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Shasha Saphir Guiga

Shasha Saphir Guiga paintingDédié à Shasha

Ce livre consacré à ta peinture, c’est le livre d’une vie. Tu me permettras d’écrire que c’est aussi, en un sens, le livre de notre vie.
Vivre aux côtés d’une artiste, c’est l’aventure au quotidien.
C’est l’Atelier, à la fois ouvert et secret ; un bazar joyeux, coloré : mais aussi un temple pour un dieu mystérieux : le dieu Art.
Quand on y entre, tu nous vois ou tu ne nous vois pas, on ne le sait jamais.
L’atelier c’est aussi un débordement incessant sur le reste de la maison. Il y a des bruits de musique qui rythment le travail, et l’enveloppent dans le silence de l’inspiration intérieure.
Ce sont aussi les horaires des repas chamboulés ; les rendez-vous oubliés ; les longues soirées d’isolement jusqu’aux heures du petit matin à poursuivre l’étoile filante de l’inspiration.
Il y a les jours avec, et les jours sans.
Sans l’inspiration, des jours cafardeux, brumeux, silencieux.
Avec l’inspiration, des jours lumineux, féconds, se reflètent dans des petites lumières dans les yeux. Pour moi il y a les moments difficiles quand, à brûle-pourpoint tu me poses la question : que penses-tu de ce tableau ?
Comment répondre, quand pour ma part, je ne peux pas mettre deux couleurs ensemble sans que cela fasse un fâcheux « barbouillis ».
Comment répondre, quand pour ma part, dans la culture, notre culture de l’époque, la peinture et l’éducation artistique en général occupaient à peine la marge de notre espace, avec un tantinet de mépris ignorant.
Et pourtant, il fallait te répondre.
C’est pourquoi tes questions m’ont obligé à tourner ma curiosité vers ce champ culturel si vaste et si fécond des arts plastiques. Fameuse découverte, inépuisable exploration d’un monde merveilleux, vibrant.

C’est ainsi que l’aventure devient culture, culture au quotidien.
Nos goûts n’étaient pas toujours les mêmes. Je me suis entiché de tableaux que tu n’aimais pas ; et je n’ai pas compris la valeur de certains autres qui ont eu un grand succès.

Shasha Ekberg Farhat Gorgi SehiliShasha Z.Turki Hassen.Soufi A.Ben.Salem

 Anita Ekberg, Ammar Farhat, Abdelaziz Gorgi, Mahmoud Sehili & Shasha             Zoubeir,Turki, Shasha, Hassen Soufi, Driss Guiga & Aly Ben Salem

De te côtoyer dans ton travail, de nos débats et de nos échanges personnels et avec les autres, de ces rencontres avec les artistes, Tunisiens et étrangers, il m’est venu le goût pour la dimension esthétique des choses ; il m’est venu la conviction que la présence de l’art est un accomplissement nécessaire à la plénitude de la vie.
C’est à toi que je le dois. Je te remercie.
Driss Guiga

 

My dear Shasha, you laugh, you dance, you paint. There are some who try to do good to others and there are some who are good. You are one of the best. You give me joy.
Man Ray

“La peinture de Shasha c’est du figuratif à travers le rêve. “
Dubuffet

“…un talent tour à tour puissant et délicat. L’imagination de Shasha ouvre au rêve des voies fleuries. “
Chedli Klibi

La Tunisie a toujours inspiré les peintres par ses paysages, ses couleurs, sa lumière incomparable – on sait l’importance considérable que revêtit le voyage en Tunisie pour Kandinsky, Macke et Klee au début du vingtième siècle et comme les salons tunisiens favorisèrent l’éclosion de nouvelles générations de peintres ; étrangers profondément attaché aux beautés qu’ils avaient découvertes et Tunisiens de souche apportant aux mouvements internationaux de la peinture la forte personnalité d’une école originale et offrant des repères picturaux essentiels à un peuple marchant vers l’émancipation politique et l’affirmation nationale. Au début des années cinquante, l’Ecole de Tunis imposait définitivement les critères de sa révolution artistique et ouvrait la voie aux générations futures.

Shasha Guiga est à la fois l’héritière de cette histoire remarquable et l’une des protagonistes essentielles de l’arrivée de la femme tunisienne dans l’univers de la peinture. Epouse et mère aux accomplissements exceptionnels, amie rayonnante de chaleur et de fidélité, femme d’action et de volonté dont les intérêts intellectuels ne connaissent, ni les frontières ni les barrières sociales, Shasha Guiga a toujours cultivé la peinture comme le jardin secret qui donnait la cohésion essentielle à une vie active aux dévouements innombrables. Son jardin secret n’est pas un violon d’Ingres, - (et bien que l’on sache maintenant que le prodigieux peintre du XIXe jouait effectivement très bien du violon, ce qui relativise un peu plus la notion d’activité parallèle chez les artistes ! L’art est un tout qui s’exprime à travers chacun des gestes de la vie fussent-ils les plus habituels et les plus profanes) -, mais un jardin secret est plutôt le domaine où l’on cultive la méditation nécessaire, le calme indispensable à la réflexion, la pratique de la spiritualité » personnelle.

Les vies les plus harmonieuses ne sont pas à l’abri des pires coups du sort et des malheurs les plus incontournables. Shasha Guiga à la pudeur de ne pas en faire état et de présenter constamment un front serein à ses proches mais ceux qui la connaissent peuvent deviner de combien a été baigné ce jardin secret entre les peines frappant les êtres chers et les pressentiments d’autres détresses à venir. Mais toujours le tranquille courage, l’amour des êtres et des choses, la simplicité foncière malgré le brillant de l’existence, la croyance chaleureuse dans le bonheur de vivre resurgissent sur la palette et la toile que Shasha Guiga a transporté partout avec elle : fleurs aux grands aplats de couleurs, et aux bouquets savamment agencés où les différentes lumières du jour font passer l’espoir du matin, le flamboiement du grand minuit, la tendresse douce-amère du soir ; spectacle de la nature où ses arbres déchirés, rappellent que l’harmonie est un combat et se conquiert au prix de grandes batailles intérieures.

Portraits lumineux d’affection pour ce qui ont eu la chance de se glisser dans son atelier et sous son regard et que n’épargnent pas la caresse parfois de la malice, de l’ironie légère, de doux secret à peine et fugitivement dévoilés. Shasha Guiga a choisi une peinture figurative pour que le message soit compris de tous, mais il y a chez cette artiste intellectuelle et extrêmement cultivée, la puissance des grands abstraits et leur volonté de déconstruire le monde pour lui substituer un univers intérieur. Observez bien les couleurs et leurs agencements, une autre réalité subtilement décalée de l’exactitude s’y déploie car l’art de Shasha Guiga ne consiste pas à nous rendre le monde d’une femme, d’une Tunisienne et d’une artiste qui s’inscrit avec son temps dans chacune de ses perspectives, mais qui s’exprime à la manière inoubliable d’un peintre du silence et du recueillement.
Frederic Mitterrand. Hammamet été 99

“Eclatement violent de la couleur, raffinement fluide, une féminité évidente. Je pense qu’elle a réalisé de belles toiles : j’aime fleur rouge n°25 et le 59.
Sincères amitiés. “
Mahmoud Sehili

“En regardant longtemps, on entre dans le temps de l’image regardée. “
Orhan Pamuk

“ Regarder les tableaux de Shasha, c’est vérifier cette théorie qui prétend que toute œuvre authentique est aussi autobiographique. Ainsi, toute sa vie, Matisse a dessiné des corps et des visages limités à des filets d’eau qui s’écoulent d’une façon aussi limpide qu’il a modelé son existence. Chagall a repris en couleurs tous les refrains de son enfance regrettée. Picasso n’a cessé de hurler “ Liberté“. Et Shasha clame son entrain, que tout le monde connait : spontané, généreux et vivifiant. “
Francis Spar
Directeur fondateur de la revue “Connaissances des Arts“

Grâce à la communion privilégiée de la main et du regard, du cœur et de la pensée, l’art de peindre devient un mode privilégié d’existence...Peindre, malaxer les couleurs, se battre avec les forme, faire naître des paysages, des fleurs, voilà la source de toute mon ivresse et de mon équilibre.“
Shasha Guiga

Shasha Guiga 124

Hammamet   

 

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