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Ahmed Zelfani

A-Zelfani-portr-RTemimiAhmed Zelfani, une quête éternelle.

 Ahmed Zelfani est ce qu’on appelle un autodidacte accompli. Ses premières amours furent avec le verbe. «J’ai divisé la lettre en deux et j’ai fait parler la moitié...», dit un de ses poèmes. Et l’image prend chez lui toutes sortes de concrétisations, se déployant sur les planches de théâtre qui donnent corps à ses textes, se reflétant à travers son appareil photo ou prenant forme sur la toile à travers une palette onirique à souhait... L’art n’a pas de frontière pour lui et sa seule demeure est l’émotion. Entretien.

 

 

 

Avril/Mai 2012 - CHERIF FINE ART, Sidi Bou Said - Exposition picturale de Ahmed Zelfani:


D.R.Credit photo: Rim Temimi

L’écriture fut le début?

Oui et plus exactement la poésie. Quelques-uns de mes poèmes furent, d’ailleurs, publiés dans quelques journaux à l’instar d’El Mostakbal. Il y a eu aussi l’écriture théâtrale. J’ai ainsi écrit les textes de plusieurs pièces, la première, vers la fin des années 80, était une pièce pour enfant intitulée "Boussaâdia aw lila thania baâd el alf" produite par «Masrah el Aarayes». Il y a eu aussi, et entre autres, Bab el Aarch (masrah el halka) mise en scène de Yahia Yahia, Paradis sur terre, en 1990, d’après le texte de Tennessee Williams et l’année d’après Echec et mat (d’après synopsis), toutes deux pour le Théâtre National. Cette dernière pièce qui a réuni de talentueux comédiens était censée, à l’époque, ouvrir le festival de Hammamet. D’ailleurs ce fut son unique représentation car censurée par la commission. Toute l’équipe qui y a travaillé est sortie de cette expérience avec beaucoup d’amertume et de déception. Je regrette surtout l’excellent décor de Tarek Ben Aziza qui est une réelle performance et qu’on s’est empressé de détruire par la suite... Ce fut, presque, le dernier texte que je livrais au théâtre. Je m’en suis éloigné depuis pour me consacrer à la photographie (photo d’art, photographe de théâtre et de plateau cinéma...). Tes textes ont-ils été édités?
J’aurai pu éditer des recueils de poésie et des pièces que j’ai écrites mais comme je n’ai pas les moyens et que je ne sais pas comment en chercher (sourire) ça ne s’est jamais fait. Mon truc à moi c’est la production, je crée mes textes pour les laisser s’épanouir et c’est aux autres de les récolter...

D.R.Credit photographies: Ahmed Zelfani

Et la peinture?
Il y a beaucoup d’images dans mon verbe et c’est ce qui a fait que je me suis tourné vers le théâtre (écriture, scénographie, lumière, affiches) où l’image est vivante et avec elle l’émotion. Avec la photo j’ai eu les mêmes soucis et avec elle l’entrée en jeu du consommateur qui donne naissance au verbe et de même pour la peinture.
A l’époque je me suis essayé à la photo-peinture, un genre complètement nouveau que j’ai développé à coups d’essai et d’expérimentations.
Je travaillais alors sur des petits formats de peintures et de fortuits essais m’ont amené à expérimenter le mariage de la peinture et de la photo (montage photo, peinture sur photo...) en récupérant, entre autres, des photos ratées. J’en ai fait toute une approche et c’était mon expérience photo-peinture. Ces travaux furent exposés la première fois, en 1992, à la galerie Mille feuilles lors d’une exposition personnelle. Certains peintres ont vu, à l’époque, que j’avais désacralisé la photo et les artistes-peintres de même pour la peinture. Je me suis attiré les critiques des deux (sourire). Il faut dire que c’était la première fois qu’on voyait cela en Tunisie...

APARTé | 8 Fevr > 1er Mars 2014 | Peinture de Ahmed Zelfani, Galerie Kalysté, la Soukra:

Credit photo: Hamadi Ben Neya  

J’aime expérimenter de nouvelles pistes, explorer des zones inconnues et quand je perds le goût du risque je passe à autre chose. Je n’aime pas quand cela relève du préfabriqué de la recette. D’ailleurs, certains disent que derrière mes peintures se cachent plusieurs peintres et c’est ce qui fait que mes travaux ne se ressemblent pas... Je suis un autodidacte par excellence et la diversité de mon œuvre s’explique aussi par cela.


Tu es donc dans l’expérimentation?
Oui on peut dire cela mais en respectant toujours des normes simples mais très importantes. La finalité étant toujours pour moi l’émotion, arriver à la dégager avec mes propres moyens. Une émotion distillée par l’acuité du geste et de la technique.
J’expérimente, certes, mais la technique prime chez moi et avec elle le sujet. Loin d’être pour un académisme cru, j’essaye plutôt de freiner un peu et prendre du recul pour ne pas tomber dans cette crise que connaît la pratique artistique depuis la Seconde Guerre mondiale. Je revendique un retour au savoir-faire et à la technicité, tout en empruntant des références et des outils actuels et contemporains. D’ailleurs, partout dans le monde, on commence à se réconcilier de plus en plus avec la notion du savoir-faire et la technicité est revendiquée même par les générations émergentes.

Qu’est-ce que l’art selon ta conception?
C’est une émotion sentie et pressentie par le créateur qui la concrétise pour la livrer au «consommateur» qui en fait à son tour une émotion. L’art pour moi est un langage fait d’émotions échangées qui doivent passer par la phase de concrétisation. L’œuvre doit provoquer quelque chose chez le spectateur, une pensée, une idée mais toujours enveloppée d’émotion. D’ailleurs, pour moi, l’art éphémère n’a plus de sens et ne rime plus à rien actuellement. Le temps de l’œuvre et l’œuvre du temps sont très importants dans la pratique artistique. L’œuvre se doit d’être vécue et l’art est viscéral ou ne l’est pas... C’est ce qui fait que, par exemple, l’œuvre de Shakespeare soit demeurée éternelle

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 avec Hamadi Cherif (2012). Cr.Ph.: Dalila Yacoubi

Comment naît l’œuvre chez toi?
La naissance de l’œuvre est antérieure à sa réalisation, elle peut émaner d’un ancien poème ou d’une pensée jamais concrétisée. Mon travail est basé sur la continuité, il n’y a jamais eu de rupture chez moi entre la poésie, le théâtre, la photo et la peinture, d’ailleurs je ne datais pas mes œuvres avant (je le fais actuellement par souci d’archivage) car pour moi elles font partie d’une seule entité indissociable.
L’œuvre est une quête, une histoire d’amour, une concrétisation du désirable, du rêve... Ce rêve peut être là depuis mon enfance et je continue à le chercher; si je l’aurai trouvé j’aurai tout arrêté... L’œuvre, pour moi, n’a ni début ni fin, c’est une perpétuelle quête durant laquelle on ne cesse d’apprendre. Elle émane de ces plus belles rencontres qui se font hors des sentiers battus. D’ailleurs le thème de l’errance est présent dans ma peinture. Il est soit palpable sur la toile soit à travers les titres de mes tableaux.

Ahmed-Zelfani troika-2009

Troika (2009)

Qu’est-ce que l’acte d’exposer pour toi?
Cela demande beaucoup de temps et l’œuvre doit prendre son temps pour germer et pour se concrétiser. C’est un plaisir collectif qui émane d’un acte intime et profond. Il y a le faire et le non-faire et parfois le non-faire est beaucoup plus difficile que le faire, dans le sens où on n’opte pas pour le spectaculaire, pour le prêt-à-porter, pour l’expéditif... toutes les œuvres ne sont pas «exposables» et moi-même j’ai plein d’œuvres que je refuse d’exposer....(...)

lapresse.tn  propos recueillis par Meysem MARROUKI  28-05-2012

Zelfani Cherif-04-2012 23

Collection de l'état:

Huile sur papier 1999/2000:

Ahmed-Zelfani 04

Press:

A la Galerie Kalysté. Euphorie créative - Fevrier 2014

"FACE A FACE" Exposition de Ahmed Zelfani, Galerie Des Ateliers, Carthage - Juillet 2011