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Présence des Arts - Clin d’œil sur les artistes de l’exil - Les deux Férid, de l’oasis de Gabès

avril2011/les-2-feridVers la fin des années soixante-dix, Férid Ben Messaoud et Férid Ben Yahia naviguaient déjà entre les deux rives de la Méditerranée, avec des séjours plus ou moins réguliers, entre la France et la Tunisie.
Ces deux Férid sont originaires de l’oasis de Gabès, comme les frères Bekri (Abdelmagid, le peintre lettriste, illustrateur des épopées andalouses, et Tahar, le poète de l’altérité exilé très tôt à Paris) se connaissaient, mais ne se sont jamais fréquentés.

Férid Ben Messaoud bi-national était, lui, un ancien de l’école des Beaux-arts de Paris et il avait enseigné tour à tour en France, en Tunisie, en pays d’outre-mer, puis sur le tard aux Beaux-arts de Tunis (2009) avant de s’éclipser à nouveau…
Férid Ben Yahia, peintre autodidacte, né en 1951, s’adonnait à cet art depuis l’âge de 14 ans, exposant dans diverses régions de la Tunisie dont celles-là même où s’est produite  la révolte que l’on sait. Férid Ben Yahia n’a commencé à aller à Paris que pour étudier l’économie politique. Un futur métier qui allait lui servir curieusement de base (dans sa peinture) : approfondir sa pensée politique, perfectionner son style en développant des thèmes de réflexions avant-gardistes. Très tôt, il s’installe en Allemagne pour s’adonner entièrement aux arts plastiques : la peinture, le dessin, la sculpture, la céramique. Des techniques diverses pour exprimer, à travers un imaginaire aussi complexe que déroutant, la pauvreté et la misère de la paysannerie tunisienne aux abois.

«Je suis noir de peau, et blanc et beau…»

Férid Ben Messaoud est, de par son père, d’origine nègre, «de ceux-là même qui ont fait partie du flux migratoire vers les pays  du Maghreb  qui du Soudan et de l’Ogaden, qui de l’Egypte des Pharaons et durant la conquête islamique. Vers le Sud tunisien et notamment Djerba et Gabès».  Cette notion de «négritude» qu’il cultive aussi bien dans sa peau de «blanc-nègre» ou de «nègre-blanc», étant donné ses origines européennes de par sa mère : «Une sorte de madame Gabin à la peau blanche, aux yeux bleus, à la voix grave et à la dégaine des gens du Nord».  Le père de Férid, «indigène» de la première heure, avait passé du bon temps avant de rencontrer sa future épouse. Il dansait et jouait des claquettes du côté de Saint-Germain-des-Près, à l’époque de Joséphine Baker et de Charles Trenet. Donc, cette notion de négritude (et l’arabité), Férid Ben Messaoud la cultive aussi à travers ses toiles de grands formats et, qui avaient eu l’insigne honneur d’être à l’origine d’une grande «mostra», à la galerie Chérif Fine Art, en 2009.  C’était encore l’époque de la dictature et peu de nos confrères ne pouvaient en parler jusqu’au fond des choses. De ces citoyens-paysans aux visages ravinés par l’usure du temps, en bleu de chauffe et la chéchia d’un rouge-garance pour faire honneur à leur tunisianité.

Mais qu’ont-ils à se révolter, ces Gabésiens?

Retour à ces deux Férid, maintenant, et à leur patrimoine commun-: l’oasis de Gabès et que, chacun, à sa manière dénonce l’exploitation effrénée. A une époque, justement, où toutes les régions de la Tunisie étaient soumises à un dictat précis-: l’exploitation cynique de leurs richesses, à travers les pseudo-actions de bienfaisance du 26/26 et autres manipulations. Sur ce sujet, le philosophe Salah Hadji, lui-même gabésien d’origine, nous dévoile, brièvement, la situation catastrophique à laquelle a abouti «cette oasis unique au monde parce que ancrée sur le littoral méditerranéen et qui était encore, au début des années soixante-dix, dans toute sa splendeur».
Il nous signale «le bleu de la mer, la verdoyance des palmiers-dattiers et des senias; l’ocre-jaune et les dunes du désert; les eaux des sources qui irriguaient les moindres recoins de cette oasis et, notamment, la source “aïn rimmel” qui jaillissait à même le sable du côté de cette rive sud de la Méditerranée…».
Tout cela parti en fumée, à travers des décisions dangereuses qui ont contrecarré les espoirs de la population de cette région unique au monde, dans sa biodiversité. Entre 1967 et 1968, le déclin de cette oasis fut total, à cause de l’installation de l’ICM (Industrie chimique du Maghreb) qui  allait polluer la ville de Gabès et ses banlieues, causant des maladies irrémédiables et détruisant  le fond marin. Un site qui aurait été pour le tourisme une source de revenus inestimables.
En définitive, ce clin d’œil sur ces deux artistes de l’exil, ces deux Férid qui ont mal à leur oasis et à leur population, épuisée de longue date, et que leurs œuvres d’art témoignent pour eux, en cultivant leurs racines de loin.

Auteur : Bady BEN NACEUR
Ajouté le : 14-04-2011
Source: la Presse de Tunisie

 

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