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Entretien avec le caricaturiste Tawfik Kouki. Les jeunes créateurs ne manquent pas, mais…

jeunes-createursTawfik Kouki est un caricaturiste bédéiste autodidacte. Président de l’Union des caricaturistes et dessinateurs de bandes dessinées depuis 2013, il lutte depuis une trentaine d’années pour faire valoir ce genre d’art en Tunisie. Il a traité dans ses caricatures plusieurs thèmes, qui touchent les Tunisiens depuis toujours : politique, chômage, violence, environnement, corruption…

Vous avez participé au Salon national de la caricature, qui s’est tenu à Monastir au début du mois. Quels ont été les thèmes abordés dans ce salon ?
Nous avons surtout focalisé nos interventions et débats sur l’évolution de l’art de la caricature après la  révolution tunisienne. J’ai participé personnellement avec une dizaine de tableaux extraits de mon exposition intitulée « Négatif », réalisée l’année dernière. Dans ces tableaux, je critique certaines situations politiques et sociales qu’a connues la Tunisie en 2013. Une année que je considère «noire» sur tous les plans. Le titre «Négatif» en est révélateur. Il parle notamment des assassinats politiques qui ont eu lieu, de la crise économique, de la situation de l’intellectuel et du sort du livre en Tunisie, ainsi que d’autres maux qui caractérisent la société d’aujourd’hui. Outre ces tableaux de caricature, j’ai animé, dans ce salon, un atelier pour enfants. Il s’agit d’un atelier d’apprentissage du neuvième art, à savoir celui de la bande dessinée. Ma démarche repose sur deux techniques basiques quant à l’apprentissage de cet art : la simplicité et  la déformation.

Quelle a été, selon vous, l’évolution de l’art de la caricature pendant les dernières décennies en Tunisie ?
«La caricature, c’est l’oxygène de la démocratie». Malgré le manque d’oxygène depuis plusieurs années, on s’est battu, nous les caricaturistes, à l’ère de l’ancien régime, pour faire vivre cet art et pour la liberté d’expression. J’ai beaucoup critiqué, avec mes caricatures, mes personnages et portraits, la situation politique, sociale et culturelle de l’époque.
Aujourd’hui, cet art connaît, avec les jeunes, un grand essor à travers l’émergence de nouveaux supports sociaux de communication, comme Facebook…
Les jeunes créateurs ne manquent pas, mais il faut dire, malheureusement, qu’il n’y a pas d’encadrement. La caricature se base sur la création et l’esthétique. Symbolique, cet art doit mettre le doigt sur ce qui ne va pas, sans léser. C’est comme ça qu’il évolue…

Quels sont vos thèmes préférés ?
Je préfère critiquer les situations politiques et sociales. Depuis plus de trente ans, je ne cesse d’inventer des personnages et de réaliser des portraits pour dénoncer le régime politique et parler de différents thèmes comme le fanatisme, le terrorisme, l’intégrisme et l’absence de civisme. J’ai même réalisé, en 2010, sous forme de poème, une caricature qui critique Leila Ben Ali. J’ai inventé des personnages comme «Zemni» pour dénoncer certaines situations politiques à l’ère de Ben Ali. Je réalise des portraits, je crée des personnages qui  relatent des scènes ou des phénomènes négatifs, tout en jetant un regard critique.
Quant à mes tableaux dans «Négatif», qui s’inscrivent toujours dans la même  thématique, j’ai usé pour la première fois de l’encre de Chine blanche sur papier noir. Pour ce faire, j’ai dû passer par plusieurs étapes, effectuer l’esquisse, faire le dessin, le reproduire sur un calque et passer la couleur blanche vers la fin. Cette couleur, symbolique et très significative, traduit un message. La couleur blanche incarne l’espoir, l’objectivité et la pureté. Usant  d’une technique esthétique et artistique aussi nouvelle, j’espère attirer l’attention des citoyens sur certains aspects négatifs de la société.
Quels sont les problèmes du secteur ?
Le secteur du 9e art connaît plusieurs difficultés qui entravent son évolution. Le ministère de tutelle joue un rôle important quant à l’évolution de ce genre d’art, et ce, par l’acquisition de nos droits dans la commission d’achat, l’organisation de salons internationaux pour s’ouvrir à d’autres pays. Il faut aussi noter l’absence de maisons d’édition spécialisées dans ce domaine et de  journaux satiriques, qui accordent une place importante à cet art.

lapresse.tn   Propos recueillis par Héla Sayadi - 15-02-2014

 

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