public très attentif.
Sur quoi est basé le discours sur l’art islamique ? Pour répondre à cette question, le conférencier a entamé sa réflexion par ce qu’il a appelé le «double exil » de l’art islamique. Un exil d’abord matériel, puisque des centaines de milliers de pièces de cet art se trouvent en dehors de leur aire géographique originelle, notamment dans les musées occidentaux ou chez les collectionneurs, souvent déplacées par des méthodes assez douteuses (pillages...).

Un exil, ensuite, dans le discours qui lui est consacré. En effet, les Occidentaux ont négligé dans leurs études, les sources écrites arabes et ont bâti leur discours sur l’art islamique à partir de recherches  archéologiques, négligeant de ce fait que la civilisation arabe a connu l’écriture et le livre. Ils ont extrait le sens de la matérialité (l’étude des œuvres elles-mêmes) et monté ainsi un corpus excluant tout aspect discursif.
C’est sur ce second exil que Charbel Dagher a principalement concentré son propos. A travers les nombreuses études qu’il a effectuées, le conférencier a constaté que c’est l’approche archéologique qui a dominé l’étude de l’art islamique aux dépens de l’approche historique. Deux méthodologies foncièrement différentes dans la mesure où, dans la première, les objets sont l’image des mots et, dans la deuxième, les mots sont un moyen d’arriver à la chose, aux objets.

Le présent absent
L’adoption de la logique descriptive archéologique par les orientalistes n’est pas sans étrangeté d’après le chercheur. Et pour cause : l’art islamique était bien présent à leur époque, il « vivait » tout simplement. Suffit-il de prendre l’exemple de l’Empire ottoman pour le prouver. Nul besoin donc d’effectuer des fouilles comme pour les autres arts d’antan (égyptien, mésopotamien...) et d’élaborer, à partir des vestiges, un discours. Mais les Occidentaux ne sont pas les seuls à avoir ignoré les références écrites dans leurs propos. « Il est très rare de trouver les traces de sources arabes en relation avec l’art islamique», précisa le Professeur Dagher. Et d’ajouter : «Tous le écrits contemporains en langue arabe sur la question ne sont que simples répétitions de ce qui a été dit et écrit par les Autres». Pourtant, les ouvrages sur ce sujet sont loin d’être inexistants, à commencer par Al-Farabi qui en a dit long  sur cet art et bien d’autres.

Tapis-qui-chante portrait

Al Jahiz, Al Jorjani et Ikhwan al-Safa
Afin d’illustrer son propos, le chercheur a eu recours, dans cette conférence, aux œuvres d’Al Jahiz, d’Al Jorjani et d’Ikhwan al-Safa qui aident, selon lui, à la compréhension de l’art islamique.
Dans ses fameuses Lettres, Al Jahiz donne des  informations riches, précises et détaillées sur l’Art (qu’il appelle al-sina’a) à l’époque, et utilise surtout ce dernier comme un critère de différentiation des peuples, des sociétés, des ethnies et même des communautés religieuses. Pour lui, par la seule volonté divine, chaque peuple est connu par la maîtrise d’un art en particulier, plutôt que d’un autre.

Quant à Al Jorjani, il use de l’art islamique pour parler littérature, dans Les secrets de la rhétorique, établissant une sorte de parallèle entre les deux pratiques. Il décrit, étudie et analyse minutieusement la peinture, la gravure et l’ornementation dans l’architecture pour expliquer la construction de la phrase, son organisation ainsi que la rhétorique.

Par ailleurs, Rasâ’il al-Ikhwân al-Safa (Les épîtres des Frères Al-Safa) sont considérées comme de véritables références en la matière. Elles renferment, toujours d’après Pr Dagher, des renseignements, des indications et données très intéressantes sur les peintres et la pratique picturale — si nous osons dire — dans et en dehors de l’aire islamique. Les Frères al-Safa présentent un savoir philosophique sur l’art et en donnent même des critères de taxinomie. Les objets sont ainsi classifiés selon les matériaux utilisés, la justesse de l’exécution et la valeur esthétique. Pourtant, ces épîtres ne sont jamais citées dans le discours sur l’art islamique. Une véritable aberration, selon le conférencier...

Un grand chantier...
Oleg Grabar, une référence dans l’étude des arts de l’Islam, a un jour avoué l’impossibilité de l’écriture d’une histoire de l’art islamique car «tous les efforts fournis par les chercheurs n’ont pas réussi à le faire», nous apprend Pr. Charbal Dagher qui ne partage pas du tout cet avis. En effet, il voit que les approches adoptées ont été assez  superficielles. Il suffit de prendre l’exemple de l’ornementation qui n’a été considérée que comme simple décoration ignorant son sens originel de «beauté de l’existence», pour le comprendre.

Avant d’ouvrir le débat avec le public, le conférencier a clos son propos en rappelant que l’écriture de l’histoire de l’art islamique est une mission qui incombe à tous les chercheurs arabes, lançant, par ailleurs, un appel à la communauté scientifique pour se pencher sérieusement sur la question. Toutefois, il n’a pas manqué de soulever une autre problématique des plus sensibles et des plus actuelles, à savoir la restitution des pièces de l’art islamique à leurs pays d’origine. « Sommes-nous capables en tant qu’Arabes de préserver ces trésors comme ils le sont dans les musées occidentaux?» Le penseur s’est abstenu de répondre à la question...

Auteur : Asma ABASSI, le 17-02-2013.
Source : lapresse.tn
Entretien Charbal Dagher (écrivain-chercheur) «Les nécessaires choix artistiques et culturels»

 

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