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A la Galerie Samia Achour, œuvres de Thouraya Hamouda. Le nu qui ne provoque jamais !

Thouraya-Hamouda

A la Galerie Samia Achour se tient actuellement une exposition intitulée « Songes de Femmes » de l’artiste-peintre Thouraya Hamouda, une des rares artistes en Tunisie qui s’intéressent à toutes les créations d’art à la fois et dont le parcours artistique est aussi bien riche que varié.

En effet, elle travailla de 1988 jusqu’à 1992 à l’Académie Internationale de Stylisme à Paris, où elle avait obtenu son diplôme en arts graphiques de la peinture artistique et publicitaire, en outre elle détient un autre diplôme en bijouterie, joaillerie et orfèvrerie.

Elle fut directrice artistique de 1993 à 1995 à la SOPART (l’Artisanat de Tunisie) où elle participa à plusieurs expositions de groupes au Salon de l’Artisanat de Tunis. De 1999 à 2002, elle organisa plusieurs expositions à Montréal (Canada). Elle s’illustra dans la création d’objets d’art à partir d’une technique basée sur le sable naturel. En peinture, elle participa à plusieurs expositions de groupe à Tunis.

Cette exposition de peinture comporte 20 tableaux à huile où le corps féminin occupe une place très large. L’artiste a choisi de représenter la femme nue, non qu’elle soit une amatrice du nu féminin destiné à exciter les sens ou à provoquer les désirs charnels, loin s’en faut, mais ses préoccupations sont plutôt d’ordre esthétique et artistique. « C’est après la Révolution que m’était venue l’idée de traiter le corps féminin dans mes œuvres artistiques, nous confia l’artiste, j’ai depuis senti que la femme tunisienne est devenue la cible des réactionnaires et des intégristes qui veulent lui arracher ses acquis en tant que citoyenne et être humain… » Ce travail sur les femmes nues s’inscrit donc dans une démarche plastique qui veut montrer l’émancipation et la liberté de la femme à travers son corps qu’on assimile souvent à la vitalité, à la procréation, à la fragilité, à la beauté et à la grâce ; mais aussi, moralement, à la vertu, à la générosité, à la tendresse, à la douceur et à la bonté. L’apparence charnelle de la femme reflète donc son image personnelle intérieure. Dans toutes ces œuvres, il faudrait plutôt chercher la démarche plastique de l’artiste pour mettre en valeur l’aspect spirituel, émotionnel ou intellectuel de la femme.

Ce qui frappe surtout dans ces toiles de femmes nues, c’est que leur corps est recouvert de peinture : des petits dessins ou motifs de formes irrégulières et de couleurs diverses, tels des perles ou de petites pierres, sont parsemés sur tout le corps, offrant des reflets nacrés ou brillants, de sorte que la femme peinte ne nous parait plus dévêtue, ou nous parait plutôt défendue, protégée contre toute atteinte à son intégrité physique ou sa liberté personnelle, comme une rose avec des épines. Qui s’y frotte s’y pique ! Le corps féminin ainsi présenté est en quelque sorte un support adopté par l’artiste pour contester, pour revendiquer, pour se révolter contre les idées réactionnaires qui s’opposent à l’émancipation de la femme et à ses droits fondamentaux. Rien n’est choquant, rien n’est excitant dans les différentes toiles représentant des femmes nues, (d’ailleurs, le sexe de la femme n’a jamais été manifeste dans toutes les toiles !) car le message ne consiste pas à exciter le visiteur, mais à attirer son attention à la condition féminine en Tunisie, menacée aujourd’hui par certaines forces obscurantistes. Bref, on peut dire que l’artiste s’interroge, à travers le nu, sur le statut de la femme et son devenir dans notre société à travers toutes les pressions religieuses, politiques, traditionnelles, idéologiques qui sont exercées sur la femme, sur son corps !

Les toiles révèlent la femme dans plusieurs situations : voici un groupe de femmes en train de se baigner au hammam, d’autres qui se rassemblent dans l’intimité pour songer, peut-être au prince charmant ! Dans le tableau qui porte le titre « Femen » (allusion faite aux jeunes femmes qui se sont récemment manifestées, torse nu, devant le tribunal de Tunis), on voit un groupe de jeunes femmes aux seins nus. Mais aussi, il y a la femme qui joue de la musique ou celle qui fume le narguilé (chicha), autres aspects d’émancipation. L’artiste présente également dans cette exposition trois toiles où figurent des chevaux. En tant qu’une source d’inspiration, tout comme la femme, ces portraits chevalins symbolisent toute la beauté, la majesté et la grâce de la nature ! De plus, dans un style semi-abstrait, l’artiste présente deux toiles « Subconscient I » et « Subconscient II » qui débordent de sensibilité et de créativité, de par le monde onirique où le visiteur est plongé.

Hechmi Khalladi
16-06-2013    letemps.com.tn

 

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