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«Bagdad-Tunis», une exposition de groupe à Kalysté. Faire parler l’humain.

 

tunis-baghdadSept artistes irakiens et sept artistes tunisiens exposent, jusqu’au 1er  juin 2013, à la galerie Kalysté, dans une rencontre artistique intitulée «Bagdad-Tunis».
C’est l’idée, ou plutôt le rêve, de l’artiste plasticien irakien résidant en Tunisie, Mohamed Al Aâdhami, d’unir dans une exposition des artistes de son pays et de Tunisie. «Loin de toute cette agitation qui secoue nos deux pays, loin de tout ce climat de destruction, loin des hyperboles médiatiques, l’esprit est de regarder les choses sous un autre angle, d’en haut pour une fois, pour s’élever plus haut que tous ces discours démagogiques et idéologiques, pour observer, tout simplement, les choses», comme il l’explique. Voilà pourquoi est née l’exposition «Bagdad-Tunis».

Et c’est sous le prisme de l’art que les choses se font chez cet artiste-sculpteur à qui il a fallu une année et demie pour donner forme à son projet et faire renaître à nouveau les relations qui reliaient, jadis, les deux pays. Faire parler l’art, cette fois et avant tout, qui s’insurge contre le politiquement cru. Par-delà les frontières et le temps, deux écoles artistiques se rencontrent, celle d’Irak qui est parmi les plus anciennes du monde et l’illustre école tunisienne à travers les œuvres de différentes générations d’artistes. Moult regards sont, ainsi, mis en jeu, moult disciplines sont suscitées, allant du dessin, pour passer par la gravure, la peinture et la sculpture pour faire parler l’humain.

Restituer l’humain

Du côté irakien, Jaafer Taoun rend hommage au poète irakien Abdelmonaam El Fakir et inscrit ses mots pour les faire parler. Abdelkarim Saadoun dessine les allures d’un roi déchu, anonyme et grossièrement humain, combattant un sinistre nuage d’encre noire. Saad Al Qassab, dans une optique soufie, fait dans l’abstraction, ses couleurs se font lumière et son. Amjed Al Tayar fait dans la nouvelle figuration,  une palette mélancolique donnant naissance à son accordéoniste et unissant deux amants dans un lent baiser. Dans une veine symbolique et monochromatique, usant de couleurs vives, Rahmen Chaker nous raconte le péché originel. Asexués, Adam et Eve, des simulacres d’êtres baignant dans un Eden rouge, jouent devant nous la scène de l’ultime tentation. Qahtan Al Ameen, exilé de son Irak, lui dédie ses œuvres digitales. Sa palette est le rêve et un univers onirique jaillit de ses déroutants collages numériques. Le sculpteur de la sérénité Mohamed Al Aâdhamy dompte et poétise la matière pour accoucher de corps-silhouettes aux têtes tordues et aux corps étirés.

Côté tunisien, le graveur Beker Ben Fraj nous séduit et nous interpelle avec sa faune («Oiseaux», «Poissons») faite d’agglomération de lignes et d’empreintes entremêlées.  Une graveuse cette fois, Rachida Amara, qui, à travers ses trois eaux-fortes et techniques mixtes, nous révèle, à coups de chimie et d’alchimie des sens, des légendes quotidiennes et des fables sociales se jouant dans des extérieurs (nuage nucléaire) ou dans des intérieurs («Intra Muros» et «Album de famille»). Mohamed Ali Belkadhi dénonce, avec ses dessins  minimalistes, à la manière de papyrus modernes, la crise politique en Irak, pointant du doigt les tueries et les saccages qui s’y déroulent. Noutayel Belkadhi, toujours aussi ludique, se saisit du fer et autres matériaux pour nous renvoyer à sa «colombe» ou re-produire le scénario de la scène du crash du World Trade Center: un avion fragile s’attaquant à un bloc de métal... Rania Werda, une artiste de la nouvelle génération, se joue des réalités apparentes, fait dans le parti pris pictural en investissant «en partie» la toile. Dans «Démocratie», on peut voir un âne en plein milieu d’une réserve d’espace, laissant une grande marge au vide qui ne fait que rendre dérangeant et réel ce constat amer de notre réalité et devenir «révolutionnaire». Héla Ammar, présente avec deux œuvres, laboure et travaille la matière pour re-dessiner les contours des «Frontières». Le céramiste Abdessalem Charfi, de son côté, juxtapose matière et calligraphie arabe, commune aux deux nations.

Il ne s’agit aucunement, à travers cette exposition, de faire dans les slogans politiques ou dans la simple illustration ou dans l’anecdote ou dans le simple hommage aux deux pays. Il s’agit là de transcender les frontières géographiques, picturales, celles de la perception et de l’entendement, transcender les images qu’on nous jette au quotidien mais aussi, et  surtout, comme le note la galeriste Synda Ben Khelil, de  restituer l’humain. A ne rater sous aucun prétexte.

Meysem MAROUKI,  ajouté le : 20-05-2013
lapresse.tn

 

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