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Mourad Harbaoui artiste-plasticien La nouvelle figuration en Tunisie

mouradharbaouiportraitIl est rare de recourir à un entretien public avec un artiste, sans avoir des justifications crédibles pour le faire.

Pourquoi avoir opté pour Mourad Harbaoui comme «invité» de ce lundi ? La réponse est simple : il est parmi les peintres qui parlent le moins, se cachant souvent derrière une suite interminable de sourires ou de rires, et des formules laconiques qui ne nous éclairent que très peu sur son parcours et sa pratique artistiques. Pourtant, il en a fait du chemin, à 40 ans juste. Prolifique à souhait, il est le plasticien qui monte, légitimant à souhait les nombreuses expositions (personnelles et de groupe) qu’il a montées en Tunisie et à l’étranger et qui lui ont valu ici et là, distinctions, prix et … acheteurs.


Mais avec Harbaoui, il est rude de mener une interview «conventionnelle» dans le style direct question-réponse, d’autant qu’il répète souvent: «Je ne veux pas développer un discours sur ma peinture. Ce serait un dédoublement de mon travail artistique». Et d’ajouter à notre intention : «Ma peinture devrait vous suffire pour vous faire une idée de mon approche. Discutons-en, si vous voulez, seulement je vous invite à apporter vos propres observations en tant qu’historien et critique d’art. C’est beaucoup plus intéressant».
Entretien-discussion avec un artiste jovial qui donne l’impression de ne presque pas se prendre au sérieux, mais dont l’œuvre mérite qu’on s’y arrête. Et longuement.

Mourad Harbaoui rechigne à faire des déclarations savantes, passionnées ou exotiques, pour accompagner son travail artistique. Il préfère vous montrer une peinture peu ou prou terminée pour expliquer son approche. Il lui arrive même de prendre une toile blanche et de procéder à une démonstration rapide de la façon dont il suit, soit l’inspiration du moment, soit l’esquisse puisée dans un carnet qu’il porte toujours sur lui, et dont il structure son sujet. Un matière première qu’il travaillera, ou effacera, plus tard.

Il évolue et opère des changements
Seulement, il est difficile de croire qu’un peintre comme lui n’ait pas son propre discours et ses propres justifications. C’est qu’il avance, évolue et opère des changements continus, pour être à court d’arguments. Harbaoui possède une démarche dont il est fortement conscient, aussi bien au niveau formel qu’esthétique. Il a fait, depuis son départ de Rouhia et de son monde rural, beaucoup de chemin, dépassant certaines anciennes «lacunes» d’autodidacte, pour atteindre une maîtrise technique et expressive remarquable.
A propos de ses débuts et des stimulants qui l’ont amené au monde des arts, il dit : «J’ai commencé la peinture pour assouvir un désir très vif de manier les couleurs et élaborer des espaces, au départ assez naïfs… J’ai été pris au jeu et j’ai essayé d’acquérir quelques rudiments du travail pictural au Centre d’arts vivants de Radès où j’ai acquis avec mon «patron» d’atelier Madjaouli les techniques de composition plastique, l’utilisation du clair-obscur, des transparences, des valeurs…
J’ai continué mon apprentissage par la fréquentation des ateliers d’autres peintres, surtout en France, à la Cité internationale des arts de Paris où j’ai séjourné pendant un an, comme résident».

Vivre de son art

Quant à ce que représentent la toile et le pinceau, il répond : «La peinture pour moi c’est une activité spirituelle intense, mais je ne vous cache pas qu’elle est aussi mon gagne-pain. J’ai toujours essayé de saisir le monde grâce au dessin d’abord (mon carnet d’esquisse le prouve), ensuite grâce à la couleur, déterminante pour moi».
Et d’aborder les caractéristiques de son style, selon sa vision propre : «Mon style a évolué au fur et à mesure de mes acquisitions techniques d’élaboration des espaces, par la couleur surtout.
J’ai été autodidacte et je garde encore les relents de ma naïveté et de mes «maladresses», quelquefois involontairement fraîches et quelquefois voulues. Je maintiens mon style «naïf» ou orientalisant et je développe, en l’approfondissant, ma démarche actuelle toute en transparence et structurant ma toile d’une manière très élaborée, partant des dessins et des esquisses (étude de préparation des toiles). Je reste au niveau de mes choix artistiques figuratif, même lorsque je suis allusif, jusqu’à la dissolution des formes et leur interpénétration. La coexistence de mes trois styles est voulue».

Une «trichromie» dont il explique comme suit les raisons et le maintien : «Je suis un homme simple, je ne dissimule pas mes objectifs. Je suis un peintre professionnel, je n’ai pas de salaire fixe et je dois donc vivre en vendant mes toiles. Je m’adapte à un marché de l’art très instable, peu structuré et dont les besoins sont fluctuants. Le public acheteur a des préoccupations et des besoins variés. Les uns trouvent les peintures «naïves» intéressantes et les achètent parce qu’elles n’ont pas un prix élevé. Les autres sont très sensibles à la peinture orientalisante, à sujet de souks populaires avec des personnages vêtus à l’ancienne. La Médina est le «sujet» le plus recherché. Sa vente est plus chère que le style naïf ou «naïviste».
La peinture davantage élaborée est plus personnelle et représente pour moi mon jardin secret où je me confronte à des problèmes artistiques et stylistiques très actuels».

Quel marché de demain ?

Nous sentons que l’artiste ne veut pas trop s’étendre sur ce sujet qu’il considère très intime et personnel, ni s’étendre sur son expérience picturale essentialiste et spirituelle que nous considérons personnellement comme un apport important de Mourad Harbaoui à la peinture en Tunisie. Cet apport se situe au niveau d’une synthèse entre la figuration et son abstraction dans le même espace. Cette approche esthétique n’enlève en rien à l’ambition du peintre de vendre et de mieux vendre encore et encore ses toiles, fort prisées, ici et ailleurs. A ce propos, il nous confie : «Je ne peux répondre franchement, mais malgré l’étroitesse du marché national, je place de temps à autre une ou deux toiles… Il faut bien vivre.
L’Etat aussi est un acquéreur, comme pour tous les autres peintres. Mais les ventes sont rares, la commission étant limitée dans son budget et les peintres très nombreux. Vous comprenez que je doive chercher une autre clientèle privée et même étrangère.
Je suis arrivé à collaborer et à faire exécuter par la galerie Robert Four à Paris V, célèbre pour avoir accueilli des artistes très importants de l’école de Paris dont Braque…, des tapisseries qui ont beaucoup marché sur la base de deux de mes tableaux. J’ai également participé à l’exposition internationale itinérante organisée par l’association «Painters-Future» qui a déjà vendu deux de mes tableaux au profit des enfants deshérités.
Mes participations à plusieurs manifestations internationales et nationales se comptent par dizaines. Je suis persuadé que le marché de l’art international va s’intéresser à la peinture tunisienne. Personne ne croit que la demande en peinture dans notre pays pourra se développer jusqu’au point de couvrir toute l’offre des peintres tunisiens.
Il se peut que la création future du musée d’art moderne puisse contribuer à développer les achats institutionnels et aider à structurer le marché de l’art dans notre pays, en régulant les prix et en créant une sorte de bourse des valeurs artistiques».
Mourad Harbaoui s’arrête de parler de ces aspects fort intéressants du marché de l’art pour revenir à ses problèmes quotidiens, plus terre à terre, tels que les prix qui montent des toiles, des encadrements et des… tubes de couleur. Le loyer de son atelier a augmenté… Comment faire pour couvrir tous ces frais ? Il se tait et semble perdu dans ses pensées quand quelqu’un frappe à la porte de l’atelier, est-ce un acheteur éventuel?
C’est une journaliste exerçant à Dubaï… Mourad Harbaoui pense déjà à l’éventualité d’exposer aux Emirats et peut-être à la possibilité de vendre quelques toiles dans ces riches contrées du Golfe. Pourquoi pas?

Entretien conduit par Houcine TLILI

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