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Quelle révolution pour la Jeune Génération Artiste de Tunisie ?

mai2011/fragment-de-Temoignages-2011-Miriam-TrikiLa révolution tunisienne de 2011 n'est pas prétexte mais sujet de l'oeuvre de Miriam Triki, céramiste.

Difficile d’éviter les généralités, pour parler d’un pays, d’un groupe, d’une communauté ! Les clichés ne manquent pas d’enfermer les Tunisiens dans telle mentalité vague et suspecte. Ce n’est que nommément, œuvre à l’appui, que se pourront rectifier les jugements hâtifs de ceux – autres horizons ou personnalités - qui détiennent les moyens et les médias plus ou moins discriminatoires.

 

Si tous les artistes tunisiens ne se sont pas regroupés en véritables cénacles de remises en questions, de mutations et de réorganisation systématiques comme à Nabeul avec son « Laboratoire artistique révolutionnaire », nombre sont ceux qui se positionnent, en collectifs ou individuellement, en innovateurs : dorénavant, ils posent les principes mêmes de la production et de la perception de leur art.

 

Témoignage 2011

A la question « à quoi sert l’art ? », Miriam Triki répond, en ce premier printemps qui se forge les armes culturelles du choix démocratique national, par le titre de sa nouvelle exposition : « Témoignage 2011 ».

La « Galerie Semia Achour » accole les expositions, dès la mi-février, dans la banlieue ouest de Tunis qui compte universités, musées, espaces de culture et autres galeries.

C’est que les artistes ne se sont jamais arrêtés de créer depuis les événements de décembre 2010. Présents à toutes les manifestations, ils exhibaient dans la rue, leur credo, les prémices de leur réflexion : mais jamais de confiteor.

Ils s’opposent ouvertement aux idéologies ou aux mouvements puritains qui condamnent l’art, pour impudicité ou perversion. Sur ce sujet, la dernière tentative islamiste de Rached Ghannouchi, depuis la destitution de la dictature, a échoué.

Car il ne s’agit pas pour le milieu des Beaux-arts de reproduire les erreurs du passé.


Quand l’art était hypocritement sarclé

Leurs aînés plasticiens ont subi de graves mises à l’écart ou de sévères évictions, par le milieu tunisien, partant, à l’extérieur aussi ; certains se sont traînés le brocard d’artistes maudits depuis : Néjib Belkhodja, Alyssa, Bouabana, Ksontini et d’autres.

Soit qu’ils dérangeaient par leur expérimentation, leur avant-garde, leur audace ou leur franc-parler, soit par leur mode de vie.

A l’époque, c’était plus ou moins la guerre des chefs de file et des Ecoles. Les anciens de l’Ecole de Tunis, tenaient le haut du pavé et, hors d’eux, pas de salut : l’un n’a plus touché un couteau pendant des années, a pilonné sa sculpture de bronze intitulée « Houria (Liberté)» et s’enterrait comme artisan-médailler. D’autres vivaient la misère dans leur bric-à-brac ou une soupente.

 

Un art sans parole

Dans ce monde de la représentation, la dénomination peut servir de sauf-conduit. Pas de déclarations crues, l’appellation en demi-teintes, pour s’assurer la bienveillance de la commission d’achat.

Quelques passages et consécrations à l’étranger, pour amorcer la critique et amadouer la censure, se trouver des soupapes à la transgression.

Et, dans la plupart des cas, se garder de révéler quoi que ce soit. Tout se résume à la «sacro-sainte démarche artistique».

Elle se décline au fil des ans, suivant les intitulés des expositions : commençant pour la céramiste par une série de «Mouvances», continuant par «Vie Intérieure », pour s’intravertir en «Méditations».

 

Un alphabet composite

Miriam Triki a donc entamé son parcours par fresques et patères. Puis elle a dégagé sa céramique de son rôle de support avec variations, pour l’inclure en tant que module au cœur de la toile.

Du matériau au thème, la plasticienne fonctionnait sur la dualité : le duo à-plat/relief, le couple humain/société, la bipolarité patrimoine/ modernité. Présupposant déjà les ruptures.

En effet, que déduire de cette calligraphie mi-phénicienne / mi-carthaginoise ? de ces profils et coroplasties puniques ? de cette polychromie antique ? sinon la survivance d’un héritage antique et revendiqué tacitement par l’artiste.

Effectivement les interviews anciennes de l’artiste mentionnent : «une plasticienne de l’archéologie». Ce qui la dispense de s’expliquer davantage, sur ses options. Et si elle revient à cette Antiquité numide, berbère, elle n’insiste pas sur les traces d’émasculation portées par les sculptures, notamment au Musée du Bardo.
Le présent en pleine lumière

Après «Fragments de Mémoire» où les silhouettes se scindent et se morcellent, la nouvelle exposition déclare sans ambages qu’il fut «un avant » et qu’il existe et perdure «un après» la révolution.

Avec son œuvre-clé : « La prison de la Kasbah après la révolution de 2011 », c’est toute une chronique de la libération qui se joue. Heurtoir, chaînes devenues ornementales quittent leur fonction de censure et de silence.

La plasticienne semble évacuer le nombrilisme de ses œuvres-miroir, pour se lancer dans l’analyse véritable d’une société dont elle avait souligné les cloisonnements précédemment.

L’art tunisien se serait donné les moyens de s’affirmer et d’attester, de se déclarer, de s’authentifier : de faire profession de foi.

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25 mai 2011 MONIQ AKKARI

Ill.: fragment de "Témoignages 2011" - Miriam Triki

Tous droits réservés MONIQ AKKARI. Demandez l'autorisation de l'auteur avant toute reproduction sur Internet ou dans la presse traditionnelle.

Source: Suite101.fr

 

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