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Lamine Sassi, artiste-peintre : « Le bonheur n’est pas dans la palette; il est dans l’expression… »

CULT-60010-04-2011

A El Teatro, il était gai comme un pinson face à sa toile. Pour accompagner les BIP, et une action intitulée « prosaÏquement » : « Falta Fi Guelta ».


ll y avait Olfa Jegham, Mourad Zerai, Mourad Harbaoui, Hamdi Mezhoudi…, et d’autres encore. Et puis il y avait lui : Lamine Sassi, artiste- peintre devant l’éternel, l’un des meilleurs que compte la place, et compagnon de route de la « Chipie » (Chahrazed Rhaim) et des deux autres Florentins », (dixit Sindbad Bey). Les regrettés Bouabana et Chtioui.

Lamine Sassi peint comme d’autres trinquent avec le bonheur. Un léger sourire aux lèvres, et la main légère. Un trait, une courbe, quelques touches de couleur, clairs comme un matin heureux, et tout est dit. L’espace d’un instant, on est devant le miracle de la création. Et ce n’est pas une métaphore…


Quand on peint une toile de cette dimension (1m 50 sur 1m50), combien faut-il de temps pour en venir à bout ?

Lamine Sassi : L’œuvre n’a pas besoin de se mesurer dans le temps, l’œuvre est suspendue dans l’apesanteur. Ça a duré ce que ça a duré, je ne me rappelle plus. On est dans un temps « d’irréalité ». Est-ce qu’on sait quand tout cela s’arrête ? Pour ma part, mon seul juge, c’est mon instinct. Je plane en quelque sorte, je rêve, je me laisse aller dans ce voyage intérieur qui me guide et guide ma main, comme si un fil invisible me rattachait à un monde mystérieux, qui émerge, à mesure, sur la toile. Ce qui ne veut pas dire que je perds la conscience des choses qui m’entourent. Je me détache ; tout simplement.


A quel moment de votre vie avez-vous commencé à peindre ?

J’ai commencé à peindre quand j’avais cinq ou six ans, comme tous les enfants. J’avais été élevé par mon grand-père, qui me prenait parfois avec lui à la chasse, et j’étais réceptif à tous les bruits de la nature. A ses odeurs, aux bruissements du vent dans les feuilles, à la beauté émouvante d’un couchant, au chant des oiseaux qui saluent le petit matin…, tout cela est emmagasiné quelque part en moi. C’est peut-être pour cela aussi que lorsque j’ai un pinceau en main, je redeviens ce petit enfant, qui avec un morceau de charbon, dessinait sur la blancheur de la chaux qui revêtait les murs de toutes les maisons. Ce fut d’abord mon matériau, et j’en garde ce sentiment d’insouciance, ce sentiment d’apesanteur qui ne m’a plus quitté depuis.


Cela veut dire que vous n’avez jamais eu de regret ? Vous ne vous êtes pas dit un jour que vous auriez mieux fait de consacrer votre vie à autre chose ?
 

Jamais ! Parce que peindre est un bonheur. On oublie les désastres, les peines, les soucis, quand on tient un pinceau dans la main. Devant une toile vierge, je redeviens instantanément un homme neuf. C’est un instant magique, on ne peut pas l’expliquer. Comme tout ce qui est magique… Un jour on est pris par cette passion, et elle ne vous lâche plus.

Aviez-vous une source d’inspiration, un modèle en quelque sorte?
 

Pour être sincère, qui n’a pas survolé quelqu’un d’autre ? Qui n’a pas aimé Gauguin, ou Bouabana comme moi ? Ou Picasso, ou d’autres encore ? Ces rencontres-là sont essentielles. Elles vous révèlent à vous-même. Et puis il y a de l’amour ; l’amour de la peinture. Quand j’ai enseigné aux Beaux- Arts, j’ai enseigné l’amour de la peinture, parce que l’Art, on ne peut pas l’enseigner. On l’a en soi… ou pas.


Votre tableau est joyeux, du moins on le perçoit comme tel…

C’est un soleil printanier. C’est pour cela que cette palette aujourd’hui, répond au printemps. Avec son exubérance, sa joie, ses espoirs et ses promesses de floraison. Le bonheur n’est pas dans la palette, il est dans l’expression. On peut peindre avec un dégradé de noir, et renvoyer tout de même une impression de clarté, de gaieté. Cela dépend des jours. Mais la peinture pour moi ressemble à un poème, où l’harmonie fait résonance à ce que peut ressentir le peintre en cet instant-là, toujours en marge de tous les autres. On est dans l’abstraction, on est dans la figuration, cela répond aussi à un besoin pressant. J’ai commencé par être abstrait, j’ai fini par arriver à la figuration et je ne vous cache pas que j’ai une envie irrépressible de revenir à l’abstraction. Peu importe en tout cas, si le désir de peindre est toujours là. Bien sûr que ce désir, il va, il vient, et qu’il y a parfois des moments de stérilité incroyable, mais ça ne dure jamais très longtemps. Il y a des moments où tu es dans une période faste, où les choses viennent vers toi, et c’est infiniment magique…


Est-ce que vous aimez écouter de la musique quand vous êtes en train de peindre ? Il paraît que vous êtes mélomane..

Quand on peint, on n’écoute pas, même si j’adore écouter Brel et Brassens… ou « Oum Kalthoum ». Parce qu’on est accompagné par une musique qui émane de soi. C’est le geste de peindre qui fait ça. Mais moi j’adore chanter cela étant… Par ailleurs, le peintre est solitaire. Mais cette solitude n’est pas pesante. Juste ce qu’il faut pour entreprendre un voyage, comme un oiseau qui prend son envol. Il y a une aube claire, un coucher de soleil, et tu voyages comme on voyage, au gré du vent. Tu voyages avec la parole qui divague, ou qui vague, dans un océan de mystère…

Le mystère du non-dit. Le mystère qui hante entre les lignes, le mystère qui habite le tableau. Parce qu’un tableau sans mystère, n’est pas un tableau…


Tunis - Dimanche 10 avril 2011

Propos recueillis par Samia HARRAR

Source: Le Temps édition électronqiue


 

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