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Référence du cheminement des arts-plastiques en Tunisie

HISTART/catalogue-salon-artistes-tunisiensL’Etat et l’art

Les arts plastiques constituent depuis un peu plus d’un siècle, un secteur important de la culture en Tunisie. Il reste évidemment marqué du sceau des soubassements qui lui ont donné naissance et des éléments qui ont déterminé depuis la fin du 19e siècle son évolution jusqu’à nos jours.

De nombreuses stations jalonnent cette évolution qui ne semblent pas déterminées par les mêmes paramètres. Le passage d’une station à l’autre est quelquefois d’ordre civilisationnel et historique (naissance  du mouvement pictural moderne). Il est souvent légitimé par une rupture apparemment stylistique mais en fait quelquefois esthétique profonde. Ce qui est commun à toutes ces stations, c’est la présence de l’Etat.

L’Etat et les arts plastiques

L’Etat a joué dès le début du développement des arts plastiques un rôle important. Ce rôle a été  confirmé par la création de l’Etat national. Ce rôle s’est accru aujourd’hui.

Dès la fin du 19e s et tout au long de la période coloniale les arts plastiques devaient jouer un rôle de magnifier, par l’image, la civilisation et la présence françaises à fondement latiniste dans notre pays. La représentation, surtout jusqu’en 1920, de l’indigène passait par une iconographie orientale (formelle) et une iconologie de sous-estimation infériorisante et de l’anonymat  de l’individu en général misérable ou de la femme sauvagement érotique.

La conception du programme artistique inscrit dans la production artistique de l’époque devait  satisfaire et en même temps refléter les préoccupations de la population européenne. La vision dominante de cette population était servie le plus efficacement possible par la peinture orientaliste et non pas par l’approche moderniste de l’école de Paris par exemple.

Cette vision a connu quelques modifications apportées par :

L’apport de l’arabisance

Suscité par certains artistes et architectes européens et autres plus humanistes et plus enclins à respecter la culture « autochtone » que les premiers artistes établis dans notre pays. Plusieurs artistes et non des moindres, comme le baron d’Erlanger, ou très contemporain comme Klee… et des architectes voulaient  trouver une approche synthétique. C’est ainsi qu’est née « l’arabisance », une tentative de reconnaître qu’il faudrait impliquer beaucoup plus, dans les élaborations artistiques la culture arabe et « orientale ».

C’est ainsi que certains éléments architectoniques et décoratifs furent intégrés dans les élaborations plastiques et architecturales.

Le programme artistique était de respecter, même formellement et par le placage, s’il le faut, certains éléments (couleurs, formes éléments architectoniques, arcs ; coupoles, matériaux… de l’art  arabo-musulman). La peinture restait, elle, artificiellement présente et peinait à se constituer partie prenante de la culture dans notre pays.

L’accès de certains peintres tunisiens (à partir de 1923) à la pratique artistique a diminué quelque peu « l’acculturation » picturale en essayant d’apporter des accents de vente dans leur représentation du monde, aidés en cela par certains peintres « progressistes » comme Lelouche, Moses Levy, Boucherle et Corpora. La Médina n’est plus sollicitée pour ses motifs pittoresques ou pour ses espaces anarchiques.

Les ruelles ne sont plus seulement des impasses. Leur continuité  devient « infinie ». L’ordre urbain n’est plus exclusivement  désordre. Le groupe de l’école de Tunis s’approprie l’espace autrement en essayant d’exprimer son essence à travers son authentique spécificité.

L’authenticité du figural et l’authenticité, du signe et du symbole du Patrimoine.

La culture de l’immédiat après indépendance va chercher de nouvelles artistiques et esthétiques fondées sur le spécifique et l’authentique.

Cette authenticité a choisi de s’exprimer aussi bien à travers la figuration du groupe de l’école de Tunis, qu’à travers  quelques années plus tard, la peinture des jeunes du début des années 60 (groupe des six, groupe 70… Les galeries Attaswir, Irtissem, la galerie Médina et autres…)

L’éclosion de nouvelles tendances en dehors de l’orientalisme, primitif de la peinture figurative de l’école de Tunis va être accompagnée par la naissance  de nouvelles tendances basées sur l’exportation de la richesse graphique de la calligraphie arabe et de l’art de l’arabesque dans toute sa splendeur… la miniature était également de la partie… Le Patrimoine était sollicité ! de partout.

Les dernières différenciations esthétiques ont correspondu à la volonté de l’Etat de s’approprier l’authenticité et le spécifique pour se constituer sa propre idéologie de l’art se tenant à égale distance du modernisme (authenticité moderniste et la spécificité de l’authenticité du figuratif citadin.

Cette dichotomie n’est qu’apparente…

Le programme adopté par ces approches apparemment contradictoires faisait ressortir déjà des signes avant-coureurs de différenciations idéologiques mais surtout financières. Le marché de l’art constitué essentiellement par les achats de l’Etat (commissions d’achat) au profit du fonds pictural national et par les achats de certains collectionneurs d’art, commençait à prendre de l’ampleur… Les controverses également.

Tunis - Mercredi 06 juillet 2011

Houcine TLILI

Source: Le Temps