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Quel modèle économique pour le secteur culturel ?

juin2011/cultureLe secteur culturel aussi a été touché de plein fouet, ces vingt-trois dernières années. La barbarie avec laquelle l’ancien régime s’est attaqué à ses symboles, se passe de tout commentaire: dilapidation du patrimoine archéologique, faillite des 4e et 5e arts, situation alarmante dans le domaine des arts plastiques (précarité des artistes, absence de statuts social et fiscal, de musées…) et d’un patrimoine musical à la dérive; indigence du livre et la clé sous le paillasson du côté de l’édition…

 

Même le mécénat culturel, mécénat d’entreprises, qui bénéficiait largement d’avantages fiscaux et qui soutenait des événements «prestigieux» comme les festivals d’été (Carthage, Hammamet…) ne le faisait que pour garantir sa propre image de marque au détriment des équilibres internes de la culture, des petites compagnies (théâtre, musique), des lieux modestes, des régions pauvres…

 

Durant des années, il y a eu un glissement progressif vers la totale négligence des valeurs sûres de nos créations culturelles et artistiques — qu’il s’agisse tout à la fois de l’élite des créateurs elle-même, comme des amateurs et des connaisseurs —, nées pourtant d’une véritable tradition.

 

Le secteur culturel est donc à plat, aujourd’hui, et il faudra, dès la naissance du premier gouvernement, lui trouver de nouveaux rouages et un modèle économique approprié.
Un modèle qui reposerait à la fois sur le financement public et le mécénat d’entreprise qui, tout en profitant des avantages fiscaux, pourrait favoriser, d’une part, les actions de diffusion des véritables créations culturelles et, d’autre part, celles à dimension sociale et éducative. Pourquoi pas?

Dans le domaine des arts plastiques que nous connaissons mieux que les autres, pour avoir été témoin de son évolution comme de sa dégradation, il faudrait, nous semble-t-il, faire une véritable table rase à l’endroit des vieux mécanismes que l’on continue encore d’utiliser. Un rappel schématique des faits qui se sont produits, depuis des dizaines d’années, pourrait nous convaincre de voir maintenant les choses autrement. En effet, au tout début, c’est la France (coloniale) qui a joué un rôle prépondérant dans l’acquisition des œuvres d’art, en Tunisie.

Elle l’a fait par rapport à la France métropolitaine (l’Ecole de Paris) et pour faire valoir autant les peintres de chevalet de l’époque, que les premiers peintres autochtones. Elle l’a fait, notamment, à travers la loi du un pour cent héritée de la période du Front populaire (socialiste) qui stipulait que chaque entreprise publique et privée devait encourager la culture, les arts et les sports, et profiter, ainsi, d’une exonération d’impôts. Même après la déclaration d’Indépendance du pays, cette loi bénéfique fut encore en vigueur, jusqu’au milieu des années 60, nous semble-t-il. Pour les éventuels chercheurs en la matière, ils pourraient se référer aux archives, à la BN de Tunis, ou à celles du ministère de la Culture, de la période allant de Béchir Ben Yahmed, alors secrétaire d’Etat à la Culture, à Chedly Klibi, ministre de tutelle, en passant par Taoufik Torjman, directeur de banque et mécène. On y trouverait, assurément, de précieux témoignages (comptables et de chroniques médiatiques) de ces acquisitions faites par l’Etat et le privé.

La commission d’achat, elle, est née avec le peintre Zoubeïr Turki qui fut chargé de missions structurelles dans le domaine des arts plastiques et, conseiller à vie auprès de cette instance jusqu’à son décès. Zoubeïr Turki fut aussi à l’origine de la création de l’Union des arts plastiques et graphiques de Tunisie qui existe encore sous une forme rajeunie, mais qui a du mal à servir au mieux les artistes dans leurs élans d’internationaliser leur art à travers une cote encore inexistante ! Quant à la commission d’achat, il faut savoir que depuis une quarantaine d’années, près de dix mille œuvres d’art (techniques confondues, mais principalement des peintures) ont été acquises non pas pour des musées (encore inexistants !), mais pour aller s’engranger dans le vaste et piteux Palais Khaznadar où règnent l’humidité et la poussière. Cette commission pérenne, véritable caméléon changeant de couleurs, d’attitudes et de politique, selon les membres assignés à la tâche, aura été à l’origine de mille et une controverses d’une génération à l’autre. Controverses à cause des «critères d’achat» qui se basent qui sur les choses du patrimoine, qui sur une certaine «modernité» souvent imperceptible. Plutôt pour «encourager» les artistes souvent sans le sou…

Et ce n’est là qu’un exemple — celui du domaine des arts plastiques parmi les autres secteurs de la culture —, que nous devrions revoir de fond en comble. Remettre à plat oui, et inventer, comme nous le disions,  de nouveaux rouages et clivages à travers un modèle économique qui puisse  sauver la culture et ses créateurs (artistes, poètes, intellectuels) qui n’ont jamais eu l’honneur de vivre dignement de leur art. Nous sommes en révolution ? Alors agissons tous ensemble pour sauver et revigorer notre patrimoine culturel et artistique !

Auteur : Badi Ben Naceur
Ajouté le : 22-06-2011
Source: La Presse de Tunisie

Pour aller plus loin, lire également : SEULE UNE ECONOMIE RÉFORMÉE DE LA CULTURE PEUT PERMETTRE DE REQUALIFIER CARTHAGE !

 

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