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El Teatro - Aire- Libre: exposition collective: «L’Art de rêver»

 

art-de-rever-teatro-event«Rêver un impossible rêve»
 «  Quand je peins, je rêve. Quand mon rêve a pris fin, je ne me rappelle plus ce dont j’ai rêvé. Mais, le tableau reste, le tableau est la moisson du rêve. »
Friedereich Hundertwasser

Et ils ont rêvé ! Quarante-huit artistes d’horizons différents ont investi l’espace Aire-Libre pour une rencontre avec des styles divers, sur des supports variés, une palette de thèmes pour rêver l’art et la vie, proposer leurs perceptions d’une infinitude de mondes.
Le maitre de céans Mahmoud Chalbi à la gentillesse inégalée, était là, quelques heures avant le vernissage, entre son téléphone qui ne cesse de sonner, quelques artistes en train de suspendre les tableaux aux fils de fer qui les supportent. Ronde incessante pour scruter l’emplacement idéal des œuvres en fonction d’une harmonie que seul, l’œil  perspicace du maitre a le secret. Partout à la fois, il distribue sourires, recommandations, conseils.


Je me suis laissée guider à l’instinct,  le regard captivé et charmé par telle œuvre, par tel détail, faisant des aller-retour répétés, m’arrêtant, m’interrogeant, m’oubliant. L’affiche est une magnifique photo en blanc et noir de Sarra Zarrouk. Sur un vieux mur raviné par le temps,  dont les pierres saillantes racontent les bâtisses d’antan qui ont vu les jours s’écouler longs et les hommes traverser les siècles et  se battre pour survivre. Pan de mur chaulé de blanc, exposant, avec ravissement, ses belles imperfections.  Accroché au mur, la clef des songes dans toute sa splendeur. Ouvragée et surmontée du trèfle de la chance, elle attend qu’une main se tende, s’en empare et ouvre la porte du rêve, un monde incommensurable à portée du regard, don et offrande.  Mon regard se saisit de la clef des merveilles et plonge dans l’univers pictural et artistique qui se donne à lire et à vivre.
Une photo en appelle d’autres : celle du visage d’une femme cachée sous la toison rebelle de sa chevelure qui en révèle le mystère et toute la beauté  ou celle d’un instant de grâce vécu par ces femmes heureuses et souriantes plongées dans un flou auréolé de bonheur. Mais, des toiles s’imposent, révélant des corps de femmes torturées, écartelées, violentées par les regards agressifs et assassins du tabou, de l’interdit qui lacère le corps et en fait une prison, tel ce couple qui s’aime dans l’intimité d’un cadre devenu cellule, enchevêtrement de fils de laine et de chaînes. Une toile d’araignée funeste menace l’amour et le condamne à l’enfer de l’anathème. Des corps torturés de femmes dans la tourmente. Et au premier plan, posé  sur des livres  un crâne. Est-ce un avertissement sur les menaces qui guettent les femmes ? Le risque de la mort imminente de la pensée ?
Et des mots hiéroglyphiques qui courent allègrement sur le papier, miniaturisés comme un tatouage sur la peau, fins et délicats, des mots-glyphes à déchiffrer tel un message qui délivrerait le secret de la vie. Des mots-texte, paroles de la chanson de Jacques Dutronc : «  L’opportuniste » posés à côté d’une œuvre originale de Besma H’Lel, intitulée «  Oppor-Tunis-me » : une veste râpée, une partie à l’endroit et l’autre retournée.  Quoi de plus explicite comme message adressé à ceux qui ont renié leurs convictions pour vendre leur âme aux profiteurs de tout bord.
«  Nothing’simpossible » crie un autre texte déclamant ce désir houleux de casser les barrières de la réalité amère et pénible, exprimant cette envie pressante de se révolter contre le monde dans ce qu’il a de «  fuyant et d’inachevé » selon l’expression de Camus.
Et des personnages déclinés à l’infini de Leïla Shili, corps déambulant, s’agrippant, se touchant, bougeant. Danse virevoltante de la vie, désir de dépasser les limites du corps dans un mouvement d’apesanteur.
Le verre s’invite, il est déformé, aplati, figé dans un cadre, domestiquée la bouteille bleue, elle pousse la porte du rêve et s’y engouffre à jamais. La céramique est, également, là qui orne, couvre, embellit les murs de motifs vaporeux aux tons de douceur.
Le bois, le fer, la récupération de tant d’objets et leur détournement est en soi un appel au rêve. L’inanimé s’anime par la magie d’un artiste qui insuffle vie et devient «  créateur »  d’autres formes de vie, corroborant cette pensée de Klee : «  L’art ne reproduit pas le visible, il rend visible. » et c’est ce miracle d’enfanter le rêve. Une multitude d’oiseaux fantastiques peuplent le lieu : des hiboux  aux regards perçants, enfermés dans des cadres en bois, vous observent, vous dépouillent, vous hantent. Des automates se meuvent, tel cet oiseau, ailes déployées, prêt à prendre son envol vers le rêve d’Icare et  des hommes englués dans les contrées obscures à la recherche d’une terre ensoleillée.
Des fenêtres ouvertes sur le monde, sur l’ailleurs, sur la mer placide qui luit sous les rayons de la pleine lune,  sur une vague écumeuse qui pousse un cri de colère, de révolte et de délivrance. L’ailleurs s’offre et se partage, invitation à  entrer dans l’imaginaire d’un artiste qui partage son rêve pour nous libérer de nous-mêmes et nous proposer son monde comme libération et ouverture de nouvelles perspectives : «  je vous donne mon sang, mes couleurs, mes lignes, mes mots, mon âme qui palpite. Je vous donne mes ailes pour vous apprendre à voler, semble-t-il  nous dire, je vous donne mon monde, mon rêve, terre d’accueil. »  Une terre d’asile, une terre promise afin de ne «  pas mourir de la vérité » selon Nietzche,  de fuir l’enfer du réel, d’abattre le mur des interdits et éteindre les feux de la barbarie. Franchir les frontières qui emprisonnent, les idées qui décapitent le rêve et  gaulent l’espérance. Une bouffée d’air vivifiant et salvateur.Le rêve a droit de cité pour annoncer le règne du Beau, lutter contre ce qui rétrécit la vision, ce qui tue, ce qui ankylose et étouffe. Un cri de délivrance, cette exposition et l’annonce d’un rêve commun, d’une quête : «  Suivre l’étoile. »

Tounès THABET

3 Octobre 2013  letemps.com.tn

- Artistes participants :
Lamine Sassi . Noutayel Belkadhi .Najet Gherissi .
Myriam Rouma Belhiba . Rachida Amara . Amor Ghedamsi .
Michel Giliberti .Michela Sarti .Besma H'lel .
Taoufik Behi .Fadhe lChaouch .Hamadi Ben Neya .
Irane Ouanes - Fatma Goutaly -Idriss Behi -
Seifallah Darghouth -Georges Chelly - Walid Tayaa -
Mohsen Jeliti -Othmane Taleb - Hassen Guemri -
Othman Babba -Hela Hamrouni - Alia Kateb -
Zoubeida Chammari -Kawther Bahri - Donia Khouja -
Omar Lasram - Samy M'rah -Anass Awinti -
Arafet El Fhayel -Ghassen Gherissi- Karim Kamoun -
Lilia Ben Zid -Sarra Zarrouk - Leila Mzid -
Neila Ben Ayed -Ishraf Bou Sabbeh - Bader Klidi-
Wejdene Jerbi - Leila Shili - Leila El Fourti -
Mohamed Barnat - Myriam Koubaji .Amira M'timet -
Enis Ben Chaabane - Tarak Garouachi -Hafedh Jerbi -Issam Khmir.
(Exposition jusqu’au 28 octobre)

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