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Art pré & post-révolutionnaire

mai2011/des-manifestants-a-tunis-le-19-fevrier-2011-avec-le-drapeau-tunisien-1

Portes Méditerranéennes
Carnet de recherche visuel, par Wafa BOURKHIS


Les artistes en Tunisie ont beaucoup influencé la société que ce soit avant ou après la révolution. Allant de la résistance à la révolution, ces arts ont subi plusieurs métamorphoses durant ces dernières années surtout pendant cette vague révolutionnaire que subissent les sociétés arabes. Ainsi, les pratiques artistiques (Musique, arts plastiques, cinéma, théâtre, etc…) ont une étroite relation avec les différents problèmes socio-politiques.

En Musique, le rappeur EL GENERAL est parmi les premiers artistes qui ont influencé les jeunes tunisiens en adressant un discours osé et direct au président déchu. Pour cela, il est classé parmi les 100 premières personnalités les plus influentes au monde, comme le cite Time magazine.

 
Ce clip vidéo représente l’un des premiers signes de la conscience des jeunes qui ont été ignorés par le régime dictatorial.
Plusieurs autres artistes et jeunes bloggeurs ont vécu les mêmes problèmes d’arrestation par la police tunisienne avant le 14 janvier, à cause de leur cyberactivisme comme Slim Amamou et Yassine Ayari après avoir essayé de manifester en 2010 (Manif Nhar ala 3ammar).

Le blog Nawaat.org était l’un des premières sources d’information qui témoigne la résistance tunisienne surtout par sa diffusion des câbles de Wikileaks appelées Tunileaks afin de montrer la corruption de l’ancien régime.

Ces actions m’ont inspiré pour créer ma première oeuvre virtuelle qui met le point sur guerre d’internet ou cyber-war. En utilisant l’interface du monde virtuel Second Life, j’ai essayé de créer des ciseaux tridimensionnelles en “or” pour symboliser la censure ainsi que certaines captures d’écran des sites et pages révolutionnaires et rappelant les caricatures du cyberactiviste Flamant Rose sur son blog débatTunisie.org étaient très remarquables pendant cette période.

Les boîtes tridimensionnelles représentent des captures d’écran des différents sites et pages gouvernementales piratées par le groupe Anonymous, qui a fait une action de résisance appelée “Operation Tunisia”. En effet, plusieurs vidéos ont été diffusées par ce groupe pendant tout la période de la révolution avec leur célèbre masque tiré du film “V For VENDETTA” et leurs silhouettes sans têtes.

Lotfi Abdelli, un jeune comédien révolutionnaire était parmi les premiers artistes qui a dit à l’ex-président le mot “Dégage”. Diffusée sur le réseau social de Face Book, le premier site le plus visité en Tunisie, cette vidéo a été prise en compte par les jeunes pour déclencher leur colère et sortir à la rue.

Après l’immolation de BOUAZIZI le 17 décembre 2010, les jeunes tunisiens se sont précipités à diffuser les premières images et photos montrant tout ce qui se passe dans le rue.
Ainsi, les pages de Face Book se sont multipliées depuis les premières manifestations pour diffuser toutes les vidéos prises par ces jeunes afin de montrer à toute le monde, la corruption et la répression qu’ils subissent.

Les images infographiées pour dire le mot “Dégage” ou “Game Over” au président déchu représentent un des facteurs principaux pour faire sortir ces jeunes révolutionnaires adin de le dire en réalité devant le ministère d’intérieur.
Ainsi, les jeunes ont réussi à mieux utiliser le pouvoir de l’image dans cette révolution pour réussir enfin à éveiller la conscience des peuples arabes et européens (le cas de l’Espagne) pour la chute de tous les régimes dictatoriaux.

A la suite de la chute de ces régimes, d’autres catégories artistiques sont en émergence qui peuvent être appelées “Arts post-révolutionnaires” basées sur la liberté d’expression…
Ainsi, une myriade d’images et vidéos caricaturistes ont été diffusées après la fuite du président déchu, qui montrent à quel point les tunisiens étaient frustrés artistiquement d’une part, créatifs et revolutionnaires d’une autre.
Les critiques artistiques deviennent de plus en plus libres, surtout qu’il ont manqué de crédibilité avec la corruption pendant les années de dictature.
Les évènements artistiques se sont multipliés pour exprimer le nouvel air de liberté… et cette volonté de vivre dignement comme l’a voulu Bouazizi…
Ce dernier a été représenté par plusieurrs artistes Tunisiens afin de lui rendre hommage.
Selim TLILI propose la vente par pixels du portrait de Mohamed Bouazizi, afin de collecter des fonds pour les plus démunis en Tunisie, et ceci sur son site Art For Tunisia, ainsi il est le promoteur de l’Opération BOUAZIZI.

Les associations et galeries d’art ont bien profité de ce nouvel air de liberté en organisant des manifestations culturelles très variées.
A Tunis, un groupe d’artistes est sorti pour peindre sur les voitures brûlées par les manifestants… La Kasbah ainsi qu’à l’Avenue Habib Bourguiba représentent l’artère principal de la révolution, pour cela, photographes professionnels et amateurs ont documenté cette révolution historiques par leurs prises de vue remarquables des manifestants et des Sit-in…
L’exposition “Révolution Tunisienne” du collectif de photographes “Dégage” à l’Institut du Monde Arabe à Paris a bien témoigné l’importance de cet art. Une autre exposition intitulée ” Enfin libres” a été mise en oeuvre devant l’hotel de ville à Paris, organisée par Michket KRIFA.
Plusieurs photographes ont participé à ces deux expositions dont Wassim GHOZLANI et Hamideddine BOUALI (le fondateur du club de Tunis de photographie).

A Sousse, l’Association des Arts Plastiques du Sahel a organisé une journée de Graffiti au centre culturel universitaire Yahia Ibn Omar… Les citoyens tunisiens ainsi que les touristes ont marqué leurs tags révolutionnaires sur les murs.

En théâtre, plusieurs acteurs censurés pendant la période précédente sont sortis enfin de leurs silence pour montrer leur don qui a été largement négligés, à l’instar de Hédi Weld BABALLAH, Lasaad Othmen, et autres…

Le printemps des arts à la Marsa représente un évènement phare dans l’art comtemporain Tunisien, sa nouvelle édition marque une variété très intéressante de jeunes artistes et des chercheurs qui ont une pratique artistique post-révolutionnaire. Avec le photographe Mahmoud CHALBI l’organisateur de cette exposition internationale, les artistes ont trouvé un espace de représentation assez LIBRE pour exprimer leur joie de vivre…

En cinéma, le film documentaire “Plus jamais Peur” de Mourad BENCHEIKH a participé à la 64è edition du Festival De Cannes…

A suivre…

Portes Méditerranéennes
Carnet de recherche visuel, par Wafa BOURKHIS
Vendredi 27 mai 2011
Par Wafa BOURKHIS

Source: Culture Visuelle.org