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El Teatro - Aire libre de retour

 

 

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El Teatro - Aire libre de retour !

Jusqu’au 13 décembre

L’aire libre fait son retour avec l’expo de groupe, Open Art’rab, bien qu’elle ait déjà ouvert la saison avec «Zoom entre elles», une expo-rencontre de femmes photographes des deux rives de Mare Nostrum.
Cette ouverture se fait sur de nouvelles expériences qui augurent d’une relance déjà annoncée par les multiples activités qui ont marqué le champ des arts plastiques, et cela par le Printemps des arts, les autres événements et les dizaines d’expositions collectives et individuelles qu’ont animés les espaces culturels privés et étatiques de Tunis et banlieues ainsi que d’autres villes en Tunisie.

Le mouvement pictural amorcé, cette année, par certaines galeries confirme les tendances essentielles proposées par des artistes tunisiens de plus en plus jeunes.
La scène plastique repose désormais sur une domination artistique de trois approches :

1. La première met en jeu une démarche franchement moderniste reposant sur la mise en valeur des installations plus ou moins élaborées, plus ou moins motivées.

2. La deuxième approche déjà historiquement enracinée se situe au niveau de l’abstraction dans toutes ses manifestations stylistiques qui vont du lyrisme à celle géométrique ou graphique. L’abstraction lettriste ou calligraphique arabe se maintient également.

3. L’apparition en force, depuis quelque temps déjà, d’une figuration libre et nouvelle.

Cheminement à variations

 L’exposition d’El Teatro-Aire libre confirme et approfondit ces démarches, tout en apportant quelques variantes significatives qui illustrent tout un cheminement innovant que l’organisateur nous convie à suivre.

Le parcours esquissé par Mahmoud Chalbi, commence par nous introduire auprès d’œuvres abstraites très calmes, à composition verticale, fine et avec des couleurs pratiquement délavées de Dali Belkadhi ou plus concentriquement dynamiques et répétitives de Helmi Bouteraa.

Yasser Jeradi choisit quant à lui de discipliner son lyrisme et de produire des structures expressives à calligraphie dorée verticale très ornementale.
 Des jeunes très motivés ont choisi de s’exprimer à travers des compositions colorées, variées et fort suggestives. C’est le cas de Walid Ben Lakhal qui limite son lyrisme gestuel et lettriste par un cadrage géométrique.

Houda Ajili essaie également d’aller dans le même sens autour d’une tache rouge géométrique et structurante. Les expériences «abstractives » sont aussi nombreuses chez les moins jeunes comme cette belle toile très lyrique d’un rouge écarlate de Hassen Ben Lakhal.
 Des œuvres très belles, abstraites et extrêmement suggestives se comptent par dizaines et témoignent de la venue de nombreux jeunes issus des écoles nationales d’art ou d’architecture, comme Maya Ben Ayed, Ghada Belabed, Wiem Mami ou Fatma El Ouni.
Un peintre algérien, Azzedine Mairif, se fait remarquer par un traitement très vif qui tranche au couteau dans la matière pour figurer un buveur solitaire.

La nouvelle figuration occupe dans cette exposition une place aussi prépondérante que l’abstraction avec toutes ses sensibilités, ainsi que la photo et des œuvres dédiées à la sculpture et associées à des montages d’installations très avant-gardistes.
La figuration nouvelle dont il s’agit ici se situe au niveau d’un expressionnisme très fort.
 Leïla Shili, Nadia Dhab, Amel Kebaïli, Nadia Raïs ou même Najoua Kefi et d’autres encore développent des travaux très intéressants.

Le travail de Mourad Harbaoui illustre brillamment la réussite de cet artiste dans son élaboration d’une figuration expressive, lyrique, minimaliste et essentialiste autour d’un accrochage de quatre peintures carrées de petit format.

Installations et sculptures

La relève de feu Habib Bouabana et à moindre degré de Lamine Sassi, présents en puissance dans cette exposition, augure d’un avenir prometteur à une figuration plurielle qui couvre aussi bien le travail d’Abbès Boukhobza avec ses motifs et modules répétitifs «naïvistes» que le travail à technique mixte d’Amel Ben Hassine qui découvre l’avantage d’associer la gravure au monotype et à la peinture. Ce qui confère à ses travaux une dimension plus consistante, loin de ses aquarelles folklorisantes.

L’exposition Open Art’arb, déjà très dense, se voit enrichie d’une dimension d’installation se structurant autour de la sculpture.
 La sculpture, un peu plus encline à recevoir des installations que d’autres genres artistiques, se voit privilégiée grâce aux matériaux variés qu’elle transforme, pour proposer de puissants aménagements de volume et de forme surtout dans les relations qu’ils entretiennent entre eux.

Latifa Labidi, en créant une relation très forte entre Rab et Racisme, invoque à travers son travail élaboré, mêlant taille sur pierre et moulage, une prière contre les injustices du racisme.Elle se révèle aujourd’hui comme un véritable sculpteur expressif.

Najet Gherissi quitte les chemins de la sculpture bleue de Klein pour des formes plus massives et plus complexes au niveau des matériaux et de leurs couleurs, dans sa chaise et surtout sa peinture expressionniste sur tôle ondulée à l’effet rouille.

Ghada Chamma, dans «Ya malla jaou aamalnah», se plaît à vouloir restituer les effets du papier froissé dans des volumes coulés dans du ciment blanc.

Mohsen Jeliti, dans un assemblage humoristique, nous décrit les risques qu’encourent tous ceux qui prennent leur retraite du militantisme. Les sculptures mixtes, bois et marbre, de Samir Fenniche confirment sa démarche déjà riche. L’œuvre en fer et en papier peint d’Abdelaziz Mohsni ou bien les moulages en résine et poudre de bronze de l’Irakien Mohamed El Adhami octroient à la sculpture en Tunisie un intérêt renouvelé.

La sculpture en bois et pierre, la tête dans les nuages, d’Adel Chelbi, se dresse comme un totem imposant à la mémoire de cet artiste rêveur disparu très tôt!
La valise d’Emna Louni, la plus jeune des participants, qui nous invite à regarder toujours à l’intérieur, réussit très bien à animer les souvenirs fixés dans les photos !
La photo est bien présente, de l’argentique au numérique et du montage à la mise en scène, avec Ons Ghimagi, Kaïs Ben Farhat, Sabrina Belkhouja et Aménie Zammit, sans oublier le travail de tirage marié à la fibre de verre de Ridha Dhib, déjà découvert au Palais Abdellia.

L’importance de la photographie devient de plus en plus manifeste !
 Malgré les vicissitudes de l’inventaire et du décorticage de cette exposition très variée et très riche qui rend difficile toute tentative de recréer son unité de lecture et la reconstitution de son sens, nous privilégions une approche qui tire cette exploration des différentes techniques et matériaux utilisés, en apparence cacophoniques, vers la recherche d’un expressionnisme très fort, doté d’un lyrisme omniprésent.

Open Art’rab, comme l’indique son titre basé sur l’ouverture et le plus, reflète une renaissance des arts plastiques en Tunisie et un abandon pratiquement définitif de l’orientalisme décadent et du naïvisme qui lui est adjacent.
Il est dommage que la commission d’achat ne possède pas assez de moyens, à nos jours, pour acquérir des œuvres aussi significatives que celles déployées dans cette exposition visible jusqu’au 13 décembre !
Houcine Tlili

Source

 

 

 

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