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CULTURE - Le marché de l'art tunisien après la révolution

mai2011/Hela-Ammar-photographeAprès la belle page que vient de tourner la Tunisie le 14 janvier dernier, Lepetitjournal.com édition Tunisie a rencontré 5 femmes artistes en Tunisie avec une question centrale. Comment voyez-vous la création en Tunisie et sa place sur le marché international ?

 

 



mai2011/Hela-Ammar-photographe

Hela Ammar, photographe

Ma conception est celle d’un art engagé qui reflèterait le regard critique de l’artiste sur l’environnement dans lequel il évolue. Or, la création artistique, notamment dans le domaine des arts plastiques, a souffert d’une sorte d’auto censure. La scène artistique tunisienne compte des œuvres contemporaines de qualité portant sur divers sujets de société, à l’exclusion cependant du politique.

La révolution aura probablement un effet libérateur, en ce sens que l’artiste pourra explorer un domaine dont il désespérait et qu’il s’interdisait inconsciemment. J’espère qu’elle aura en tous cas pour effet d’enclencher, d’une part, une prise de conscience du rôle que tout artiste doit jouer au sein de la société et de renforcer, d’autre part, son engagement à défendre par son art les valeurs auxquelles il croit.

Sur un autre registre, la révolution aura également permis de mettre toute la lumière sur un domaine en réelle souffrance. Sur le plan interne, le statut de l’artiste a été complètement marginalisé et aucune politique n’a été mise en place pour impliquer les différents acteurs dans la création d’un véritable marché de l’art. Aucune politique n’a également encouragé la décentralisation de l’art. Souvent limité à la capitale, le public n’y avait en plus accès qu’à travers un nombre insuffisant d’espaces d’exposition. La révolution aura, pour le moins, permis à l’artiste d’investir l’espace public auquel il avait difficilement accès. A cet égard, Dream city aura été le précurseur dans la mise en place d’un festival de rue. Depuis le 14 janvier, d’autres manifestations se développent heureusement dans ce sens, favorisant la rencontre et l’échange avec un public plus élargi.

Sur le plan international, l’artiste tunisien ne bénéficie que de très peu de visibilité. Cela est du en large partie à l’insuffisance, voire à l’absence d’une politique institutionnelle et privée de mise en valeur de l’art tunisien à l’étranger. Cette défaillance expliquerait le peu d’intérêt porté à l’international aux artistes tunisiens. Ce manque de visibilité ne peut en aucun cas se fonder sur la qualité de notre scène artistique contemporaine ; celle-ci est incontestable. Sur ce point, la révolution a eu pour conséquence de mettre la scène tunisienne sous les feux des projecteurs. Des projets comme Artocracy Inside out Tunisia ( JR project) ont vu le jour scellant la collaboration entre des artistes tunisiens et étrangers. D’autres, je l’espère, viendront consolider la place de l’art aussi bien en Tunisie qu’à l’étranger.
mai2011/Emmanuelle_Temimi_Blanc_peintre
Emmanuelle Temimi Blanc, peintre

Installée depuis 15 ans en Tunisie, j’ai pu observer la création et le marché de l’art, durant toutes ses années.
Aujourd’hui on peut dire que la scène artistique est intense, il y a une véritable pépinière de talents à découvrir, une nouvelle vague créative très riches, un nouveau souffle !

Cette nouvelle génération peut sans complexe se produire à l’échelle internationale et suscite déjà beaucoup d’intérêt de l’autre côté de la rive.
Je pense que cette nouvelle génération va créer un nouveau dynamisme en Tunisie, et permettre la création de nouveaux espaces pour accueillir de l’art conceptuel, des installations…. qui pourront s’exporter, ouvrir de nouveaux horizons entre l’international et nos galeries.

L’art ne doit plus être confronté aux histoires de nationalités ou de frontières mais doit rester universel et aujourd’hui la plus belle des créations c’est de créer une belle synergie entre les artistes, les espaces d’arts et les échanges entre nos deux rives !
ARTISTE SANS FRONTIERE !

mai2011/Selima-Karoui-artiste visuelSelima Karoui, artiste visuel

Après une "Révolution" sans précèdent, la Tunisie n’est plus la même. En pleine période contemporaine, des changements évolutifs intrinsèques et représentatifs de leur temps, témoignent d’un paysage citoyen, social, politique, économique, et par là même artistique, "énergétiquement" chargés et en pleine mutation.

Qu’ils soient positifs, négatifs ou incertains, nous sentons indubitablement que nous autres tunisiens, vivons un moment historique, où chaque instant du quotidien prend un sens nouveau.

En tant qu’artiste, témoin de ce réel collectif, mon "imaginaire" de créatrice a été absolument soulevé, déplacé, secoué, irrémédiablement tourné vers de "purs" émois, saisis depuis le premier jour des soulèvements populaires qui se sont installés dans "ma" Tunisie, la libérant de son dictateur tortionnaire, le "mafieux" Ben-Ali.

Un environnement intérieur et extérieur, subjectif et objectif, conscient et inconscient, prend place au fur et à mesure, permettant la réalisation de rêves et d’espérances jusqu’ici silencieuses. De ce fait, la création en Tunisie écrit, elle aussi, une page nouvelle de son histoire, forte du passé difficile qu’elle a vécu, et vigoureuse du futur prometteur qui l’attend.
Aujourd’hui, je sens que je peux avoir une liberté d’expression que je recherchais auparavant dans tous les coins et recoins de mon existence, celle que j’étais obligée d’arracher dans les lignes secrètes et codées des œuvres que je proposais.

La création en Tunisie, comme le reste des nivellements culturels qui habitent notre patrie, sont actuellement projetés sur un terrain et une scène artistique où la censure et l’autocensure n’auront plus droit de séjour. Paramètre fondamental pour permettre au créateur d’évoluer vers des mentalités décloisonnées, libérées de leurs idéologies négatives.
Oui, un lourd fardeau s’en est allé, et la création en Tunisie a de beaux jours devant elle. Le monde nous regarde, les yeux des sphères internationales nous envoient de séduisants signaux. Nous sommes enfin Là.  

Certes, nous autres artistes et créateurs ressentons perpétuellement un danger pour notre liberté de penser et le droit que nous avons à la mettre en application, partout et tout le temps. D’autant plus avec la menace extrémiste qui rôde près de chez nous, comme les hyènes rodent sournoisement auprès d’un cadavre. Mais, ce que ces extrémistes ignorent vraisemblablement, est que le peuple tunisien n’est pas un cadavre affaibli par la bataille qu’il vient de mener, il est prêt plus que jamais à batailler encore pour sa démocratie tant souhaitée. L’extrémisme n’aura pas la peau de notre liberté. La création tunisienne aura ses beaux jours, cela ne fait aucun doute.

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Hela Briki, sculptrice

La création a toujours été présente et manifestée à des degrés différents dans toutes les filières artistiques et spécialement en arts plastiques en Tunisie avant la révolution.
La scène artistique tunisienne pompe la création, surtout chez les jeunes talents. Seulement, je trouve/ je pense que les jeunes manquent d’encadrement qu’il soit financier ou structurel. Alors ils se retournent vers des manifestations plus ou moins modestes (comme quelques maisons de culture qui ouvrent leurs espaces pour des expositions collectives ou des expositions des projets de fin d’études) et essaient d’arracher leurs places dans des vieux rendez-vous de l’art.

Il est encore prématuré de parler de l’évolution de la création en Tunisie après le 14 janvier, cela est-il qu’on assiste à nombreuses expositions qui se font actuellement ou l’art a eu une ambition affranchie comme on l'a vu sur les murs de la Kasbah. Néanmoins, il semblerait qu’un certain vent de liberté anime ou inspire nos artistes parce que chaque créateur est une éponge qui s’imbibe de son environnement; reste que la société doit encore s’ouvrir a ces nouvelles formes artistiques qui peuvent renforcer  le dialogue et je reste optimiste pour l’avenir de la création qui n’aura plus de contraintes ou de censures à affronter, espérons-le.

En tant que femme, femme plasticienne j’ai une certaine vision de la société et une position qui encourage la persévérance de l’émancipation artistique, il en va de même pour l’acte créateur féminin qui a mon avis doit investir plus les espaces d’expositions et révoquer les regroupements de femmes pour "une exposition de Femmes".
Pour moi, il y a toujours eu cette lutte entre le mérite d’être une femme sculptrice et l’affirmation qu’il n’y aurait pas de spécificité féminine en art.  

Comment voyez-vous la création en Tunisie et sa place sur le marché international ?
Ce n’est pas vraiment le marché international mais plus l’Europe et précisément la France, l’Espagne, l’Allemagne. Cela dépend des contacts de chacun et il y a un travail d’autopromotion que l’artiste se voit obligé de faire dans plusieurs cas.
Cela implique la quasi absence des galeristes ou bien le manque réel des structures marchandes pour catapulter la création tunisienne.

Propos recueillis par Yves Brunner (www.lepetitjournal.com/tunis.html) mardi 3 mai 2011

Écrit par Emmanuel Caltagirone
Source : lepetitjournal.com le média des Français et francophones à l'étranger 

 

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