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Arts Plastiques : Pièces jointes à la révolution

mars2011/art_plastiqueLes artistes se mettent à l’heure de la révolution sous toutes les formes et les coutures. En art plastique, les interventions se multiplient : «Art dans la rue- art dans les quartiers» à Carthage Byrsa, le beau projet de JR «Artocratie», ses réussites à Tunis, Sfax et Sidi Bouzid  et ses ratés sur le mur de la Karraka à La Goulette, dont il  reste de grandes  photos intactes à voir encore sur les murs du commissariat de police, ancienne demeure du peintre Marquet (curieux destin), l’ntervention le week-end dernier des Brigades d’intervention des peintres (Bip) à la rue de Marseille, la liste n’en finira pas, tant mieux. L’événement initié par Amel Souissi, directrice de la revue de décoration et de design Id déco, vient s’y ajouter. «Objets de révolte»  réunit des artistes, des designers invités à exposer des œuvres créées à partir d’objets de récupération. Généreuse et buissonnière, l'idée s’inscrit dans le sillage du mouvement anticonsumériste et écologique. Les bénéfices des ventes seront accordés à une  association caritative.  L’exposition se déroule à la maison de la culture Ibn-Rachiq et cheminera plus tard à travers le pays.

Passons sur la salle, peu propice à ce genre d’événement riche en sens et en participants,  l’exposition aura  une meilleure visibilité, lorsqu’elle prendra ses quartiers à La Soukra et dans les autres endroits programmés.
Une dizaine d’artistes se sont évertués à célébrer la révolution sous l’angle de la récupération. Halim Karabibene expose  une cocotte minute dans une série de photos (image du couvercle quand il saute). Une sculpture en métal de Leïla Bouricha qui explique: «Il a le cœur protégé et regarde vers un avenir meilleur», provient,  nous dit-on, côté matériau, de la maison des Trabelsi. Une invitation agréable de Héla Lamine à goûter le pain et à boire de l’eau (Khobz ou Mè) dans la dignité, est proposée en photo cadrée  à la place de la photo de qui on sait... Nadia Zouari a exécuté un tableau sur papier marouflé, forcément rouge, des fils noués, inextricables au centre, en métal, en coton (quand sortirons-nous  de ce nœud gordien ?) sur les bords des croissants, des étoiles et des slogans révolutionnaires… Parfois, on ne voit pas de reconversion ou de réutilisation des objets, mais l’essentiel c’est l’idée, n’est-ce pas ?  

Comment faire de l’art avec du vieux

Le projet est-il  une forme d’exercice imposé? Pour les artistes, il s’agit de saisir les traces d’un monde en mutation et de les transformer, ce qui implique  des contraintes: quoi choisir, comment faire le tri et comment composer ? Par conséquent, dans pareil cas, l’artiste s’éloigne de son «style». Le risque à contourner  dans cette démarche est de tomber dans la démonstration, le commentaire ou encore  plus fâcheux dans l’intention, sachant que l’art ne prouve rien, n’est pas une réponse à une question, il interroge quand il ne provoque pas;  c’est une banalité que de le dire, l’art se suffit simplement à lui-même. D’où la difficulté. Les participants ont relevé le défi pour la vertueuse cause.
En dépit de la qualité de leurs œuvres, quelques artistes ont cédé au chant des sirènes: dans la série des 7 portraits retouchés du président déchu, signée Héla Lamine,  le clin d’œil aux portraits sérigraphiés d’Andy Warhol (Marylin, Mao Tsé Toung…) est évident. Les cadres, nous dit-on, sont les mêmes qui contenaient les vraies photos de Zaba. Pourquoi donc charger les derniers portraits du tyran en montagne fissurée, sinon pour insister et montrer le film des événements qui ont mené au déclin et à la désintégration, comme semble le dire l'artiste.
Salah Sfar a eu la bonne fortune d’assister à l’abattage d’un tronc d’arbre par un char. Une belle prise qu’il récupère et qu’il médite, il peint le tout en blanc et installe l’ouvrage. Qu’y voit-on ? Le squelette d’arbre dont seule la sève est le sens ou tout au moins l’allégorie, il  est en forme de trépied  (chevalet de l’artiste), le bois sans vie (une nature morte en tant que forme d’art), l’ouvrage est filiforme et dynamique (la sculpture de Giacometti?), cela suffit à notre faim ; un oiseau blanc a été confectionné et perché pour démontrer la liberté acquise : la bequetée de trop. La générosité chez ces artistes ne semble pas avoir de limites, cela nous rassure.

Auteur : Hamma HANACHI
La Presse, ajouté le : 27-03-2011
Source

lire aussi l'article sur le quotidien Le Temps du Dimanche 27 mars 2011 : La Révolution en exposition : Entre réalisme et surréalisme

 

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