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Rencontre avec Souhed Memlaghi: "La révolution tunisienne mérite bien son musée"

-Pain_Couture-Fondation_Cartier-2004Parti très jeune, de Tunis, Souhed Nemlaghi a étudié l’architecture, le design et les beaux-arts à Londres. Aujourd’hui, il vit en Europe, essentiellement entre Londres et Paris, et réfute catégoriquement toute classification au point de travailler souvent ses projets d’architecture, de décoration, de création d’objets et d’expositions d’art contemporain dans l’anonymat. En 2000, il fonde l’atelier Ennemlaghi, un espace de recherche plastique pluridisciplinaire.
Souhed, trente ans et quelques poussières, est l’auteur de nombreuses réalisations inédites et imbibées d’une étonnante fraîcheur. C’est avec le couturier, son ami, Jean-Paul Gaultier, qu’il a pensé l’exposition «Pain couture» en 2004, à la Fondation Cartier d’art contemporain à Paris, où le lieu s’est transformé en boulangerie fabriquant des sculptures à base de pain. Toujours en France, il présentait en 2000 son travail intitulé «Twentieth Century Air», une série de 2.000 ampoules pharmaceutiques recueillant l’air du XXe siècle en un volume de 20 centimètres cubes comme mémoire de la période écoulée.
Souhed Nemlaghi fait partie de cette intelligentsia tunisienne bien installée à l’étranger, mais qui a tenu à revenir ici pour partager et vivre ces évènements historiques de la révolution de janvier 2011, riches en émotions, avec tous les acteurs du soulèvement. Ce qui s’est passé chez nous semble l’inspirer. Et surtout lui donner des idées de projets, qu’il propose gracieusement, comme ce musée de la révolution, susceptible de tisser des passerelles entre l’art et la politique.    «Le musée en question devrait, à mon avis, prendre pour repères beaucoup plus ce phénomène de la parole et de la pensée libérées que le patrimoine et un art post-colonial aujourd’hui dépassés par les évènements récents. La Tunisie est un millefeuilles de civilisation. Enfermer son identité dans le territoire d’une seule époque, ou d’une seule région, ne peut que nous porter tort. A côté d’une collection d’archives, de documents, d’installations, de photos et d’enregistrements en temps réel de la révolution, cet espace devrait jouer le rôle d’un atelier et d’un laboratoire d’expérimentation et de création en ménageant une place à des œuvres venues de tous les pays, de tous les horizons», affirme le jeune homme filiforme, impressionnant par la taille de sa stature.
Pour Souhed Nemlaghi, malgré l’avant-gardisme de l’art contemporain, qui incarne le présent plein du futur, l’art révolutionnaire le dépasse par son association avec le désir de démocratie et les rêves de partage d’une communauté. Le musée qui l’obsède depuis plusieurs jours pourrait profiter d’une «tranche des aides qui seront acheminées vers notre pays d’Europe et des Etats-Unis pour soutenir la révolution», souligne-t-il.
Il pourrait accueillir les grosses pointures du design, de l’architecture, des arts afin de permettre à tous les jeunes artistes tunisiens dont les modestes moyens ne permettent pas de partir à la découverte des foires d’art internationales de s’imbiber des tendances et des styles actuels. Non pas pour copier l’existant, mais plutôt pour conquérir de nouveaux territoires créatifs, ceux  dont il a souvent admiré la réceptivité et la faim de connaître, de comprendre et de s’ouvrir sur ce qui fait bouger le monde. Et compléter ainsi leur formation académique que l’artiste tuniso-britannique juge plutôt faible.
L’autre dimension originale dans la proposition de Souhed concerne le bâtiment qui abritera une approche de l’art très peu classique et formelle : «Pourquoi pas un des palais de l’ex-famille au pouvoir situés, à notre bonheur, dans les plus beaux coins de la Tunisie et qui sont déjà couverts de graffiti et investis par la révolution : du matin au soir la population y afflue de toutes parts? N’est-ce pas là, d’ailleurs, le premier pas d’une politique muséale, celle de voir le public s’approprier des lieux voués à la transmission de la culture ? Ces lieux, dont l’échelle architecturale humaine décuple l’intérêt,  demandent un simple réaménagement afin de s’ouvrir aux arts».
Souhed rêve encore que le musée de la révolution favorise l’émergence d’artistes venus des quatre coins de la République, y compris de… Sidi Bouzid.
Auteur : Propos recueillis par Olfa Belhassine
Ajouté le : 05-02-2011

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