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Décès de Hamadi Chérif, galeriste, collectionneur, mécène. Un agitateur culturel s’en va…

 

hamadi-cherifHamadi Chérif, qui vient de nous quitter à l’âge de 67 ans, bouillonnait d’idées jusqu’à ces derniers jours. Il est parti en pleine préparation de l’évènement le  Printemps de Klee en Tunisie. Son Centre d’art et de culture de Sidi Jmour semble déjà orphelin. Qui poursuivra son œuvre ?
Né en 1947, Hamadi Chérif part très jeune poursuivre des études en histoire de l’art à Genève. Puis, il décroche un diplôme de l’Ecole du Louvre à Paris en muséologie. Il évoluera par la suite, au cours des années 70, dans le milieu des galeries en Suisse, à Paris et à Beyrouth.
En 1979, l’homme à l’humilité et à l’urbanité légendaires décide de rentrer au pays avec pour seul bagage une large culture plastique, une connaissance du marché et un réseau de connaissances considérable. Il ouvre alors en décembre 1979, à Sidi Bou Saïd, dans les murs immaculés de blancheur de la maison familiale, la galerie Cherif Fine Art. En ramenant en Tunisie, les courants artistiques les plus avant-gardistes de l’époque, Hamadi Chérif veut bousculer les goûts et agiter les esprits. Il inaugure son espace avec Gérard Di Maccio puis avec le surréaliste belge…René Magritte ! Parallèlement, Hamadi Chérif garde un œil attentionné sur les artistes tunisiens. Il parie sur les talents naissants, Mahmoud Sehili, Adel Megdiche, Khaled Ben Slimane…et poursuit le montage de sa collection achetant ce qui le touche parmi les maîtres de l’Ecole de Tunis.
Très vite, Cherif Fine Art bénéficie d’un effet de mode mais également de la confiance des amateurs d’art et des collectionneurs. On se bousculera les soirées de vernissage des expositions de Léonor Fini, de Néjib Belkhodja, de Tahar M’guedmini. On s’empressera pour contempler les toiles de Picasso, Max Ernest, Chagall, Giacometti réunis autour d’une exposition intitulée « La gravure de 1920 à 1950 ».
Généreusement, Hamadi Chérif prêtera sa galerie, en décembre 2007, pour un hommage rendu par ses amis à Faouzi Chetioui, disparu quelques mois plus tôt.

«Le Dar Chérif incarne l’aboutissement d’un rêve…»

En 2009, le galeriste organise le trentième anniversaire de son espace en y invitant trente peintres contemporains à investir ses cimaises. Mais son cœur battait déjà du côté du sud du pays. A Djerba, à Sidi Jmour plus précisément. Comme à son habitude, il avait discrètement entamé un projet de construction d’un centre d’art et de culture au cœur de l’île des Lotophages, qui avait jadis séduit Ulysse et ses compagnons.
En avril 2010, Hamadi Chérif inaugurait le Dar Chérif, à Sidi Jmour. Le lieu se veut, comme nous le disait son promoteur, «l’aboutissement d’un rêve, d’un itinéraire international et d’une carrière mise au service de l’art ». Inspiré de l’architecture traditionnelle de l’île, il est composé de résidences d’artistes, d’un atelier pour les musiciens et les plasticiens travaillant sur les œuvres monumentales, d’une grande salle d’exposition, d’un patio pour les spectacles de plein air et de la maison privée de Hamadi Chérif. Mais toujours ouverte pour ses amis du monde entier.
Hamadi Chérif inaugure son nouveau centre avec une exposition prestigieuse : « Paris-Tunis, peintres en mouvements ». Le galeriste avait réussi à réunir, seul, (aucune aide à l’époque ne lui a été fournie ni par le ministère de la Culture, ni par celui du Tourisme) dans la salle polyvalente du Dar Chérif, Picasso, Modigliani, Roubtzoff, Foujita, Yahia Turki, Jalel Ben Abdallah, Ammar Farhat, Zoubeir Turki…Il enchaîne sur des événements non moins prestigieux, le « World Press Photo 2011», l’exposition Otto Dix en 2013, le festival des musiques du monde, un festival de la danse contemporaine, du cirque...
Cette année, Hamadi Chérif comptait organiser  à Sidi Jmour le mois d’avril prochain, le centenaire du peintre Paul Klee. Il y travaillait vaillamment, voyageant tout le temps, contactant les musées du monde et les proches de l’artiste. C’est en rêvant tous les jours du monde absolument féérique de Klee que Hamadi s’est éteint à la clinique Ibn Zohr de cardiologie  avant-hier soir…
L’homme ne laisse pas d’héritiers. Qui poursuivra son œuvre ?

lapresse.tn   Olfa Belhassine     12-02-2014

 

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