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Home La Marsa Age Of The Bey | 01 > 28 Fevr | Exposition personnelle de Mehdi Bouanani, Hope! Contemporary, La Marsa

Age Of The Bey | 01 > 28 Fevr | Exposition personnelle de Mehdi Bouanani, Hope! Contemporary, La Marsa

age-of-the-bey-evntExposition personnelle de MEHDI BOUANANI aka DABRO :

Age Of The Bey

Samedi 1 Février 2014, 17H00


L’artiste n’était pas né lorsque le dernier monarque tunisien, Mohamed el Amine Bey, mourut en 1962. La monarchie fut définitivement abolie en 1956, date à laquelle la république tunisienne fut proclamée.
Ainsi en a décidé l’Histoire et Mehdi Bouanani, pareil à tant d’autres tunisiens, n’en entendit plus parler, l’histoire referma ses portes et la dynastie Husseinite plongea dans l’oubli.
Habib Bourguiba, dès le début de sa présidence, effaça tout souvenir de cette époque, les palais furent fermés ou occupés, les familles beylicales perdirent tous leurs privilèges et les livres d’histoire ne leur accordèrent plus que quelques lignes.

Bouanani est, je le crois, le premier artiste de sa génération qui, à travers des dessins exceptionnels de précision et de vérité, réveille cette période sombrée dans l’oubli. Pour cela, il se documenta, allant à la B.N.F. à Paris, visionnant des dizaines de photos, prenant des notes, traçant au fusain croquis après croquis, pour ressusciter cette époque rejetée, délaissée puis effacée de nos mémoires. Ses recherches et son travail n’ont rien de nostalgique ou de douloureux, c’est plus une recherche analytique portée par des compositions et une esthétique réfléchies, sans excès d’émotion. Les regards des personnages sont portés vers l’horizon, presque vides, venant de loin, les traits de fusain habille de noir sombre et banal le bey et son entourage, aucune décoration, aucun or clinquant, les chevaux sont également noirs et les carrosses sans couleurs ni blasons.

Bouanani a sciemment voulu dépoussiérer l’esthétique qui accompagne généralement les tableaux des familles royales et de leurs équipages afin d’accentuer la dédramatisation du sujet. Il rajoute à ses tableaux des gribouillages de couleurs, pareils à ceux des enfants à la fin d’un cours de dessin.
Ces autres toiles qui ne se rapportent pas directement au personnage du bey, sont d’immenses diptyques toujours sur fond blanc, neutre, avec une absence d’arrière scène bucolique, toujours pour se démarquer de la kitscherie de la carte postale. Hommes et femmes de la paysannerie parlent également d‘un temps qui n‘est plus, regards sombres et nobles de ceux qui travaillent la terre, vêtements noirs ou blancs, et pour montrer qu’il est jeune et qu‘il s‘amuse, il éclabousse le tout de grands coups de pinceau très esthétiquement placés.

Très belle exposition, superbe travail de composition, aucune mélancolie ni nostalgie larmoyante, un geste réfléchi sans fioritures ni accessoires inutiles, un justesse de ton et de sentiments face à un temps qui n’est plus mais qui se rappelle à notre mémoire sans mélo ni regrets.
Le changement radical qu’a connu la Tunisie en 2011 nous a presque tous obligé à remonter le temps et à essayer de comprendre qui nous étions, d’où nous venions, et de nous poser des questions fondamentales et parfois pénibles sur notre passé et notre histoire. A travers cette exposition Medhi Bouanani nous montre que pour comprendre le présent il est indispensable de connaître notre passé sans oublier de l’accompagner de touches de couleurs joyeusement peinturlurées.

Rien n’est grave, mais on doit savoir …

Leila Souissi
Commissaire d’exposition

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Hope! Contemporary
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