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Venise galvanisée par le « printemps arabe » et l’Orient

juin2011/the-future-of-a-promiseLongtemps, les pays du Moyen-Orient ont été absents de la Biennale de Venise. Seule l’Égypte occupait son pavillon aux Giardini. Cette année, c’est l’inverse. Flagrante est la présence des artistes venus de cette région. Les initiatives nationales se multiplient et, dans l’un des anciens magasins de sel, l’exposition « The Future of a Promise» réunit 22 artistes, du Maroc à l’Arabie saoudite. Parmi eux, des noms connus, Mona Hatoum, Kader Attia et Mounir Fatmi – d’autant mieux connus qu’ils vivent en Europe depuis des années. Les autres travaillent au Liban, en Palestine ou dans le Golfe et ont été encore peu montrés en Occident. La commissaire de l’exposition, Lina Lazaar, n’a tenu compte ni des différences de notoriété, ni des différences de situation, postulant que tous ont un point commun : la mise en forme visuelle du politique.


Les œuvres lui donnent raison : mappemonde tournant à une allure folle de l’Algérien Fayçal Baghriche, fausses annonces immobilières proposant des maisons bombardées du Palestinien Taysir Batniji, portrait d’un fedayin peint en style pop par le Libanais Ayam Baalbaki. Installations, photos, peinture : comme les artistes des autres parties du monde, ceux-ci se saisissent de tous les modes d’expression de l’art actuel, simples ou techniques, figuratifs ou allégoriques. Mondialisées, les pratiques et les cultures qui ont d’abord été celles du monde occidental sont désormais partout répandues, sans considérations géographiques ou religieuses.

Au Moyen-Orient, la diffusion de cette langue commune a précédé le « printemps arabe ». Qu’elle y ait contribué est probable. Les vecteurs de communication décisifs en Tunisie, Égypte ou Libye sont aussi ceux qui ont rendu familiers les modes d’expression plastique actuels. Aussi, le rapport entre le « printemps arabe » et le surgissement des artistes proche-orientaux à Venise n’est-il pas de cause à effet, mais de corrélation et de connivence. L’apparition des artistes, sensible depuis une décennie, a préparé et annoncé les révolutions arabes.


Le lavage des drapeaux

Pour autant, seul le pavillon égyptien y fait-il directement référence, dédié au vidéaste et performer Ahmed Basiouny, tué par balles place Tahrir le 28 janvier. Sa dernière œuvre, une performance dans la ville réalisée en 2010, est projetée accompagnée de ses dernières images, filmées sur la place jusqu’à la veille de son assassinat.

Dans d’autres cas – Émirats arabes unis présents depuis 2009, Arabie saoudite nouvelle venue, Iran –, la présence artistique ne correspond pas à une révolution politique, du moins pas encore, mais signale plutôt la conviction qu’un pays, pour rayonner aujourd’hui, se doit d’exister sur le planisphère artistique.

Cela n’empêche pas les sous-entendus : l’empire du noir dans l’installation des deux sœurs saoudiennes Raja et Shadia Alem ou l’étrangeté des portraits en noir et blanc de l’Iranien Mohsen Rastani font plus qu’intriguer. Eux aussi s’emparent des codes artistiques communs pour y faire pénétrer leurs expériences et désirs propres.

S’il est un lieu où cela se voit, c’est dans la vieille maison changée en pavillon de l’Irak. S’y côtoient les artistes qui ont quitté la dictature de Saddam Hussein dans les années 1970 et ceux qui ont fui les guerres à partir des années 1990. Parmi les premiers, Ali Assaf, né en 1950, change le Narcisse du Caravage en vidéo et en méditation sur la destruction et le temps – et crée l’une des plus belles œuvres de la Biennale. Parmi les seconds, Adel Abidin, né en 1973, transpose la Guerre des étoiles dans le monde des affaires – et réussit une satire burlesque. Le lavage des drapeaux imaginé par Halim Al-Karim est aussi efficace et emblématique. La lessive se fait sous l’image floutée d’une fille nue.

Il faut d’autant plus aller dans cette maison de la via Garibaldi, près des Giardini, qu’elle accueille aussi une installation sublime de la Japonaise Chiharu Shiota, ainsi que le pavillon du Bangladesh, autre nouveauté : les autoportraits en méduse dessinés par Kabir Ahmed Masum Chisty et, surtout, les féroces soutiens-gorge en lames de rasoir de Tayeba Begum Lipi, allégorie de la condition féminine. Cette année, à Venise, les révélations viennent de l’Orient.

Biennale de Venise 2011. Jusqu’au 27 novembre. Labiennale.org

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« Consumption of War » (2011), satire burlesque de l’artiste irakien Adel Abidin. ADELABIDIN2011

Venise Envoyé spécial - Philippe Dagen

Le Monde daté du mardi 7 juin 2011, page 24

Source: par Galerie Ammar Farhat, lundi 6 juin 2011, 18:28

- le site web The Future of a Promise

- l'article in Universes in Universe - Worlds of Art : The Future of a Promise. 54th Venice Biennale 2011 (à consulter également dans ce site le dossier 54th Venice Biennale 2011 - International Art Exhibition ).

 





 

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