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Home Sidi Bou Saïd Dimanche 14 Avril 2013 - Exposition personnelle de peinture et sculpture de l'artiste Rym Karoui - Galerie Ammar Farhat, Sidi Bou Said

Dimanche 14 Avril 2013 - Exposition personnelle de peinture et sculpture de l'artiste Rym Karoui - Galerie Ammar Farhat, Sidi Bou Said

 

rym-karoui2013-eventExposition personnelle de peinture et sculpture de l'artiste Rym Karoui à la Galerie Ammar Farhat,

Vernissage le Dimanche 14 Avril 2013 à 11H00

 

 

 

 Mondes Intermédiaires
Que font les artistes depuis la nuit des temps sinon se réapproprier un morceau du réel et le transformer au gré de l’imaginaire qui les hantent et habitent ?
« Des mondes se sont ouverts et s’ouvrent sans cesse à nous, mondes qui appartiennent aussi à la nature, mais qui ne sont pas visibles pour tous, qui ne le sont peut-être vraiment que pour les enfants, les fous, les primitifs », écrivait dans Souvenirs le peintre Paul Klee que la lumière tunisienne a révélé à lui-même.

Dans l’œuvre éloquente et volubile de Rym Karoui, basée sur des techniques mixtes- acryliques et collages- et enrichie de sculptures de toutes tailles, le regard retrouve les traces de ce « monde intermédiaire », « royaume de ceux qui ne sont pas nés ou qui sont déjà morts, royaume de ce qui aspire à venir, mais qui ne viendra pas nécessairement », si bien décrits par Klee.

« MON MANEGE à moi c’est toi !
Sur la toile de l’artiste, reconnue très tôt, dès les années 90, à la fin de ses études à l’Ecole des Beaux Arts de Marseille, comme une valeur sûre de l’art contemporain tunisien, se déploie un cortège de personnages extravagants, fantasques et fantastiques, qui se partagent dans un conflit perpétuel les forces du bien et du mal. Inspirés du monde du cirque, du dessin animé, du jeu, du conte et du cinéma, ils incarnent des rois fous, des dames de cœur, des princesses africaines toujours fertiles, des funambules en équilibre précaire, des trapézistes montant vers le ciel…Mais aussi des animaux inquiétants, hybrides aux formes inédites et mutantes. La lune, les étoiles et des trèfles à quatre feuilles y tourbillonnent en tous sens. COULEURS LUMIERE. ENERGIE. VITALITE.
On entendrait presque le spectateur devant lequel défilent ces denses compositions plastiques, se surprendre à chantonner tout bas les paroles entrainantes de Piaf : « Tu me fais tourner la tête. Mon MANEGE à moi c’est toi ! ».
Le hasard et l’imprévisible

L’œuvre de Rym Karoui est un récit permanent. Souvent les plages de peinture et des morceaux de graphisme sont fortement imbriqués. Des écritures choisies, en arabe, en français et en anglais, viennent serpenter d’une manière ludique à la surface du tableau : WELCOME SILICONE Halal, DEGAGE, GAME OVER, STOP !  BOUM ! BOUH, OU EST LE ROI ? FREEDOM, BANG BANG!
Les lettres rassemblées par les codes du langage sont tout d’abord des dessins pour Rym Karoui. Elle les considère ensuite comme des sons, qui résonnent dans sa tête, tel une petite musique intérieure.  L’artiste s’amuse. Elle interroge allégrement les mots du moment et puis imbibée comme une éponge de l’actualité et de la réalité qui l’entourent, se laisse aller à introduire dans son travail le hasard et l’imprévisible…
Ponctuent les toiles et les sculptures de l’artiste, des chiffres énigmatiques, intriguant, qui défilent en rangs serrés. Renvoient-ils à un numéro de téléphone reçu d’un étrange étranger ? A l’écho d’un appel venu d’un autre monde ? D’une lointaine planète ? Celles par exemple de La Guerre des étoiles ou d’Harry Potter, des œuvres cultes, qui ne cessent de la fasciner.

« Voici mon secret. Il est très simple : on ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux », disait le renard au Petit Prince, dans le roman éponyme d’Antoine de Saint-Exupéry.
Est-ce le saut dans le vide ?  
Le talent de Rym Karoui est inséparable de ses doutes, ses tâtonnement, sa quête perpétuelle d’une intime nécessité intérieure, qu’elle libère en pratiquant au quotidien son écriture automatique personnelle, le dessin. Et même si elle inaugure dans cette dernière exposition, à la trame étonnamment épurée, une palette de couleurs flashy, toniques, pleine de vibrations, l’univers de la plasticienne ne réfère pas uniquement au pays merveilleux d’Alice. Derrière une production plastique à la gaieté esquissée presque en trompe l’œil, se cachent pudiquement une foule de démons. 40, 42, 43, 45, 46…son âge de FEMME imprimé quelque part sur la toile à la manière d’un tatouage, résonne comme une menace. Un rappel du temps qui passe, emportant sur son passage, tout doucement sans faire de bruit, les lueurs de la séduction…
Aux yeux de l’artiste, la Tunisie post révolutionnaire est atteinte de symptômes anxiogènes. De ses tréfonds est sortie une armée de virus maléfiques, noirs, hirsutes, hallucinogènes, qu’elle oppose aux virus bénéfiques, peints de couleurs pastel. Tous ceux-là s’affranchissent des limites du dessin et du cadre, s’incarnent dans des sculptures et s’en vont explorer la vie ! Quel bonheur ce serait pour Rym Karoui si elle pouvait tomber sur un secret mécanisme pour les faire animer, bouger, galoper…
Euphorisant est le coup de pied du DEGAGE, qui jalonne les toiles de cette dernière série. Or, les membres béants de ces curieux tracés longilignes surmontés d’une couronne- parodie du pouvoir- s’ouvrent sur un trou. Est-ce le saut dans le vide ?

HELP Tounes
Ses tableaux et sculptures mêlent de façon directe l’anecdotique, le symbole et l’évènement concret. C’est ainsi qu’elle raconte, l’émotion au fond de la palette, comment en tirant sur son père Chokri Belaid, leader politique abattu le 6 février dernier, c’est sa petite fille rose, esquissée par l’artiste selon la spontanéité intacte d’un dessin d’enfant, qu’on a assassinée…
Ainsi va l’actualité tumultueuse du pays sous le regard distant des troïka boys, sculptures en résine, des ovni, des objets volants non identifiés d’un pouvoir incertain et dont pourtant la couronne dorée reste toujours en bonne place. «HELP Tounes ! »,  grave-t-elle dans un cri étouffé.
Alors ? « LIBERTE QUAND ? », s’interroge Rym Karoui pour répliquer plus loin sur un autre tableau, plus mutine que jamais : « I beleave in DIEU, MA MERE, WEKELEAKS, Mon Banquier et MOI ».
Au fil du temps, les codes et symboles de Rym Karoui évoluent vers l’essentiel. Portés par un long processus de réflexion et de maturation, ils semblent se concentrer comme des cristaux.

Olfa Belhassine

rym-karoui2013

Galerie Ammar Farhat

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