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Le mariage collectif revu et corrigé par Aïcha Filali

 

mariage aicha filaliChaque exposition de Aïcha Filali est un événement. La dernière, ''Fenêtres et seuils'', qui se tient à la galerie Ammar Farhat, expose une série de portraits de mariage, où elle interroge, d'une malicieuse façon, cette institution socio-culturelle.

L'invitation ne souffre aucune ambigüité, calligraphiée en arabe, elle annonce les noms des familles invitantes, les futurs conjoints, la date et le lieu de la cérémonie.

Dimanche 1er décembre, Sidi Bou Saïd, à la galerie Farhat Ammar. On s'y rend défiant un mauvais temps et une pluie battante. A midi, les invités jouent du coude pour admirer les heureux élus.

La «tunisian touch»

Aïcha Filali, artiste au long cours expose une série de portraits de mariage, intitulés ''Chbabek wa 3teb'' ou ''Fenêtres et seuils'', sensation d'entrer dans une famille en noces, Raja Farhat déclame un poème en hommage aux mariés, aux élus heureux un baiser appuyé.

Sur les murs, les tableaux. Polychromes, grandes dimensions, personnages encadrés, couples souriants, en pose pour éterniser un moment de la plus vieille institution.

Ils s'appellent Fethi et Feriel, Slah et Farida, Lobna et Mongi, Farid, Khaoula, Sabrina, etc., des gens ordinaires. Ils n'ont pas d'âge, ou plutôt, ils ont l'âge de se marier. Un couple quitte un monde pour entrer dans un autre.

Une vingtaine d'œuvres représentant des mariés il y a deux décennies et plus. Chaque couple est placé dans un décor choisi par Aïcha. Exemple : Fethi et Feriel sont aux anges, derrière un balcon en moucharabieh, cravate rouge qui déborde, sourire de circonstance, elle est contente.

Les mariés portent des lunettes de soleil modernes, le balcon, l'oiseau vole dans un ciel bleu et des nuages blancs. Le cadre est bordé de tissus fleuris, rouge, rose, vert, crème. Tout est appuyé, ça déborde de partout, des roses, des aiguilles à tricoter, des hirondelles.

Un mariage courant, «tunisian touch», «normal», ni célèbres, ni totalement inconnus, sur la photo, ni égérie, ni bourreau du cœur, ils sont faits pour se rencontrer, juste un couple, simplement heureux d'être là où il faut, montrant le visage du mariage sans débordements, sans effet de style. Il n'y a pas de passé ni de futur, juste un instant figé. L'air de dire, même si nous ferons des choses insensées, des fautes, on ne fait pas fausse route. Cette photographie l'atteste. C'est beau comme un mariage réussi.

Aïcha Filali est une artiste qui fait l'événement à chacune de ses apparitions, dix expositions, des succès publics et critiques. Elle se penche sur un sujet, un thème qu'elle creuse, le retourne dans tous les sens, le malaxe, l'expose aux références sociologiques, le travaille enfin à l'aide de techniques originales que l'artiste aligne dans un joli catalogue.

Une histoire qu'on peut conter

Des photos manipulées, montées sur tissus. Le résultat fait sourire, drôle, il fait même rire, mais derrière le rire, l'aspect festif et brillant de la cérémonie, il ya une sorte de dérision, une critique aiguë des conformismes. Un travail de salubrité publique.

Que voit-on dans l'expo? Le souvenir d'une cérémonie réduit à une photo. Des mariages qui ne devaient avoir lieu que là, à cet instant, exactement à cet instant, une photo de la cérémonie, composée, pudique, codé; avec ses attributs, avec sa mise en scène, les plats et les reliefs unis pour le pire et le meilleur.

Des photos qui ne tomberont pas dans l'oubli, des personnages en costume de noce. Un thème unique, global, des photos différentes, Aïcha n'additionne pas les portraits, chaque tableau porte une histoire qu'on peut conter ou imaginer. Extraverti, baroque, rococo.

La vie avec les lendemains qui chantent, le trait d'union entre hier et aujourd'hui. Ici la forme domine le fonds, on imagine murmurer les indiscrétions des invités, l'effervescence des hôtes, les rires et les joies.

Parmi les hôtes figurent les membres de la commission d'achat du ministère de la Culture. Le mariage est-il trop populaire, à leurs yeux? Trop compliqué, inaccessible au peuple, jugé nul sous l'angle esthétique, le langage leur échappe, il n'est pas classable dans une catégorie? Ils passent leur chemin sans acheter, sans justifier leur refus.

Illustration: ''Farid'', 173 x 112 cm, photomontage imprimé sur tissu et technique mixte à l'aiguille, 2013 / ''Najoua'', 160 x 117 cm, photomontage imprimé sur tissu et technique mixte à l'aiguille, 2013.
 
Par Anouar Hnaïn  11 Décembre 2013
www.kapitalis.com

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